‹ Chef-d'œuvres de T. CorneilleChapitre 26 sur 66 · THÉSÉE, NÉRINE, ARIANE, PHEDRE · texte numérisé non relu

THÉSÉE, NÉRINE, ARIANE, PHEDRE

Ariane.

Enfin à la raison mon courroux rend les armes:

De l’amour aisément on ne vainc pas les charmes ;

Si c’étoit un effort qui dépendît de nous.

Je regretterois moins ce que je perds en vous.

Il vous force à changer, il faut que j’y consente.

Au moins r’est de vos soins une marque obligeante Que par ces nouveaux feux ne pouvant être à moi » Vous preniez intérêt à me donner au Boi.

Son trône est un appui qui flatte ma disgrâce;

Mais ce n’est que par vous que j’y puis prendre place. • Si l’infidélité ne vous peut étonner ,

J’en veux avoir l’exemple , et non pas le donner.

C’est peu qu’aux yeux de tous vous brûliez pour une autre ,

Tout ce que peut ma main , c’est d’imiter la vôtre »

Fiij

te ARIANE;

Lorsque par votre hymen m’ayant rendu ma foi Vous m’aurez mise en droit de disposer de moi. Pour me faire jouir des biens qu’on me prépare , C’est à vous de hâter le coup qui nous sépare : Votre intérêt le veut encor plus que le mien.

Thésée.

Madame , je n’ai pas....

Ariane.

Ne me répliquez rien.

Si ma perte est un mal dont votre cœur soupire , Vos remords trouveront le tems de me le dire» F.t cependant ma soeur qui peut vous écouter , Saura ce qu’il vous reste encore à consulter.

( Elle sort avec Ne'rine. )

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