‹ Chaudes-AiguesChapitre 14 sur 36 · CR-Z · texte numérisé non relu

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alors décidés à se rendre acquéreur d’une statue et à lui fournir un abri.

À date fixe, la tradition restée vivace veut que les habitants du quartier fêtent avec solennité leur saint patron. Ils ornent l'oratoire, allument deux bougies aux pieds de la statue, laissent la porte vitrée ouverte et, sous la direction des baïles et baïlesses autrefois élus, se rendent en cortège jusqu’à l’église paroissiale. Pendant la messe, la « fouace » (ou le pain) est bénie et distribuée aux participants. Après l’« Ita Missa Est », l'assemblée processionne dans le sanctuaire, chantant l'hymne à la gloire du saint. Suivent un «libera me» en souvenir des défunts et une bénédiction de la croix. Puis le cortège précédé de l’oriflamme brodé déambule jusqu'à la niche du saint où est récitée une prière commune. Les bougies brûleront toute la journée tandis que l'étendard et deux cierges imposants regagneront leur cache pour un an. Saint Roch et saint Joseph ont la faveur d'une messe chantée dans leur chapelle respective à l’intérieur de l'église. Mais le symbolisme nous échappe qui exigeait la présence dans la procession du quartier Sainte-Elisabeth d’un enfant porteur au bout d’une épée d'une pomme ou d'une orange !

La reconstruction du château de Montvallat

Dans la nuit du 2 janvier 1610, un incendie avait ravagé le château médiéval de Montvallat. François, II° du nom, entreprit de le reconstruire. Pourtant ce ne fut pas sans mal. Certes les fonds ne manquaient pas à la famille de Montvallat, alors au faîte de sa richesse, mais Henri de Bourbon-Malause arguait de ses droits de suzeraineté pour essayer d'imposer à François un plan qui aurait fait du nouveau château une aimable gentilhommière sans vertu défensive. Prétention abusive du seigneur principal de Chaudes-Aigues qui redoutait sans doute ce puissant vassal, coseigneur de la ville. Après le décès de ce suzeraïn, en 1627, Montvallat obtint l'autorisation de « rebâtir son château avec telles fortifications qu'il jugerait convenables ». Ce qu’il fit, mais en donnant à la bâtisse cette touche d'élégance propre à l'époque Renaissance. On peut toujours admirer, à une lieue de Chaudes-Aïgues, le corps de logis massif et rectangulaire, en harmonie avec le rude pays cantalien, ceinturé de mâchicoulis et flanqué de deux tourelles en encorbellement dont la cime est constituée par une seule pierre de taille. Des bâtiments d'exploitation ferment sur les trois autres côtés une cour intérieure. Sans doute ont-ils pris la place des corps de logis écroulés. Au centre de cette cour, une fontaine désaffectée porte le millésime 1626 et date l'essentiel de la construction. On y pénètre par un couloir sur lequel s'ouvrent à gauche l’ancienne chapelle à la voûte romane et, à droite, la vaste cuisine voûtée d’arêtes avec sa monumentale cheminée dont l'arc surbaissé se moulure d'une doucine. Un escalier de pierre, également voûté, conduit du côté du couchant à une chambre richement décorée : les feuillages, fleurons végétaux, cadres ornés de fruits et de

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