RETOUR AUX SOURCES
En ce prometteur matin de juin 1977, de Saint-Flour j'ai pour la millième fois repris la route de Chaudes-Aigues. J'ai traversé des paysages et des bourgs oh ! combien familiers : Bouzentès aux consonnances bizarrement écologiques, Les Ternes dont la discrète église romane se blottit contre les murailles de l’imposant château féodal rénové, les molles ondulations de la Planèze basaltique où les verts pâturages ont peu à peu grignoté les champs de seigle et de lentilles, Cordesse, ancien relais de diligence où le plateau de laves cesse brusquement, laissant à vif les croupes cristallines de la Margeride méridionale profondément entaillées par la Truyère. Avec le légendaire « Saut-du-Loup >», j'ai abordé prudemment la pittoresque descente de Lanau, serpent sinueux au flanc d'une côte sauvage dégringolant d’un seul élan jusqu'aux eaux inquiétantes à force de calme du lac artificiel. J'ai négocié virage après virage, jeté en passant un coup d'œil aux trois orbites énucléées des « Fours de Cluzel » et franchi la rivière sur le pont cent-cinquantenaire de Lanau à l'échine étroite, mais aussi solide sur ses arceaux de pierre que le tout jeunot barrage construit quelques mètres en amont dont les vannes ouvertes rendent à la Truyère son flot torrentueux.
Je me suis alors senti « chez moi», en Caldaguès. Le Caldaguës, c'est ce triangle de terre cantalienne qui s'enfonce comme un coin entre Lozère et Aveyron jusqu'à la « Croix des Trois Evêques » et dont la base est tracée au nord par la Truyère, du Cirque de Mallet au voisinage du Pont de Tréboul, le côté oriental par le Bès et son affluent L'Hère, le côté occidental par les bois de Rigambal et de
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Saint-Urcize, les plateaux aveyronnais de Laguiole, Lacalm, La Viadène, Cantoin. Le Caldaguès, c'est géologiquement trois bandes de terrains horizontales se succédant du nord au sud parallèlement à la rivière : vieux socle gneissique des derniers contreforts de la Margeride, granites et microgranites très durs de la partie centrale, basalte tertiaire des plateaux de l'Aubrac. Le Caldaguès, c'est pour tout dire le canton de « Calidae-Aquae », de Chaudesaigues ou Chaudes-Aigues, alliance curieuse d'un adjectif français et d'un nom occitan, qui aurait pu s'appeler « Chaudes-Eaux » ou « Caldas- Aygues ». Mais le Caldaguès, c'est aussi pour moi un retour aux sources : aux sources de l'enfance, aux sources de la vie, aux sources d'eaux chaudes sans égales.
Le mois de juin lui sied à merveille : l'exubérance d'un printemps tardif a chargé sa palette de jaune d'or, de vert tendre, de vert foncé, de bleu pervenche; la saison thermale à son apogée a ranimé les rues de la station, l'asphalte des routes tortueuses, les rives bucoliques des cours d'eau, les lisières tonifiantes des bois de pins et de bouleaux. J'ai remonté l’étroit vallon du Remontalou, ce ruisseau cascadant qui déroule son ruban d'argent parmi les prairies verdoyantes entre des côtes pentues, rocheuses et arides, mais enrichies ce jour-là de dix mille louis d’or par les genêts nains en fleurs sous un ciel sans tache : symphonie de couleurs dans un cadre champêtre effleuré par une brise embaumée. Le tournant dit de La Condamine à peine amorcé, la chapelle Notre-Dame de Pitié a surgi sur sa masse rocheuse, sentinelle avancée et protectrice de la bourgade. La voiture ronronne de plaisir et glisse doucement sur la chaussée de l'avenue Dr Mallet surplombant la piscine, les courts de tennis, le terrain d'évolution que borde le rideau vert sombre des sapins du parc Emile Ruc. Et la ville se découvre enfin, toute en enfilade, dans un minuscule repli du sol, tassant la plupart de ses vieilles demeures le long des deux rives du Remontalou, tandis que d'autres plus récentes et plus à l'aise montent à l'assaut des collines qui l’enserrent. Je l'ai traversée sans m'arrêter du nord au sud par le cours P. Vialard, la place du Gravier et l'avenue G. Pompidou, je me suis engagé sur le pont moussu et haut perché qui enjambe le ruisseau en amont; j'ai contourné l'établissement thermal ultra-moderne et gravi à l’est, par une route en lacets, les pentes abruptes et à ressauts qui m'ont hissé jusqu'à la Barre de Fer, ainsi nommée parce que le voyageur se heurtait autrefois sur ce plateau à l'âpre et violente bise comme à une barrière infranchissable. Près du Chirol, à la limite des vieilles terres cristallines et des jeunes coulées de laves de l’Aubrac, un demi-tour m'a replacé dans la direction de la petite ville d’eau.
