‹ Chefd'œuvre de RotrouChapitre 5 sur 92 · DES PIECES · texte numérisé non relu

DES PIECES

ï. 'H ypocondriaque , ou le Mort amoureux, Tragi-Comédie , dédiée au Comte de Soissons , avec un Argument ; représentée en , et imprimée à Paris en 163 1 , in-S °. , chez Toussaint Quinet.

Rotrou dit dans l’Argument qui est à la tête de cette Tragi-Comédie , qu’il n’avoit que vingt ans , lorsqu’il la composa , et qu’il la fit imprimer par ordre du Comte de Soissons, à qui il la dédia.

Un homme qui croit avoir perdu sa maîtresse , en conçoit une tristesse sinoire, qu’il s’imagine être mort* et dans cette idée il méconnoît tout le monde , dit mille extravagances, et cherche par-tout l’ombre de sa maîtresse, qu’il croit morte aussi j il se retire ensuite dans une cave , où il ne veut prendre aucune nourriture. Sa maîtresse apprend son malheur , vole chez le pcrc de «et amant , se montre à lui ; e», par le moyen -de la

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musique , dont elle fait exécuter plusieurs beaux morceaux , elle parvient à le tiret , en partie, de ce fâcheux état ; mais la présence de son amante chérie achevé de le rétablir entièrement.

Quoique le sujet de cette Picce ne soit pas très-heureux , comme on vient de la voir , et qu’elle soit d’ailleurs foiblement conduite , elle annonce néanmoins le germe du talent et quelques connoissances du Poème dramatique. C’est la première Picce de cet Auteur Les réglés de la bienséance n'y sont pas trop bien observées.

La Bague de l’oubli. Comédie en cinq actes , en vers , dédiée au Roi , avec un argument ; représentée sur le Théâtre de l’Hôtel de Bourgogne en 1618 , et imprimée à Paris en 1^35 , in-8°. y chez François Targa.

Cette Picce est traduite en partie de l’Espagnol , de Véga. Elle est la seconde de Rotrou , et elle a servi de modelé à le Grand po\xr sa Comédie du Roi de Cocagne. Rotrou , dans son Epître dcdicatoire au Roi , sc vante d’avoir le premier ouvert la carrière à la Comédie raisonnable et décente. Il avoue en même tems, que les vers de cette Pièce n’ont pas toute la pureté que, depuis lïx ans, la lecture, la conversation et l’exercice lui ont acquise. Non-seulement cette Comédieest écrite trop librement ; mais encore la plupart de celles du même Auteur qui l’ont suivie. On est peut-être meme en droit de reprocher à ce Pocte , d’avoir un peu trop abusé de la

DES PIECES DE ROTROU. i*

liberté que les Auteurs dramatiques avoient dans ce tems-là d’égayer leurs productions, aux dépens des moeurs.

Cléagénor et Doristée, Tragi-Comédie , avec un Avis du Libraire au Lecteur ï mise au Théâtre en itfjo, et imprimée à Paris en 1634, in-4*. , sans nom d’ Auteur , chez Antoine de Sommaville.

La même Piece, réimprimée, avec des change-

mens, l’année suivante, sous le titre de Doristée ,

avec le nom de l’Auteur, une Epître dédicatoire adressée au Comte de Bélia, et un Avertissement. Paris, chez Toussaint Quinet.

Voici quel est à-peu-pres le sujet de cette Picce. Cléagénor , perd Doristée qu’il aime , et dont il est aimé. Cette fille , travestie en Page, sc produit dans plusieurs maisons, et, par une suite d’événemens , l’amant et la maîtresse , après avoir pleuré la perte l’un de l’autre, se retrouvent lorsqu’ils s’y attendent le moins, et finissent par s’épouser. Cette Pièce , foible , même pour le tems , ne méritoic pas le succès que l’Auteur dit qu’elle a eu.

Le Libraire * dans son Avis au Lecteur , dit que cette Picce lui fut rermsc par un inconnu qui achetoit des Livres chez lui, et que cet inconnu ne voulut pas lui en

nommer l’Auteur.

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Rotrou, dans la Dédicace et l’Avertissement placés à Ia v tSte de l’édition qu’il a donnée de cctteTragi-Coinédie, se plaint amèrement du vol qui lui en a été fait ; il avoue même que la crainte que la copie qu’on lui avoie dérobée ne fût infideîle , l’oblige à livrer son propre manuscrit à l’impression. Il paroît que ce Pocte , connbissant toute la foiblesse de sa Pièce , ne scsoucioit pas de la faire imprimer. Voici comme il en parle Iui-mcme: «Je ne doute point, dit-il, qu’elle ne perde, dans « les cabinets , beaucoup de ces ornemensqui l’ont fait « estimer au Théâtre: elle doit les principales parties de « sa beauté à ces incomparables Acteurs qui fardent si «agréablement les plus laides choses, et qui ont mis « la Comédie à un si haut point qu’clle'est aujourd’hui « le plus doux divertissement du plus sage Roi du mon- « de , et du plus grand esprit de la terre ; elle est un « peu mieux ajustée depuis sa réconciliation avec son « perc, et cette cadette de trente soéurs, fera envie aux » autres de la suivre , si elle est traitée favorablement.

