MARINETTE, GROS-RENÉ
Mahinittz, à part,
O LA liche personne !
Gros-Ren£, â part.
Ah ! le foible courage!
Maeinette, â part, ren rougis de dépit !
Gros-René, i part.
J’en suis gonflé de rage ( A Marinetie. )
Ne t’imagine pas que je me rende ainsi i Marinette.
Et ne pense pas , toi , trouver ta dupe aussi 1 Gros-René.
Viens , viens frotter ton nez auprès de ma colcre 1 Marinette.
Tu nous prends pour une autre ; et tu n’as pas affaire A ma sotte maîtresse !... Ardez le beau museau , Pour nous donner envie encore de sa peau !
Moi , j’aurois de l’amour pour ta chienne de face ? Moi , je te chercherois i Ma foi ! l’on t’en fricasse Des filles comme nous !
Gros-René.
Oui ! tu le prends par-U ?
Tiens, tiens , sans y chercher tant de façon , voili
91 LE DÉPIT AMOüREUr;
Ton beau galant de neige , avec ta nompareille »
Il n’aura plus l’honneur d’etre sur mon oreille 1 ( Il tire de sa poche un ruban , qu’il avait reçu d’elle , et le
lui rend. )
Marinitte, tirant aussi de sa poche un paquet d’i» piaules, qu'il lui avait donn^ , et le lui rendint.
Et toi , pour te montrer que tu m’es à mépris ,
Voilà ton demi- cent d’épingles de Paris,
Que tu me donnas hier , avec tant de fanfare î Gros-René, tirant encore de sa poche un couteau, , qu’il a reçu d’elle, et le lui rendant.
Tiens encor ton couteau. T a pièce est riche et rare ;
Il te coûta six blancs, lorsque tu m’en fis don! Makinette, détachant ses ciseaux , et les lui r«-
dant.
Tiens tes ciseaux avec ta chaîne de laiton.
Gros-René, tirant de sa poche un m-rceau de fro^ mage , qu’elle lui avoit donn/ , et le lui rendant.
J’oubiois d'&vant-hicf ton moiceau de fromage;
Tiens.... Jc.voudrois pouvoir rcittîer le potage Que lu me fis manger , pour n’avoir rien à toi ? Marinette.
Je’ n’ai point maintenant de tes lettres sur moi ;
Mais j’en ferai du feu , jusques à la derniere !
Gr os-René.
Et des tiennes, tu sais ce que j’en saurai faire ?
Ma rinettb.
Prends garde à ne venir jamais me reprier î Gros-René
Pour couper tout chemin à nous repatrier ,
( Il ramasse un brin de paille , et le lui pr/sinte. J
COMÉDIE. S»5
Il faut rompre la paille.... Une paille rompue Rend , entre gens d’honneur , une affaire conclue... Ne fais point les yeux doux ; je veux être fâché 1 Marinetti.
Ke me lorgne point , roi ; j’ai l’esprit trop touché ! Gros-Reniî.
Romps; voilà le moyen de ne l’en plus dédire.... Romps.... Tu ris , bonne bête ?
Makinxtte.
Oui , car tu me fais tire, Gros-Rïné.
La peste soit ton ris!.... Voilà tout mon courroux Déjà dulcifié. Ou’en dis-tu ? romproiis-nous.
Ou ne romprons-nous pas ?
Vois.
Gros-René.
Vois-toi.
Makinette. .
Vois toi-même;
Gros-René.
Est-ce que tu consens que jamais je ne t’aime ?
Marinette.
Moi i ce que tu voudras.
Dis?
Gros-René.
‘Ce que tu voudras , toi,
Marinette,
Je ne dirai rien.
Gros-René.
Ki moi non plusl
Marinette.
Ni moi.
Gro8-Ren4.
Ma foi ! nous ferons mieux de quitter la grimace...
( Lui présentant lu main. )
Touche; je te pardonne.
M A R I N I T T E , lui touchant la main.
Et moi . je te fais grâce.
Gros-René.
Mon Dieu, qu’à tes appas je suis acoquiné!
Marinette.
Que Marinette est sotte après son Gros-René !
Fin du quatrième Actei
COMÉDIE
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