Le regard émerveillé a embrassé alors un vaste panorama de hauteurs qui s'étagent en amphithéâtre jusqu'à l'extrême horizon. Au sud-ouest, sur sa butte de granite à fins cristaux soudée au plateau du Glézial, les masses grises des château et ferme du Couffour; toutes proches, sur le tapis de verdure du camping municipal, les taches
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colorées et quelque peu anachroniques des toiles de tentes. Au second plan, les montagnes basaltiques d’Arjalet et d'Espinasse et, à l'horizon lointain, la ligne de crêtes imprécise des monts du Cantal, voilée d'une légère mousseline de brume. À l'ouest, les côtes de la Jarrige qu'escalade péniblement la route conduisant au pont de Tréboul et au Barrage de Sarrans. Au nord, la colline de Redondet — (Radoundet en patois) — et sa maigre végétation. À l'est, les coteaux âpres, stériles, adossés à l'énorme massif de la Margeride.
Avant de rentrer à Chaudes-Aigues, j'ai garé ma voiture sur le large terre-plein aménagé sur le côté gauche d'un virage en épingle à cheveux. Un banc solitaire m'a offert son hospitalité et une vue imprenable sur la station thermale qui paraît d'autant plus à l’étroit dans son minuscule écrin que, sur les hauteurs, les espaces semblent infinis. Pourquoi diable s’est-elle nichée là ? L’explication tient dans ce vaporeux nuage blanchâtre qui, s’élevant du pied de la Jarrige, trahit la présence des sources chaudes. Toutes les ruelles convergent à la place du Marché avec, de part et d'autre de ces « Charreyres », les maisons des quartiers les plus anciens; le Gravier et les deux avenues qui épousent la rive gauche du ruisseau apparaissent comme des pièces rapportées. Les immeubles neufs — établissement thermal, hôtel moderne, hôtel des postes, centre de rééducation, groupe scolaire…. —, aux façades blanches et aux toits rutilants, émergent ça et là d’une masse d’'ardoises épaisses et patinées par le temps, de cheminées branlantes et de fenêtres mansardées. Sous la voûte ajourée des arbres, les eaux claires du Remontalou se devinent à leurs scintillements. Perchée sur le « Planol », comme pour affirmer son antique prééminence, l'église Saint-Martin et Saint-Blaise exhibe fièrement son remarquable vaisseau gothique et veille comme autrefois sur les quartiers multi-centenaires. Car sous le bois du Couffour et au flanc de la Jarrige les lotissements récents se sont soustraits à sa vigilance.
Et un flot d'images surgies des profondeurs de l'enfance ont soudain défilé devant mes yeux en se bousculant : bande d'enfants, à laquelle j'appartenais, qui jouaient à cache-cache sur la place du Marché et dans les tortueuses ruelles du Par, qui se suspendaient aux cloches de la chapelle pour inviter les adultes aux exercices du mois de Marie, qui parcouraient la ville en agitant sonnailles et clochettes pendant qu'elles « s’envolaient » pour Rome, qui furetaient à leur retour pour découvrir les œufs de Pâques déposés par leur soin dans les recoins les plus obscurs des maisons, qui accompagnaient les bœufs gras enrubannés dans leur marche triomphale pour acclamer ces champions du muscle promis à une mort certaine, qui frappaient en cadence sur leurs tambours astiqués pour saluer le Saint-Sacrement devant chaque reposoir de la Fête-Dieu, qui se disputaient les lampions multicolores pour participer joyeusement à la retraite aux flambeaux prélude à des festivités; adolescents qui guettaient la truite imprudente du haut du parapet et la ferraient adroitement sous le ventre avec pour tout appât un triple crochet repérable à son carré de papier de gauloises bleues; jeunes gens qui devisaient, les
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soirs d'hiver, assis sur les plaques de fer couvrant les réservoirs d'eau chaude, qui orchestraient d'un infernal charivari les remariages, qui enlaçaient leurs cavalières pour tourner de folles valses sur les parquets cirés des fêtes villageoises… « Mais où sont passées les neiges d'antan ? »
Soudain je me suis surpris à fredonner ce couplet obsédant :
« Connaissez-vous Chaudesaigues, Ce pays merveilleux, où la chaleur de l’aygues guérit les douloureux ? ».
