‹ Chatterton: drameChapitre 35 sur 80 · ACTE n, SCillE lY · texte numérisé non relu

ACTE n, SCillE lY

LE QUAKER , à Gbatterton.

Rassure-toi , ami; elle veut dire que tu n*uvais pas l'air , en arrivant , d*être le riche compagnon de ces riches petits lords.

CHATTERTON, avec gravité.

Si l'on m'avait demandé ici ma fortune , mon nom et l'histoire de ma vie, je n'y serais pas entré... Si quelqu'un me les demandait aujourd'hui , j'en sortirais.

LE QUAKER

Un silence qui vient de l'orgueil peut être mal compris ; tu le vois.

CHATTERTON va pour répondre , puis y renonce el 5* écrie :

Une torture de plus dans un martyre, qu'im* porte !

Il se retire en fuyant.

KITTY BELL , effrayée.

Ah ! mon Dieu ! pourquoi s'est-il enfui de la £orte? Les premières paroles que je lui^adresse lui causent du chagrin !... mais en suis-je responsable ? aussi !... Pourquoi est-il venu ici?... je n'y comprends plus rien ! je veux le savoir i. • .

88 GflATTEBTOIl.

Toate ma famille est troublée pour lui et par lui ! Que leur ai-je fait à tous ? Pourquoi Tavezvous amené ici et non ailleurs, vous? — Je n'aurais jamais dû me montrer, et je Toudrais ne les avoir jamais vus.

LE QUAKER, avec impatience et chagrin.

Mais c'était à moi seul qu'il fallait dire cela. Je ne m'offense ni ne me désole , moi. Mais à lui, quelle faute?

KITTY BELL

Mais , mon ami , les avez-vous entendus , ces jeunes gens? — mon Dieu! comment se faitil qu'ils aient la puissance de troubler ainsi une vie que le Sauveur même eût bénie ? — Dites , vous qui êtes un borame , vous qui n'êtes point de cesmécbans désœuvrés , vous qui êtes grave et bon , vous qui pensez qu'il y a une ame et un Dieu ; dites , mon ami , comment donc doit vivre une femme ? Où donc faut-il se cacher ? Je me taisais , je baissais les yeux, j'avais étendu sur moi la solitude comme un voile, et ils Font déchiré. Je me croyais ignorée , et j'étais connue comme une de leurs fenunes ; respectée, et j'étais l'objet d'un pari! A quoi donc m'ont

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