THÉSÉE, NÉRINE, ARIANE, PHEDRE
Ariane.
Enfin à la raison mon courroux rend les armes:
De l’amour aisément on ne vainc pas les charmes ;
Si c’étoit un effort qui dépendît de nous.
Je regretterois moins ce que je perds en vous.
Il vous force à changer, il faut que j’y consente.
Au moins r’est de vos soins une marque obligeante Que par ces nouveaux feux ne pouvant être à moi » Vous preniez intérêt à me donner au Boi.
Son trône est un appui qui flatte ma disgrâce;
Mais ce n’est que par vous que j’y puis prendre place. • Si l’infidélité ne vous peut étonner ,
J’en veux avoir l’exemple , et non pas le donner.
C’est peu qu’aux yeux de tous vous brûliez pour une autre ,
Tout ce que peut ma main , c’est d’imiter la vôtre »
Fiij
te ARIANE;
Lorsque par votre hymen m’ayant rendu ma foi Vous m’aurez mise en droit de disposer de moi. Pour me faire jouir des biens qu’on me prépare , C’est à vous de hâter le coup qui nous sépare : Votre intérêt le veut encor plus que le mien.
Thésée.
Madame , je n’ai pas....
Ariane.
Ne me répliquez rien.
Si ma perte est un mal dont votre cœur soupire , Vos remords trouveront le tems de me le dire» F.t cependant ma soeur qui peut vous écouter , Saura ce qu’il vous reste encore à consulter.
( Elle sort avec Ne'rine. )