Couplet naïf d’une chanson composée par le félibre Martin Cayla en l'honneur de la petite ville d’eau où il avait trouvé soulagement à ses souffrances; couplet chargé de reconnaissance qu'il avait entonné pour la première fois, s'accompagnant en virtuose de la cabrette, dans les salons dansants de l'hôtel du Midi. « Connaissez-vous Chaudesaigues… ? » : couplet lancinant en forme de question qui s'est mis à chanter dans ma tête comme une invite à la réponse. Tandis que la Renault 20 parcourt l'ultime kilomètre me séparant de la capitale du Caldaguès, s'est affermi dans mon cœur et mon esprit le désir de faire mieux connaître ma ville natale. Et comment ? sinon en racontant avec le souci constant de la vérité et de l’objectivité l'histoire de Chaudes-Aigues, de ses habitants et de ses eaux depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'époque contemporaine. Ainsi, en ce matin radieux de juin 1977, j'ai pris cette redoutable décision et me suis mis aussitôt à l'ouvrage, sans savoir si je le mènerais à son terme et quel accueil éventuel il recevrait du public.
Quatre ans ont passé. J'ai péniblement bouclé la boucle. Ce livre d'histoire vous appartient désormais à vous lecteurs dont j'implore le jugement indulgent. Je ne voudrais pas clore là cet avant-propos sans remercier le Dr Raynal, député-maire, et son conseil municipal grâce auxquels il a pu voir le jour, ainsi que tous ceux — auteurs, archivistes, bi.othécaires, parents et amis — qui m'ont facilité la tâche, fourni des documents ou procuré encouragements et conseils.
D'autres, tel le grand écrivain Maurice Toesca, vous ont décrit avec poésie les paysages enchanteurs du Caldaguès; trop heureux si je peux vous intéresser en vous narrant avec rigueur et simplicité l’« Histoire de Chaudes-Aigues et de ses eaux ».
Saint-Flour, le 20 juillet 1981.
Pierre CHASSANG.
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De la préhistoire à la féodalité des siècles d’obscurité
Mystères de la préhistoire
Alors que des vestiges préhistoriques — outils de la pierre taillée et de la pierre polie, objets de bronze et de fer, mégalithes et tumuli — ont été découverts et recencés en nombre respectable dans le Haut-Pays d'Auvergne, et plus particulièrement dans la Planèze de Saint-Flour et la vallée de l’Allagnon, les trouvailles archéologiques ont été à peu près nulles dans le canton de Chaudes-Aigues, mal exploré, il faut le dire. Tout reste à faire en ce domaine dans le Caldaguès et, dans l’état actuel des choses, il n’est pas possible à l'historien objectif d'affirmer ou d'infirmer la présence d'hommes préhistoriques dans ce coin de terre auvergnate. Entre les deux dernières guerres pourtant, M. Louis Chayla, passionné d'histoire locale, avait entrepris en profane quelques recherches qui l’avaient conduit à des conclusions parfois hâtives et incontrôlées. Aïnsi il signala la présence d’un menbhir abattu près d’Arjalet; aucun spécialiste ne vint confirmer son authenticité et, comme il n’en reste pas de trace, il est impossible d'affirmer qu'il s'agissait vraiment d’un mégalithe. Il crut également en reconnaître un dans le monolithe grossièrement taillé et surmonté d’une croix qui se dresse au lieu-dit La Baïsse, sur le chemin des Mazes à Burguerettes, à deux kilomètres au sud de Lieutadès : menbhir christianisé ou œuvre de quelque fruste tailleur de pierre
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médiéval ? Autre point d'interrogation. Quant au « Roc de Las Pisades », situé près des « Hermals » dans la même commune et assimilé par lui à un dolmen orné d’'énigmatiques dessins ressemblant à des pieds humains — d’où son nom patois de « Roc des Pas » —, il est considéré aujourd’hui comme une curieuse fantaisie de la nature. Dans sa quête estimable, il affirma aussi avoir recueilli dans un champ voisin du Puech-Blanc « quelques silex taillés de l’époque moustérienne ». Malheureusement le doute reste là encore permis étant donné qu'aucun préhistorien de formation, à notre connaïssance, ne vint contrôler ces découvertes.
Bref ! Que des recherches scientifiquement conduites révèlent un jour des traces de vie humaine à l'époque de la préhistoire sur les plateaux dominant la vallée du Remontalou, il n’y aurait rien d'étonnant. Mais il ne faudrait pas en conclure pour autant que quelques-uns de nos lointains ancêtres s'étaient installés près des sources d'eau chaude, bouïllonnantes et fumantes, car elles leur auraïent sans doute inspiré plus de terreur que de curiosité. Et puis l’histoire sérieuse ne peut se bâtir sur des hypothèses.
