‹ Chef-d'œuvres de MolièreChapitre 38 sur 127 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

M ASCARILLE, seul.

TTaisez-vous , ma bonté ; ccssci votre entretien: Vous êtes une sotte, et je n’en ferai rien....

Oui,, vous avez raison, mon courroux; je l’avoue. Relier tant de fois ce qu’un brouillon dénoue , C’est trop de patience , et je dois en sortir ,

Apres de si beaux coups qu’il a su divertir ...

Mais aussi raisonnons un peu , sans violence.

Si je suis maintenant ma juste impatience ,

On dira que je cède à la difHculté ,

Que je me trouve à bout de ma subtilité;

Et que deviendra lors cette publique estime.

Qui te vante par-tout pour un fourbe sublime ,

Et que tu t’es acquise en tant d’occasions,

/» ne t’etre jamais vu court d’inventions ?

L’honneur , ô Mascarille , est une belle chose !

A tes nobles travaux ne fais aucune pause;

Ec , <}uoi qu’un maître ait fait pour te faire enrager , Achevé pour ta gloire , et non pour l’obliger. Mais quoi ! que feras-tu, que de l’eau toute claire? Traversé sans repos par ce démon contraire ,

L’ÈTOURDI*

tt

Tu vois qu’A chaque instant il te fait déchanter »

Et que c’est battre l’eau de prétendre arretée Ce torrent effréné , qui de tes artifices Kenverse en un moment les plus beaux édifices....’

Eh i bien , pour toute grâce , encore un coup y du moins :

Au hasard du succès, sacrifions des soins;

Et s’il poursuit encore A rompre notre chance •

J’y consens , ôtons-lui toute notre assistance. Cependant notre affaire encor n’iroit pas mal ,

Si par-là nous pouvions perdre notre rival ,

Et que Léandre enfin , lassé de sa poursuite ,

Nous laissât jour entier pour ce que je médite.. .-iT Oui, je roule en ma tête un traie ingénieux»

Dont je promettrois bien un succès glorieux ,

Si je puis n’avoir plus cet obstacle à combattre-..;

( Jppercevant Léanire, )

Bon ! voyons si son feu se rend opiniâtre.

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