ACTE m, SCÈNE yr. 1S
flancs d'autres vaisseaux faits à son image , et qui vont la représenter sur toutes les côtes du monde. Mais c'est à bord du grand navire qu'est notre ouvrage à tous. Le roi , les lords , les communes , sont au. pavillon , au gouvernail et à la boussole ; nous autres , nous devons tous avoir les mains aux cordages, monter aux mâts, tendre les voiles et charger les canons : nous sommes tous de l'équipage, et nul n'est inutile dans la manœuvre de notre glorieux navire.
M. BECKFORD
Pas mal ! pas mal ! quoiqu'il fasse encore de la poésie ; mais en admettant votre idée, vous voyez que j'ai encore raison. Que diable peut faire le poète dans la manœuvre ?
Un moment d'attente.
Il lit dans les astres la route que nous montre le doigt du Seigneur,
LOKD TALBOT.
Qu'en dites- vous , mylord ? lui donnez-vous tort ? Le pilote n'est pas inutile.
M. BECKFORD
Imagination ! mon cher ! oa folie , c^est la même chose ; vous n'êtes bon à rien , et vous vous êtes, rendu tel par ces billevesées. — J'ai des renseignemens sur vous.... à vous parler franchement... et...
LORD TALBOT
Mylord , c'est un de mes amis , et vous m'obligerez en le traitant bien ....
M. BECKFORD
Oh ! TOUS vous y intéressez, George ? eh bien ! vous serez content ; j'ai fait quelque chose pour votre protégé , malgré les recherches de Baie... Chatterton ne suit pas qu'on a découvert ses petites ruses de manuscrit ; mais elles sont biçn innocentes, et je les lui pardonne de bon cœur. Le Magisterial est un bien bon écrit ; je vous l'apporte pour vous convertir , avec une lettre où vous trouverez mes propositions : il s'agit de cent livres sterling par an. Ne faites pas le dédaigneux , mon enfant ; que diable ! votre père n'était pas sorti de la côte d'Adam , il n'était pas frère du roi ; votre père et vous , n'êtes bon à rien qu'à ce qu'on vous propose ,