Pasteurs de l’Aubrac et de la Planèze
Cependant il est tout aussi impossible de croire que ce lieu aït été ignoré jusau’à l’époaue médiévale, si l’on veut bien se souvenir de auelle vénération suverstitieuse les Celtes entouraïent les sources. N'est-il pas logique de leur attribuer la fondation de Jabrun ou « Gabrodunum », composé des mots gaulois « gabros », chèvre, et « dunum », colline, d'autant plus que cette localité du Caldaguès se trouve placée sur une hauteur qui commandait vraisemblablement le saillant de la Cité des Arvernes, entre les Gabales et les Ruthènes, le ruisseau des Eveurandes — de « equoranda » (« limite de l’eau ») — marauant la frontière entre ces peuples. Les pasteurs celtes de l'Aubrac et de la Planèze — Ruthènes et Arvernes — divinisaient les sources, les lacs, les cours d’eau, génies bienfaisants qui étanchaient leur soif, abreuvaient la terre nourricière et guérissaient leurs maux. Selon Charles Felsgères, les désinences celtiques de villages tels Lher, Pered, Pussac, Le Chirol.. — pas aussi évidentes aujourd’hui — prouvent « que les plateaux et les vallées du Caldaguès étaient occupés par les populations de la Gaule ». Comment les vapeurs brûlantes s'élevant de l’étroite vallée du Remontalou auraient-elles pu les laisser indifférentes ? Pourtant l’effroi qu’elles devaient leur inspirer, plus fort que la fascination, les détourna vraisemblablement d'établir leurs demeures à proximité, même si la colline au pied de laquelle les eaux chaudes coulent à gros bouïillons a été appelée « La Jarrige », nom d'origine ibère (de Garric : le chêne).
Il est également peu probable que ces populations aient participé activement à la lutte menée par Vercingétorix contre les légions de César. Vainqueur définitif près d’Alésia, en 52 Avant Jésus-Christ, ce
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dernier livra la Gaule à la domination romaine pendant quatre cents ans.
Chaudes-Aigues fondée par les Romains : une légende
Dans l’une de ses lettres, l’évêque de Clermont Sidoine Appolinaire remarquait avec quelle lenteur et quelle prudence les Arvernes adoptèrent la civilisation romaine et que les Notables ne commencèrent à se dépouiller de leurs mœurs celtiques qu'à compter du v° siècle. Dans ces conditions, il serait téméraire de parler d’une véritable occupation romaine en Auvergne. À plus forte raison dans le Caldaguès, pays rude, à l'écart des grandes voies de circulation, sans villes, sans camps militaires, sans monuments comme en construisirent ailleurs les Romains. Les Arvernes du Haut-Pays ne furent pas « romanisés », mais ils se « romanisèrent » en quelque sorte insensiblement.
Dans son « Histoire de l’Auvergne », de la collection « que saisje ? », René Rigodon signale une voie romaine ayant laissé des traces qui, partant d’« Augustonemetum » (Clermont), desservait Martres-de- Veyre, traversait la Truyère, passait aux « Calentes Baïae » (Chaudes- Aïgues ?), franchissait le Lot et se rendait à Segodunum (Rodez). Or son tracé à travers le Caldaguès est sujet à caution. En effet, il est très improbable, même si nous devons décevoir les Chaudesaiguois, que les « Calentes Baïae », dont parle Sidoine Apollinaire, avec ses eaux sulfureuses convenant aux affections du foie et des poumons, aient désigné les thermes de Chaudes-Aiïgues aux propriétés toutes différentes. Les historiens semblent aujourd’hui d'accord pour penser que l’évêque de Clermont nommaiïit ainsi les sources du Mont-Dore ou de Royat. De plus, les difficultés d'accès aux gorges abruptes et inhospitalières de la Truyère et du Remontalou, aïnsi que le passage plus haut, dans l’Aubrac, de la voie Lyon-Toulouse, ne militent pas en faveur de cette thèse.
Dénonçons donc, après Ch. Felgères, la légende reprise à souhaïits d’une ville de Chaudes-Aiïgues fondée par les Romaïns eux-mémes : la vérité historique y gagnera et les eaux les plus chaudes d'Europe n'y perdront rien de leurs vertus curatives. La découverte fortuite de baïgnoires prétendues romaines et visibles aujourd’hui près de l'entrée principale de l’établissement thermal, l'attrait bien connu du peuple conquérant pour les sources minérales et les bains, l'assimilation de cette ville d’eau à l’« Aquis calidis » de la « table de Peutinger » qui la situait d’ailleurs sur le trajet de Lyon à Clermont et, il faut bien l’avouer, une soif de prestige née du patriotisme local ont contribué à forger cette légende. Or la « table de Peutinger » doit être interprétée avec la plus grande prudence. Cette copie de la première carte géographique de la Gaule, dressée vraisemblablement au v° siècle, est source d’erreurs, au point que si « Aquis Calidis » pouvait se confondre avec Vichy, il est prouvé maintenant que cette dénomination ne s’appliquait pas à Chaudes-Aigues, pas plus qu’« Anderitum » ne s’identifiait à Anterrieux, chef-lieu d’une commune du
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canton. Les baïignoires creusées dans la pierre volcanique et découvertes dans deux excavations proches de la fontaine du Par ont quelque chose de fruste, d'inachevé, qui cadre mal avec le soin que prepaient les Romains dans l'installation de leurs thermes. Par contre, des vestiges de canalisations et de piscines mises à jour près de la même fontaine, avec des monnaies frappées à l'effigie des Césars, suggèrent que ces eaux chaudes n'étaient pas inconnues des Gallo- Romains établis dans les « villae » ou domaines des plateaux voisins, à Ladinhac, Montignac, Paulhac, Védrines, La Fouillouse, etc…., et que, mariant la tradition celtique et les mœurs romaines, ils venaïent s’y baigner et y jeter des pièces en offrandes aux dieux. Outre ces toponymes, d’autres noms de lieux en ergue(s) — Andiergues —, en ange(s) — Barberange, Morsanges — prouvent que la civilisation gallo-romaine avait fait une percée en direction du Caldaguès. Au total, on compte au moins 14 toponymes de cette origine dans la commune.
