BELL
kitty bell , à Rackel , en la faisant entrer
dans la chambre d'où elle sort.
Allez avec votre frère, Rachel, et laissezmoi ici (A son mari.) Je vous le demande mille fois, n'exigez pas que je vous dise pourquoi ce peu d'argent vous manque; six guinées , est-ce quelque chose pour vous ? Considérez bien,, monsieur , que j'aurais pu vous les cacher dix fois en altérant mes calculs. Mais je ne ferais pas un mensonge, même pour sauver mes enfaus , et j'ai préféré vous demander la permission de garder le silence là-dessus , ne pouvant ni vous dire la vérité, ni mentir, sans faire une méchante action. JOHN BELL.
Depuis que le ministre a mis votre main dans la mienne , vous ne m'avez pas résisté de cette manière.
KITTY BELL
Il faut donc que le motif en soit sacré.
JOHN BELL
Ou coupable , madame.
kitty bell , avec indignation.
Vous ne le croyez pas !
JOHN BELL
Peut-être.
KITTY BELL
Ayez pitié de moi l vous me tuez par de telles scènes.
JOHN BELL
Bah! vous êtes plus forte que vous ne le croyez.
KITTY BELL
Àh! n'y comptez pas trop... Au nom de nos pauvres enfans !
Où je vois un mystère , je vois une faute.
KITTY BELL
Et si vous n'y trouviez qu'une bonne action ? quel regret pour vous!
JOHN BELL
Si c'est une bonne action, pourquoi vous être cachée?
KITTY BELL
Pourquoi, John Bell? parce que votre cœur s'est endurci , et que vous m auriez empêchée d'agir selon le mien. Et cependant , qui donne au pauvre prête au Seigneur. , JOHN BELL.
Vous feriez mieux de prêter à intérêts sur de bons gages.
KITTY BELL
Dieu vous pardonne vos sentimens et vos paroles !
(24) JOHN bell , marchant dans la chimbre à grands pas.
Depuis quelque temps vous lisez trop ; je n'aime pas cette manie dans une femme... Voulez-vou3 être une bus-bleue?
KITTY BELL
Oh ? mon ami ! en viendrez-vous jusqu'à me dire des choses méchantes , parce que , pour la première fois , je ne vous obéis pas sans restrictions? — Je ne suis qu'une femme simple et faible ; je ne sais rien que mes devoirs de chrétienne.
JOHN BELL
Les savoir pour ne pas les remplir , c'est une profanation.
Àccordez-moi quelquessemaînes de silence seulement sur ces comptes , et le premier raot qui sortira de ma bouche sera le pardon que je vousdemanderai pour avoir tardé à vous dire la vérité. Le second sera le récit exact de ce que j'ai fait.
JOHN BELL
Je désire que vous n'ayez rien à dissimuler.
KITTY BELL
Dieu le sait ! il n'y a pas une minute de ma lie dont le Souvenir puisse me faire rouçir. JOHN BELL.
Et cependant jusqu'rci tous ne m'aviez rien caché.
KITTY BELL
Souvent la terreur nous apprend à mentir.
JOHN BELL
" Vous savez donc faire un mensonge !
K1TTY BELL.
Si je le savais , vous prierais- je de ne pas m 'interroger ? — Vous êtes un juge impitoyable.
JOHN BELL
Impitoyable ! Vous me rendrez compte de cet argent.
KITTY BELL
Eli bien ! je vous demande jusqu'à demain pour cela.
Soit ; jusqu'à demain je n'en parlerai plui.
kitty bell , lui baisant la main.
Ah î je vous retrouve. — Vous êtes bon.— ££* Soyez le toujours.
JOHN BELL
C'est bien ! c'est bien î songez à demain. (// sort ) KITTY BELL , Seule.
Pourquoi , lorsque j'ai touché la main de mon mari , me suis- je reproché d'avoir gardé ce livre? — La conscience ne peut pa* P3 avoir tort. (Elle rêve.) Je le rendrai . Q
(Elle sort à pas lents.) ^
I1K »C riHIIl ACI«. PI