SCENE PREMIERE
M ASCARILLE, seul.
TTaisez-vous , ma bonté ; ccssci votre entretien: Vous êtes une sotte, et je n’en ferai rien....
Oui,, vous avez raison, mon courroux; je l’avoue. Relier tant de fois ce qu’un brouillon dénoue , C’est trop de patience , et je dois en sortir ,
Apres de si beaux coups qu’il a su divertir ...
Mais aussi raisonnons un peu , sans violence.
Si je suis maintenant ma juste impatience ,
On dira que je cède à la difHculté ,
Que je me trouve à bout de ma subtilité;
Et que deviendra lors cette publique estime.
Qui te vante par-tout pour un fourbe sublime ,
Et que tu t’es acquise en tant d’occasions,
/» ne t’etre jamais vu court d’inventions ?
L’honneur , ô Mascarille , est une belle chose !
A tes nobles travaux ne fais aucune pause;
Ec , <}uoi qu’un maître ait fait pour te faire enrager , Achevé pour ta gloire , et non pour l’obliger. Mais quoi ! que feras-tu, que de l’eau toute claire? Traversé sans repos par ce démon contraire ,
L’ÈTOURDI*
tt
Tu vois qu’A chaque instant il te fait déchanter »
Et que c’est battre l’eau de prétendre arretée Ce torrent effréné , qui de tes artifices Kenverse en un moment les plus beaux édifices....’
Eh i bien , pour toute grâce , encore un coup y du moins :
Au hasard du succès, sacrifions des soins;
Et s’il poursuit encore A rompre notre chance •
J’y consens , ôtons-lui toute notre assistance. Cependant notre affaire encor n’iroit pas mal ,
Si par-là nous pouvions perdre notre rival ,
Et que Léandre enfin , lassé de sa poursuite ,
Nous laissât jour entier pour ce que je médite.. .-iT Oui, je roule en ma tête un traie ingénieux»
Dont je promettrois bien un succès glorieux ,
Si je puis n’avoir plus cet obstacle à combattre-..;
( Jppercevant Léanire, )
Bon ! voyons si son feu se rend opiniâtre.