Sous la protection de dieux hybrides, nos montagnards apprirent à construire des abris plus confortables, à capter les sources, à se perfectionner dans l’art de la céramique, à intensifier la production agricole en accélérant les défrichements et en combinant heureusement culture et élevage. Mais il faudra attendre l'expansion du christianisme et les débuts de la féodalité pour que l'urbanisme se déve-
loppe et que naïsse le bourg de Chaudes-Aigues.
Premiers noyaux de population
On sait que les trois premiers apôtres de la Haute-Auvergne semblent avoir été Marius (saint Mary), Mametus (saint Mamet) et Florus (saint Flour), que ce dernier réunit autour de lui, sur le plateau d’'Indiciac, une « église » ou communauté chrétienne. Mais il est possible qu’à la même époque — sans doute à la fin du rrr° siècle — l'évangile ait pénétré aussi dans le Caldaguès, prêché par Martial, futur évêque de Limoges, dont le passage dans la région, en direction du Gévaudan, pourrait expliquer le nom de Saiïnt-Martial donné à ce village proche de Chaudes-Aigues. Il y avait là, aux temps anciens, un prieuré : avait-il pris la place d’un oratoire érigé pour commémorer un éventuel passage ou tout au moins le souvenir de l’apôtre ? Encore un mystère des temps obscurs. Quoi qu'il en soit, un peu partout se constituent des communautés religieuses, embryons de paroisses. Celle de Maurines — Parochia Marina — tire son nom de Mary qui ne l’a pourtant pas évangélisée. Entre les VIrI* et 1x° siècles, le culte de saïint Martin et de saint Julien, déjà développé dans le Midi, s’est substitué peu à peu au culte païen de la source.
Nul doute que le premier noyau de Chaudes-Aigues fut le quartier du Par où s'étaient regroupés quelques autochtones près de la source principale. M. Boudet a même affirmé qu’en 886 la « villa » du Par appartenait à un seigneur nommé Bodon qui la donna « avec tous ses mas et tout son territoire rural au chapitre Saint-Julien de
Brioude ». Que les colons du Par aïent travaillé pour un seul propriétaire ou qu'ils se soient « donnés » à lui, rien de plus normal à une époque où les plus faibles se « recommandent » à des voisins plus puissants, attendant d’eux sécurité matérielle et protection en échange de leur labeur et de leur liberté. Ainsi va naître le régime féodal, ainsi la « villa » du Par deviendra village.
Mais, parallèlement à la féodalité, se met en place le cadre paroissial, quand l'évangélisation des païens (Pagani) est suffisamment avancée. Entre le vrri° et le x° siècle, de nouveaux chrétiens du Caldaguès construisent leurs demeures autour du sanctuaire dédié à leur saint protecteur : aïinsi se développe, à quelque deux cents mètres du Par, le village de Saint-Julien dont un quartier de Chaudes- Aigues porte encore le nom, comme un défi aux idolâtres que la superstition pousse à vénérer encore la source empanachée de vapeurs blanchâtres. Dans une petite église (« ecclesia ») s’assemble la communauté religieuse (« gleysia ») : elle devient le centre de la vie du village. Le seigneur qui a bien voulu assumer les frais de construction s’y réserve le droit de patronage pour lui et ses descendants, avec de nombreux privilèges.
La petite ville d’eau de Chaudes-Aïgues sera plus tard la fille née de l’union de ces deux villages de la « civitas » arverne.
