‹ Chefd'œuvre de RotrouChapitre 22 sur 92 · ALEXANDRE, LE DUC · texte numérisé non relu

ALEXANDRE, LE DUC

Alexandre.

Duc , un trop long respect me tait votre pensée. Notre amitié s’en plaint et s’en trouve offensée. Elle vous est suspecte , ou vous la violez ;

Et vous me dérobez ce que vous me célez.

Qui donne toute une amc , en veut aussi d’enticres; Et quand vos intérêts m’ont fourni des matières , pour lesbien embrasser , ce coeur vraiment ami ,

Ne s’est point contenté de s’ouvrir à demi ;

Et j’ai , d’une chaleur généreuse et sinccre ,

Fait pour vous tout l’effort que l’amitié peut faire. Cependant vous semblez , encor mal assuré ,

Mettre en dourc un serment si saintement juré.

Je lis sur votre front des passions sccrcttcs ,

Des sentimçns cachés , des atteintes muettes ;

Et d’un œil qui vous plaint , et toutefois jaloux , Vois que vous réservez un secret tout à vous.

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