LUCILE , MARINETTE , ASCAGNE , FROSINE
Lucile, à Marinette,
est fait : c’est ainsi que je me puis venger;
Et, si cetre action a de quoi l’affliger.
C’est toute la douceur que mon cœur s’y propose..«
( A Ascagne, )
Alon frere, vous voyez une métamorphose.
Je veux chérir Valcrc, apres tant de fierté,
Et mes voeux maintenant tournent de son côté. ^ A s c A G N E.
Que dites-vous, ma sœur ? Comment! courir au change? Cette Inégalité me semble trop étrange!
La vôtre me surprend , avec plus de sujet.
De vos soins autrefois Valero étoit l’objet.
Je vous ai vu pour lui m’accuser de caprice.
D’aveugle cruauté , d’orgueil et d’injustice;
Et quand je veux l’aimer , mon dessein vous déplaît.
Et je vous vois parler contre son intérêt !
Je le quitte , ma sœur , pour embrasser le vôtre.
Je sais qu’il est rangé dessous les loix d’une autre ;
Et ce seroit un trait honteux à vos appas ,
Si vous le rappelliex , et qu’il ne revînt pas.
Si ce n’est que cela , j’aurai soin de ma gloire,
Et je sais pour son cœur tout ce que j’en dois croire;
Il s’explique à mes yeux intelligiblement;
Ainsi dcconvrex-lui , sans peur, mon sentiment;
Ou , si vous refusez de le faite , ma bouche Lui va faire savoir que son ardeur me touche....
Quoi I mon ftere, à ces mots vous restez interdit?
Ah ! ma sœur , si sur vous je puis avoir crédit.
Si vous êtes sensible aux prières d’un frère.
Quittez un tel desseui , et n’ôtez point Valerc Aux vœux d’un jeune^bjet dont l’intérêt m’est cher.
COMÉDIE
It qui , sur ma parole , a droit de vous toucher.
La pauvre infortunée aime avec violence >
A moi seul de scs feux elle fait confidence,
Et je vois dans son coeur de tendres mouvemens A dompter la fierté des plus durs sentimens.
Oui , vous auriei pitié de l’état de son amc , Connoisrant de quel coup vous menacez sa flamme; Et je ressens si bien la douleur qu’elle aiita Que je suis assuré , ma soeur , qu’elle en mourra.
Si vous lui dérobez l’amant qui peut lui plaire. Eraste est un parti qui doit vous satisfaire.
Es des feux mutuels....
L U C I L s , l’interrompant.
Mon frère, c’est assez.
Je ne sais point pour qui vous vous intéressez ;
Mais , de grâce , cessons ce discours, je vous prie.
Et me laissez un peu dans quelque rêverie.
Allez , cruelle soeur ! vous me désespérez ,
Si vous effectuez vos desseins déclarés.
( Elle s’ea va , avec Frosine. )