La viguerie de « Civitas vetula »
Les chartes des 1x° ef x° siècles permettent d’y voir un peu plus clair : terres et villages y sont localisés par l'indication du comté et de la viguerie dans lesquels ils se situent. En effet, lorsque les premiers Carolingiens avaient tenté une réorganisation administrative du royaume franc, la «civitas» arverne avait été divisée en cinq comtés secondaires ayant pour sièges Clermont, Billom-Turluron, Brioude, Tallende et Carlat. Eux-mêmes étaient subdivisés en vigueries (« vicaria ») d’une étendue moyenne égale à celle d’un ou deux cantons actuels. A leur tête un viguier-fonctionnaire (« vicarius ») désigné par le comte et dont le salaire consistait en cens, droits de justice, redevances et services divers, exigibles dans les limites de la circonscription. Le plus vaste comté — celui de Tallende — englobait toute la région de Saïnt-Flour et le Caldaguès en faisait donc partie. Quant aux vicairies, il est impossible d’en donner une liste exhaustive. Au sud de la Truyère, il semble que le pays de Chaudes-Aigues ait été compris dans celle de « vitas vetula », signalée par Grégoire de Tours, et que M. Boudet situait à Ville-Vieïlle, hameau de Saint- Urcize, traversé par la route qui conduit de cette localité à Réqauistat. Cette localisation est aujourd’hui contestée : certains historiens identifiant « Civitas vetula » à Saint-Paulien-en-Velay, capitale des Vellaves, mais sans apporter là encore de preuves décisives. Ce qui est certain, c’est que la charte 200 du Cartulaire de Brioude, datée de 841 (2° année du règne de Charles Le Chauve), fixe la place du Caldaguès (« Caldacienci ») dans le comté de Tallende («in
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comitatu Telamenci »). Elle fait allusion à une remise de biens à l’église Saint-Julien de Brioude. La région de Chaudes-Aigues pourrait donc être un démembrement de la viguerie de « Civitas vetula », ce qui expliquerait la suprématie des seigneurs de Saint-Urcize, successeurs des viguiers primitifs devenus de plus en plus indépendants à mesure que se précipitait la décadence carolingienne.
A l'avènement des Capétiens, les anciens comtés et vigueries ont disparu, absorbés dans le comté d'Auvergne. Le système féodal s'est mis en place.
En 972, l'évêque d'Auvergne, Etienne II, a convoqué à Aurillac tous les principaux seigneurs de la contrée et les représentants du clergé. L'assemblée synodale a tracé les frontières entre l'Auvergne d'une part, le Limousin, le Rouergue et le Gévaudan d'autre part. Le Caldaguès, particulièrement concerné, y a trouvé ses limites au Sud et à l'Ouest, celles de l'Est et du Nord épousant la rive gauche du Bès et de la Truyère. Elles ne devaient guère changer lorsque furent créés le baïlliage des Montagnes d'Auvergne sous le règne de Louis IX, le diocèse de Saint-Flour en 1317 et le département du Cantal en 1790.
Mais en même temps, en cette fin du x° siècle, nous sortons de la nuit des temps et du domaine des suppositions. Nous marchons sinon en pleine lumière, du moins en terrain plus ferme.
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Le temps des seigneurs
Les sires de Saint-Urcize, premiers seigneurs de Chaudes-Aigues (1025-1290)
Ainsi les sires de Saint-Urcize furent les seigneurs de Chaudes- Aigues, vraisemblablement avant l’an mille, maïs à coup sûr de 1025 à 1290. Le premier dont l’histoire fasse mention est Robert. Il apparaît vers 1025 dans la charte de fondation du monastère de Saint- Flour, contemporain et vassal du comtour Amblard de Nonette. Son château de Saint-Urcize lui donnait autorité sur un mandement qui englobait de vastes territoires dans l’Aubrac et le Gévaudan. Il possédait aussi une forteresse à Chaudes-Aïgues, sur le roc escarpé où s'élève aujourd’hui la chapelle Notre-Dame de Pitié. Elle s’appelait « Château-Vieux », ce qui laisse supposer une jouissance déjà ancienne, et Robert prit son nom, puisque cette charte le désigne sous le titre de Robert de Château-Vieux. À quelque distance de la ville, au pied de la colline de Radondette, s’étendaient ses terres allodiales de « la Condamine » — en latin, « Campus Domini », c’est-à-dire « le champ du Seigneur » — dont le nom s’est perpétué jusqu’à nous grâce à la source ferrugineuse qui déversait ses eaux fraîches et reconstituantes dans une vasque de pierre colorée de rouille, en bordure de la route de Saiïint-Flour. Sur un territoire compris dans l'angle que forment le Remontalou et le ruisseau du Merdaric, aujourd’hui couvert dès son entrée dans la ville jusqu’au square Vialard, il fit édifier une église dédiée à saint Julien dont il nommaït le chapelain
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et touchait les revenus. Autour de l'édifice se groupaient les habitations des vilains : ainsi prit naissance le village de Saint-Julien, contigu à Chaudes-Aiïgues, mais indépendant de la ville elle-même pour de longs siècles. Hommes, maisons, terres, tout était à lui. En cas de danger, les habitants trouvaient rapidement asile dans le Château- Vieux. À Chaudes-Aigues même, dont les masures se serraient autour de la source du Par, il était reconnu comme le seigneur principal. Au sud-ouest, sur le « Planol », élévation de terrain où pouvait s’organiser la défense, se dressait l’église paroissiale Saint-Martin, construite au début du xI° siècle. Robert de Saint-Urcize de Château-Vieux n’en possédait que la moitié, l’autre appartenant aux seigneurs d'Oradour, vassaux des Brezons.
