‹ Chaudes-AiguesChapitre 5 sur 36 · PB · texte numérisé non relu

PB

Amaury de Séverac, coseigneur de Chaudes-Aigues

Guy VI de Séverac avait manifestement épousé la cause des Armagnacs. En 1416, il accompagne Bernard à Paris où ce dernier reçoit l'épée de Connétable tout en prenant la tête de la faction d'Orléans. Le coseigneur de Chaudes-Aigues y tombe malade et y meurt sans postérité après avoir testé en faveur de son cousin Amaury de Séverac, compagnon préféré de Bernard d'Armagnac, qui hérite ainsi de la seigneurie. La même année Jean de Berry décède et fait de son autre gendre, Jean I duc de Bourbon, son héritier : donation irrégulière et pourtant acceptée en 1418 par Charles VII, monarque aux abois. Or Jean de Bourbon tombe aux mains des Anglais au cours de la désastreuse bataille d'Azincourt et mourra en captivité au-delà de la Manche en 1434. Les Armagnacs en profitent pour conduire le bal dans le Caldaguëès.

Amaury a pris normalement possession de la seigneurie de Chaurdes-Aiïgues le 17 décembre 1416, exigé le serment des consuls, accordé des privilèges aux habitants, donné les fonds nécessaires à la réparation de leur église et de l’antique chapelle Saint-Julien, qu'il a placée sous le vocable de Saint-Antoine, et décidé de fortifier la ville. Il se reconnaît le vassal des Armagnacs et ne rend ni foi ni hommage au Roi pour ses seigneuries de Chaudes-Aigues, de Saint-Martin-sous- Vigouroux et de Turlande. Mais un événement imprévu va permettre au Roi d’arracher Amaury à l'influence des Armagnacs : le 12 juin 1418, les Bourguignons massacrent à Paris Bernard d’Armagnac. Le jeune dauphin Charles se voit contraint de fuir la capitale avec ses fidèles de plus en plus réduits en nombre. Il installe sa cour à Bourges et, à son avènement (1422), s'attache les services d’Amaury de Séverac en le nommant maréchal.

Charles VII peut compter en outre sur la fidélité et la compétence d'un chevalier du Caldaguès, Louis de Montvallat, fils de Guillaume, nommé bailli royal des Montagnes en lieu et place de Jean Seaume, un riche marchand sanflorain gagné au parti bourguignon. Le 25 juillet 1419, le nouveau bailli fait son entrée dans la cité épiscopale où on le reçoit avec les honneurs dus à son rang. Il n’est pourtant pas venu pour la parade, mais accompagné de tout l'appareil de la justice royale afin d'informer contre les traîtres ayant projeté de livrer la ville à la petite armée « bourguignonne » de Rochebaron et de Renaud de Murat. L’habile politique de conciliation pratiquée par Louis de Montvallat l'emporte et, malgré ces luttes intestines, le Haut-Pays d'Auvergne connaît une tranquillité relative qui tranche sur les événements de la période antérieure et sur ceux qui vont troubler l’ordre pendant les années suivantes.

Il est probable que le typhus cause alors aux habitants plus d’angoisses et de tourments que les retombées du conflit Armagnacs- Bourguignons. Le baïlli, résidant souvent dans son château de Montvallat, veille au maintien de la paix dans la région. Quant au maré-

Page 1