‹ Chef-d'œuvres de MolièreChapitre 117 sur 127 · MARINETTE, GROS-RENÉ · texte numérisé non relu

MARINETTE, GROS-RENÉ

Mahinittz, à part,

O LA liche personne !

Gros-Ren£, â part.

Ah ! le foible courage!

Maeinette, â part, ren rougis de dépit !

Gros-René, i part.

J’en suis gonflé de rage ( A Marinetie. )

Ne t’imagine pas que je me rende ainsi i Marinette.

Et ne pense pas , toi , trouver ta dupe aussi 1 Gros-René.

Viens , viens frotter ton nez auprès de ma colcre 1 Marinette.

Tu nous prends pour une autre ; et tu n’as pas affaire A ma sotte maîtresse !... Ardez le beau museau , Pour nous donner envie encore de sa peau !

Moi , j’aurois de l’amour pour ta chienne de face ? Moi , je te chercherois i Ma foi ! l’on t’en fricasse Des filles comme nous !

Gros-René.

Oui ! tu le prends par-U ?

Tiens, tiens , sans y chercher tant de façon , voili

91 LE DÉPIT AMOüREUr;

Ton beau galant de neige , avec ta nompareille »

Il n’aura plus l’honneur d’etre sur mon oreille 1 ( Il tire de sa poche un ruban , qu’il avait reçu d’elle , et le

lui rend. )

Marinitte, tirant aussi de sa poche un paquet d’i» piaules, qu'il lui avait donn^ , et le lui rendint.

Et toi , pour te montrer que tu m’es à mépris ,

Voilà ton demi- cent d’épingles de Paris,

Que tu me donnas hier , avec tant de fanfare î Gros-René, tirant encore de sa poche un couteau, , qu’il a reçu d’elle, et le lui rendant.

Tiens encor ton couteau. T a pièce est riche et rare ;

Il te coûta six blancs, lorsque tu m’en fis don! Makinette, détachant ses ciseaux , et les lui r«-

dant.

Tiens tes ciseaux avec ta chaîne de laiton.

Gros-René, tirant de sa poche un m-rceau de fro^ mage , qu’elle lui avoit donn/ , et le lui rendant.

J’oubiois d'&vant-hicf ton moiceau de fromage;

Tiens.... Jc.voudrois pouvoir rcittîer le potage Que lu me fis manger , pour n’avoir rien à toi ? Marinette.

Je’ n’ai point maintenant de tes lettres sur moi ;

Mais j’en ferai du feu , jusques à la derniere !

Gr os-René.

Et des tiennes, tu sais ce que j’en saurai faire ?

Ma rinettb.

Prends garde à ne venir jamais me reprier î Gros-René

Pour couper tout chemin à nous repatrier ,

( Il ramasse un brin de paille , et le lui pr/sinte. J

COMÉDIE. S»5

Il faut rompre la paille.... Une paille rompue Rend , entre gens d’honneur , une affaire conclue... Ne fais point les yeux doux ; je veux être fâché 1 Marinetti.

Ke me lorgne point , roi ; j’ai l’esprit trop touché ! Gros-Reniî.

Romps; voilà le moyen de ne l’en plus dédire.... Romps.... Tu ris , bonne bête ?

Makinxtte.

Oui , car tu me fais tire, Gros-Rïné.

La peste soit ton ris!.... Voilà tout mon courroux Déjà dulcifié. Ou’en dis-tu ? romproiis-nous.

Ou ne romprons-nous pas ?

Vois.

Gros-René.

Vois-toi.

Makinette. .

Vois toi-même;

Gros-René.

Est-ce que tu consens que jamais je ne t’aime ?

Marinette.

Moi i ce que tu voudras.

Dis?

Gros-René.

‘Ce que tu voudras , toi,

Marinette,

Je ne dirai rien.

Gros-René.

Ki moi non plusl

Marinette.

Ni moi.

Gro8-Ren4.

Ma foi ! nous ferons mieux de quitter la grimace...

( Lui présentant lu main. )

Touche; je te pardonne.

M A R I N I T T E , lui touchant la main.

Et moi . je te fais grâce.

Gros-René.

Mon Dieu, qu’à tes appas je suis acoquiné!

Marinette.

Que Marinette est sotte après son Gros-René !

Fin du quatrième Actei

COMÉDIE

Si

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