Lorsque saint Odilon, abbé de Cluny, fonde le monastère de Saint-Flour dans le premier quart du xr° siècle, les fiers et farouches seigneurs des montagnes d'Auvergne se muent en généreux donateurs. Astorg II de Brezons cède au moine bâtisseur le promontoire basaltique d’Indiciac où se développera la ville de Saint-Flour. Les autres barons du pays, même de moindre envergure, ne veulent pas passer pour des rustres et souhaitent se faire pardonner leurs frasques et leurs violences; aussi font-ils assaut de générosité : Robert de Saint- Urcize, pour sa part, se dépouille au profit du nouveau prieuré de l’église Saint-Julien et de son pré, de « l’appendaria del Rieou » — section agricole du Remontalou avec ses cultivateurs —, de toutes les redevances qu'il prélevait sur le village de Chaudes-Aïgues et des manses du «Cassan » et du «Cheyrol», c’est-à-dire des fermes de Chanson et du Chirol. Le chapelain de Saint-Julien ajoute à ces donations les dîmes en foin qu'il percevait au profit de l’église, un pré qui faisait partie de son patrimoine et six appendaria sur le territoire de la Chazelle. Autant dire que la totalité du village de Saint-Julien et une bonne partie de Chaudes-Aigues devenaient terres ecclésiastiques par la grâce de Robert de Saint-Urcize. Son fils Etienne complètera la donation — entre 1040 et 1050 — en cédant sans contrepartie au prieur Géraud la moitié de l’église Saint-Martin avec toutes ses dépendances. Les moïnes de Saint-Flour, qui convoitaient la possession pleine et entière de cette église, depuis qu'ils se rendaient régulièrement en pèlerinage dans un sanctuaire voisin où trônait la statue de Notre-Dame de Fridières, dont l’origine et la disparition ont conservé tout leur mystère, arrivaient à leurs fins. Ne venaient-ils pas d'obtenir d'André Jurquet, seigneur d’Oradour, avec le consentement de son suzerain Amblard de Brezons, la cession, contre quelques compensations, de l’autre moitié de Saint-Martin de Chaudes-Aigues avec ses droits de sépulture et d’offrande et de tout ce que la communauté des prêtres desservant l’église tenait de lui. En 1095, les cinq frères Jurquet tentèrent de révoquer les libéralités de leurs aïeux. Maïs les foudres des papes Urbain II et Calixte II et les pressions d’Astorg de Brezons firent céder les récalcitrants qui opérèrent, en 1131, entre les mains du prieur Anselme, la restitution du bénéfice usurpé::….
La branche aînée des Saiïnt-Urcize s’éteignit avec Pons dont la fille Miélher épousa Déodat de Canilhac et lui apporta la plus grande partie des biens de ses ancêtres : la terre de La Roche, dont le château prit le nom de La Roche-Canilhac, et toute la seigneurie de Chaudes-Aigues, amoiïindrie par les dons faits au monastère de Saint- Flour et par la dot d’une fille de Saint-Urcize, Blavia, épouse de Falcon Réveilhac qu'elle rendit maître du domaine du Couffour et de divers cens sur la capitale du Caldaguës.
Les Reveilhac, seigneurs du Couffour et coseigneurs de Chaudes-Aigues
Un donjon rond de faible élévation, un pavillon carré étriqué avec son toit à quatre pans incurvés, un corps de logis sans caractère architectural transformé en étable, c'est tout ce qui subsiste aujourd’hui du château du Couffour. Edifié au midi, sur le bord extrême du plateau taillé en abrupt par les gorges du Remontalou, il fut au Moyen Age une imposante forteresse, flanquée de sept tours et entourée d’une enceinte dont un léger renflement de terre laisse deviner encore l'existence. Les vestiges actuels ne rendent que médiocrement compte de son importance. Nous venons de voir comment Falcon Réveilhac, possessionné en Gévaudan, en hérita. Il se para du titre de seigneur du Couffour et adopta l’ours des Saint-Urcize sur son blason. Pour le tiers de Chaudes-Aiïgues qui lui appartenait, l’un de ses successeurs, Géraud II, se reconnaissait le vassal de deux suzerains : le prieur de Saint-Flour, en vertu des donations des Saint-Urcize; le seigneur gévaudanais Astorg de Peyre pour le château du Couffour et son mandement fort étendu comprenant entre autres divers mas de la paroisse de Chaudes-Aiïgues tels que La Tour, Les Angles, La Chazelle. À partir de 1322, les Réveilhac substitueront définitivement à leur patronyme celui de Besse, ayant hérité d’un fief de ce nom plus conséquent. En 1339, Géraud III de Besse, seigneur du Couffour, n'hommage plus aux Peyre mais directement à Béraud I de Mer cœur. Le dernier de la race des Réveilhac fut Jean de Besse qui dut vendre ou donner la terre du Couffour, au début du xv° siècle, à Antoine de Rochedragon, seigneur d’Yolet, on ne sait dans quelques circonstances.
