‹ Chef-d'œuvres de MolièreChapitre 17 sur 127 · PANDOLFE, MASCARILLE · texte numérisé non relu

PANDOLFE, MASCARILLE

Pandolfi.

M ASCARILLE,

Mascarille.

Monsieur.

A parler franchement , Je suis mal satisfait de mon fils.

Mascarille.

De mon maître ?

Vous n’êtcs pas le seul qui se plaigne de l’ctre à S a mauvaise conduite , insupportable en tout , Mec à chaque moment ma patience à bout!

Pandolfe.

Je vous croyois pourtant assea d’intelligence Ensemble.

Mascarillk.

Moi? Monsieur, perdez cette croyance î Toujours de son devoir je tâche à l’avertir, ït l’on nous voit sans cesse avoir tn.aillc à partir» A l’heure même encor nous avons eu querelle Sur rhymen cl’Hippolytc , où je le vois rebelle, OÙ, par l’indignité d’un refus criminel.

Je le vois offenser le respect paternel.

Querelle ?

Pandolfb.

Mascarille.

Oui , querelle , et bien avant poussée.

Pando lfe.

Je me trorapois donc bien ; car j’avois la pensée Qu’à tout ce qu’il faisoit tu donnois de l’appui.

Mascarille.

Moi ?... Voyez ce que c’est que du monde aujourd’hui, Et comme l’innocence est toujours opprimée !

Si mon intégrité vous étoit confirmée.

Je suis auprès de lui gagé pour servircur.

Vous me voudiiez encor payer pour précepteur.

Oui , vous ne pourriez pas lui dire davantage Que ce que je lui dis , pour le faire être sage, n Monsieur , au nom de Dieu , lui fais- je assez souvent, «Cessez de vous laisser conduire au premier vent!

« Réglez-vous. Regardez l’honnête homme de pere » Que vous avez du Ciel; comme on le considéré! «Cessez de lui vouloir donner la mort au coeur,

« Et , comme lui , vivez en personne d’honneur ! »*

Pandolfî.

c'est parler comme il faut. Et que peut il répondre? Mascarille.

Répondre? Des chansons dont il me vient confondre. Ce n’est pas qu’en effet , dans le fond de son coeur ,

Il ne tienne de vous des semences d’honneur;

Mais sa raison n’est pas maintenant sa maîtresse.

Si je pouvois parler avccquc hardiesse.

Vous le verriez , dans peu, soumis, sans nul c^ort.

Pandolfe.

Parle.

Mascarille.

C’est un secret qui m’importeroit fort.

S’il étoit découvert, .. mais à votre prudence Je puis le confier avec toute assurance?

Pandolfe.

Tu dis bien.

Mascarille.

Sachez donc que vos voeux sont trahis Par l’amour qu’une esclave inspire à votre fils. Pandolfe.

On m’en avoi» parlé ; nuis l’action me touche De voir que je l’apprenne encore par ta bouche.

Ma scarille.

Vous voyez si je suis le secret confident?..* Pandolfe, l ’ interrompant »

Vraiment , je suis ravi de cela 1

Mascarille.

Cependant,

A son devoir , sans bruit, desirez-vous le rendre ?

COMÉDIE. ij

Il faut.... J*at toujours peur qu*on nous vienne sucprcndic ;

Ce seroic fait de moi , s’il savoir ce discours.

Il faut, dis-je, pour rompre à toute chose cours » Acheter sourdement l’csclavc idolâtrée ,

Et la faire passer en une autre contrée.

Anselme a grand accès auprès de Trufaldin î Qu’il aille l’acheter pour vous , dès ce matin.

Après , si vous voulez en mes mains la remettre »

Je connois des Marchands , et puis bien vous promettre D’en retirer l’argent qu’elle pourra coûter ,

Et, malgré votre fils, de la faire écarter i

Car enfin , si l’on veut qu’à l’hymen il se range,

A cet amour naissant il faut donner le changes Et , de plus, quand bien meme il scroit résolu Qu’il auroit pris le joug que vous avez voulu ,

Cet autre objet, pouvant réveiller son caprice,

Au mariage encor peut porter préjudice.

Pandolfe.

C*cst très-bien raisonner; ce conseil me plaît fort,»

( Regardant au lointain, )

Je vois Anselme ; va, je m’en vais faire effort Pour avoir promptement cette esclave funeste ,

Et la mettre en tes mains pour achever le reste.

( Il s’en V4. J

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