‹ Chef-d'œuvres de MolièreChapitre 116 sur 127 · ÉRASTE · texte numérisé non relu

ÉRASTE

Quand on aime les gens on peut de jalousie ,

Sut beaucoup d’apparence, avoir l’amc s.ii$ic-î Mais alors qu’on les aime , on ne peut , en effet ,

Se résoudre à les perdre ... et vous,' vous l’avez fait,

Lucile.

La pure jalousie est plus respectueuse !

Éraste.

On voit d’un œil plus doux une offense amoureuse i.

COMÉDIE

Kon, votre coeur, Érastc, é toit mal enflammé!

Kon , Lucile, jamais vous ne m’avez aimé !

Ih! je crois que cela foibicment vous soucie! Peut-être en scroir-il beaucoup mieux potir ma vic^ Si je.... Mais laissons U ccs discours superflus :

Je ne dis point quels sont mes pensers là-dessus.

Pourquoi >

Lucile.

Par la raison que nous rompons ensemble, Et que cela n’est plut de saison , ce me semble ?

Kous rompons ?

Lucile.

Oui, vraiment,. .t Quoi! n’en est- ce pas fait?

Et vous voyez cela d’un esprit satisfait ?

Lucile.

Comme vous.

Comme moi ?

Lucile.

Sans doute. C*est foiblcsse De faire voir aux gens que leur perte nous blesse.

Mais , cruelle ! c’est vous qui l’avez bien voulu,

H Bÿ

ÿo LE DÉPIT AMOUREUX,

Moi ?.... Point du tout , c’est vous qui l’avez résolu ! É R A s T E.

Moi Je vous ai cru là faire un plaisir extrême !

Point ; vous avez voulu vous contenter vous-mSme î

Mais si mon coeur encor revouloit sa prison ;

Si, tout fâché qu’il esc, il demandoit pardon?

Kon , non , n’en faites tien -, ma foiblesse est tro^ grande !

J’aurois peur d’accorder trop tôt votre demande i

Ah ! vous ne pouvez pas trop tôt me l’accorder » ni moi sur cette peur trop tôt le demander !

Consentez-y, Madame ! Une Samme si belle Doit, pour votre intérêt demeurer immortelle.

Je le demande, enfin, me l’accordcrcz-vouS(

Ce pardon obligeant ?

Bemenez-moi chez nous^

( Elle rentre , ayec Eraste. )

COMÉDIE

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