Les seigneurs de la Roche-Canilhac et les barons de Peyre
Grâce à Miélher, son épouse, Déodat de Canilhac s’est installé dans le château des Saint-Urcize. Sans doute séjourne-t-il parfois dans le « Château-Vieux » de Chaudes-Aigues. Mais celui qu'il préfère s’élève dans le fief très ancien de La Roche, paroisse de Saïint-Rémy, tout près des eaux claires et cascadantes du Bès, sinon pourquoi aurait-il accolé à son nom de famille originel celui de ce château ? En 1270, Marquès, son fils, reconnaît Astorg de Peyre comme haut seigneur justicier de Chaudes-Aïgues et du Caldaguès. Ce dernier, grand pécheur en eaux troubles, avait poussé ses avantages dans la région,
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prétextant les risques encourus par le monastère de Saint-Flour dont les vassaux révoltés pillaient les terres de Planèze. Astorg laissa à Marquès la jouissance de tous ses fruits et revenus à condition de recevoir de lui l'hommage pour sa part de Chaudes-Aigues.
Le prieur du monastère se sentait militairement trop faible pour protéger ses possessions, à savoir l'église Saint-Martin, quelques terres autour de la chapelle Saint-Julien et plusieurs mas dans la foraine. Il chercha un appui auprès de Marquès de Canilhac, en lui inféodant la moitié indivise de la montagne Fortailler, qui s'étendait de la rue Saint-Julien à la forteresse de Château-Vieux, et du village de Saint-Julien, moyennant une redevance féodale de 6 livres tournois, payable à Chaudes-Aiïgues le jour de la Saint-Martin d'hiver, et la promesse de bâtir une tour d'au moins cinquante livres : ce fut la tour Saint-Julien dont les ruines se voyaient encore dans la cour de la maison Chassang-Cournut et qui disparut complètement lors de la construction d’une habitation mitoyenne (maison Sadron). Ces terres étaient tenues du prieur en fief franc et libre — « in feudum francum et liberum » —, c'est-à-dire exonérées de cens et de toutes autres redevances. Marquès obtenait aussi le privilège de nommer le chapelain destiné à desservir la petite église du village, située à peu près à l'emplacement actuel de l’école libre de filles.
Mais, clause importante pour la suite de l’histoire, la charte consacrait les franchises des hommes vivant et travaillant en territoire monacal, soit à Saint-Julien, soit dans l'enceinte de l'église Saint- Martin : exemption envers Marquès de la taille seigneuriale, du droit de « leyde » sur les grains vendus et des corvées; recours à la haute et basse justice du prieur. Ainsi se trouvait officialisée sans discussion l'existence de deux villages distincts : d’une part Chaudes-Aigues, d'autre part Saint-Julien. Les habitants de ce dernier se prévaudront plus tard de cette charte pour s'opposer à toute tentative d’unification de leur village avec Chaudes-Aigues. jusqu'à ce que Jean II, duc de Bourbon, le leur impose au xv° siècle. En ce 13 des ides de septembre 1275, l'accord une fois conclu, Marquès de Canilhac rendit au prieur Geoffroy le Vert l'hommage manuel avec le serment de fidélité dans le verger du presbytère tout proche de l’église Saint-Martin. La convention fut ratifiée à Saint-Flour le 17 octobre suivant.
En cette fin du xrrr° siècle, la pyramide féodale aussi compliquée à Chaudes-Aigues qu'ailleurs paraît ainsi construite : les Cani- Ihac, les Réveilhac et, pour une petite part, le collège des prêtres Sont coseigneurs de la plus grande partie de Chaudes-Aigues et de sa foraine; mais ils se reconnaissent les vassaux soit des Peyre, soit du prieur de Saint-Flour, représentant l'Abbé de Cluny; de même, les Peyre hommages à des seigneurs plus puissants, les « Majores Domini », barons de Mercœur ou même comtes de Rodez pour les arrièrefiefs qu'ils déclarent tenir d'eux dans le Caldaguès.