‹ Chaudes-AiguesChapitre 23 sur 36 · SAME · texte numérisé non relu

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tels. La loi frappa bientôt directement les pères et mères d’émigrés : le 22 nivôse an II (11 janvier 1794), Valette et Girion, le nouveau juge de paix de Chaudes-Aigues, furent chargés de poser les scellés sur leurs propriétés. Quelques habitants profitèrent de l’aubaine, tels P. Trémolières, boucher, qui afferma une petite maison avec jardin appartenant à Colrat père; ou P. Fabre, aubergiste, qui prit à ferme la colline de Rédondet, autre bien de ce même Colrat, le pré de Notre-Dame, propriété de J. Juéry, et le bois du Couffour faisant partie du domaine de Besson d’Arjalet. Les possessions des parents de prêtres déportés ou reclus n’échappèrent pas au sequestre, en particulier celles des familles Azémar, Barlier et Chaudesaiïgues.

La nouvelle municipalité, débarrassée de Sauret, était accusée par les administrateurs du département de favoriser les aristocrates, les royalistes, les émigrés, les prêtres réfractaires, et éprouvait beaucoup de peine à se disculper totalement. Aussi quand le Conseil eut pris son arrêté du 12 avril 1793 contre les suspects, il envoya à Chaudes-Aigues le commissaire Tournier, avec un détachement de 45 gendarmes, pour sommer l’assemblée municipale de lui en remettre la liste. Les personnes qui y figuraient, parents et serviteurs de présumés émigrés, furent pendant un mois consignées chez elles ou enfermées dans la tour Saint-Julien. Certains furent acheminés vers Saint-Flour et incarcérés dans sa maison d'arrêt « comme ennemis de la révolution » : Desfonts père, Besson d’Arjalet père, Podevigne La Prade, Rougier piqueur de travaux des routes, Gard simple journalier, et, comble de l'ironie ! Colrat Jean-Baptiste, chargé de la régie des biens sequestrés et salarié de la Nation. Mais le modérantisme prévalut. Dès le 20 avril, on commença à examiner avec bienveillance les mesures d’élargissement dont bénéficièrent Pascal fils et Jacques Chaudesaigues, libérés en mai.

Les comités révolutionnaires

Leur origine remontait à la loi du 11 août 1792 qui remettait la police « de sûreté générale » aux soins des départements, districts et municipalités. Pourtant le comité révolutionnaire d’Aurillac — dont E. Grandet devint le secrétaire — et celui de Saint-Flour — où entra Girion — furent créés seulement en septembre et octobre 1793. A Chaudes-Aigues fut élu un comité de surveillance de 12 citoyens patriotes, gratifiés d’une indemnité journalière de 3 livres prélevée sur les revenus des biens sequestrés et chargés de contrôler les activités de la municipalité, de dénoncer les ennemis de la Révolution, en somme d'être, à l'échelon communal, l’œil de la Convention. Le 4 octobre, « attendu que la municipalité de Chaudesaigues s’est enveloppé des formes légales pour éluder avec plus d’impunité l'esprit de la loi », le Conseil du département institua près d'elle une commission capable de faire arrêter tous les suspects et composée de quelques membres du comité de surveillance : Abrial, président, Clavières, Girion, Grandet. Désormais, le conseil de la commune ne

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