‹ Chaudes-AiguesChapitre 28 sur 36 · AIS ‘D PU · texte numérisé non relu

AIS ‘D PU

(Cliché G. Jarlier.)

Cœur de la Station thermale, le Remontalou, ses rives, le vieux pont moussu qui l’enjambe et unit la place du Gravier au faubourg d'Outre.

L’après-guerre et la métamorphose d’une station thermale

Les longues années de guerre n'ont pas perturbé l'esprit public des Chaudesaiguois, ni modifié leur comportement habituel lorsqu'ils sont appelés à déposer leur bulletin de vote dans l’urne. L'électorat, où dominent les paysans, les commerçants et les artisans, persiste dans son attitude de modération, de méfiance à l'égard de tout changement possible de société, de fidélité à ses convictions politiques plutôt ancrées à ce qu'on appelle, à tort ou à raison, la droite.

Quand le général de Gaulle lui demande, en octobre 1945, d’accorder tous pouvoirs à l'assemblée de forger une constitution pour la IVe République, il répond en masse « oui », comme l’ensemble des Français. Mais ce dernier ayant démissionné en janvier 1946, il rejettz à une très forte majorité le projet de constitution qui lui est proposé et que le pays approuve sans enthousiasme. La population chaudesaiguoise ne souhaite pas que la IVe République ressemble comme une sœur à la III en ressuscitant un régime d’assemblée. Sans doute a-t-elle retenu les leçons de l’histoire. Rien d'étonnant si, en 1958, elle plébiscite la naissance de la Ve République (619 oui contre 27 non), tout comme elle soutient massivement le général de Gaulle lors des référendums sur la fin de la guerre d’Algérie et sur l’élection du président de la République au suffrage universel. Résolument gaulliste, elle votera en majorité, lors des élections présidentielles, pour Charles de Gaulle, puis Georges Pompidou, député de la

circonscription, enfin Valéry Giscard d'Estaing, supporté alors par son député-maire, le Docteur P. Raynal.

Même esprit de continuité lors des élections législatives. Electeurs et électrices de la commune apporteront leurs voix, de préférence, aux candidats modérés qui prennent place à droite ou au centre dans l’hémicycle du Palais-Bourbon : indépendants-paysans de Camille Laurens, qui a choisi, en 1946, le maire de Chaudes-Aigues Jean Julien comme second de liste, M.R.P. ayant à leur tête M. Johannon, puis les gaullistes J. Sagette (1962), G. Pompidou (1968) qui a fait du Docteur Raynal son suppléant, ce dernier enfin élu en 1973, réélu en 1978 et 1981 sans coup férir, dès le premier tour.

Sur le plan communal, l'électorat privilégie des hommes connus et appréciés pour leur valeur personnelle, leurs qualités administratives et leur aptitude à refléter les aspirations d’une population inquiète pour son avenir économique et démographique. Alors sa fidélité ne se dément pas, sa confiance ne se mesure plus. C’est pourquoi, au cours des trente-six années écoulées de 1945 à 1981, la commune ne portera à sa tête que deux maires : Jean Julien et Pierre Raynal. Toutefois, ces deux personnalités si proches par leurs idées, mais si dissemblables par leur formation, leur tournure d'esprit, les ressorts de leur dynamisme, leur capacité à mener à bien des projets ambitieux pour leur petite patrie nous inclinent à diviser l’histoire de l'après-guerre à Chaudes-Aigues en deux périodes : l'ère Jean Julien, de 1945 à 1953, et l'ère Pierre Raynal de 1953 à aujourd'hui.

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