Il paroît que Rotrou avait déjà disposé les plans de vingt-neuf autres Pièces , avant de donner celle - ci au Théâtre, puisqu’elle n’est que la troisième qu’il ait donnée, Voyci l’histoire du Théâtre François , tom.VI. pag. 486.

Les Occasions perdues , Tragi-Comédie , représentée en 16x1 , dédiée à la Comtesse de

Soissons, et imprimée à Paris en i6>6 , in- 4 0 . , chez Toussaint Quinet, '

DES PIECES DE ROtROU. i ç

Le sujet de cette Pièce est très-compliqué ; elle est pleine d’expressions trop libres, même pour 1 lé tems.

L'Heureuse constance, Tfatri-Comédie , dédiée à la Reine , et jouée en i'isja j imprimée à Paris en 1 6 3 6 , in-^°. , chez Toussaint Quinet.

Rosalie , l’héroïne de la l'icce , est une beauté parfaite , que trois amans préfèrent à une couronné. Ellemême sacrifie un trône à la constance d’un Prince qui n’a pour lui que ses vertus. Le Roi de Hongrie entreprend en vain de faire changer Rosalie ; il est forcé de céder à son fierc un bien qu’il ne peut obtenir. «Tous les caractères de ce Poème, dit l’Auteur du -Dictionnaire Dramatique , sont intéressans, quoique peut-être trop multipliés. L’amour, ajoure le nicme Auteur, y est plus naturel , plus tendre, plus dcccnt que dans bien d’autres Pièces de Rotrou. Quelques changemcns, peu considérables , rendroient aujourd’hui à cette Pièce le succès qu’elle eut autrefois. >•

La réglé des vingt-quatre heures, et celle d’unité de lieu ne sont pas observées dans cetre Tragi Comédie , et l’Auteur du Théâtre François n’en portepas un jugement aussi favorable.

Tes Ménechmes , Comédie en cinq actes »

en vers , dédiée au Comte de Bclin j représentée en K551 , et imprimée à Paris en 163 < 5 , in- 4 0 . , chez Antoine de Sommavillc.

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Cette Comédie est une imitation asse? servile de celle de Plaute , du même titre , à l’exception que les femmes y paroissoient davantage. L’intrigue en est simple ; il s’v trouve des situations heureuses et d’un bon comique ; c’est une des meilleures Pièces de son tems : elle n’a pas étc inutile à Regnard lorsqu’il traita le même sujet. Le seul reproche qu’on puisse Faire à Rotrou sur cette Pièce , c’est d’en avoir un peu trop brusqué le dénouement. ,,

Hercule mourant, ou Déjanire , Tragédie, dédiée au Cardinal de Richelieu , avec une Ode à sa louange, et représentée en 1631 ; imprimée à Paris en 1636, in- 4 0 ., chez Toussaint Quinet.

Tout ce que la Fable nous apprend d’Herculc, se trouve très-naturellement placé , en récit , dans cçttc Tragédie , d’ailleurs pleine de feu , d’imagination , de grands scntilucns et de vers heureux : le caractère de Déjanire est bien soutenu ; il y a de grandes beautés dans le rôle d’Hercule.

Célimene , Comédie en cinq actes , en vers, dédiée au Comte de* Nançay, Grand- Maître de la Garde-Robe du Roi , avec une

Elégie à l’Auteur , et représentée en 1633 ; imprimée à Paris en 1637, in~ 4°* > chez Toussaint Quinct et Antoine de Sommavillc.

L’infention de l’auteur , en dressant le plan de cette Comédie , étoit de composer une Pastorale , qu’il se proposoit de donner au Théâtre , sous le nom d’Amarillrs ; mais ayant fait réflexion que ce genre dramatique n’étoit plus du tems , il résolut, pour ne pas perdre cet ouvrage , d’en faire une Comédie , et n’y changea seulement que les noms des Acteurs , supprima les stances et le rôle des trois Satyres , sans presque toucher aux vers et aux scenes. Après la mort de îlotrou, Tristan, ayant recouvré le premier canevas de cette Comédie , la retoucha et l’augmenta de l’épisode des Satyres ; il en supprima environ deux cents vers , en conservant la même marche et le même plan que celui de Célimene. Il donna cette Pastorale ,sous le titre d’ Amarillis. Elle fut représentée sur le Théâtre de l’Hôtel de Bourgogne , vers la fin de 165 r , et eut beaucoup de succès. Voyez Amarillis, de Tristan , au Catalogue des Pièces de cet Auteur.

L’Heureux Naufrage, Tragi-Comédie, représentée en i<34 ; imprimée à Paris en **37 » é/z-4 0 . , chez de Sommaville.

Cette Pièce est assez bien écrite, la conduite en est sage et régulière.; elle n’est point chargée d’événemens gigantesques , comme le sont la plupart des Pièces de ce tems-lâ.

• Géliannc , Tragi - Comédie , dédiée à la Marquise de Pczé, et représentée en 1654 î

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imprimée à Paris en 1637 , in* 9 . , chez Toussaint Quinet.

On ne trouve dans cette Tragi-Comédie , ni caractère ni conduite ; l’intrigue est si décousue , et tient à si peu de chose, qu’on a de la peine à l’appercevoir : les Personnages se brouillent et se raccommodent sans beaucoup de raison. Le ton de familiarité qui régné parmi eux dans le courant de la Pièce , est porté jusqu’à l’indécence.

La belle Alphrede, Comédie en cinq actes , en vers , dédiée à Sylvie , et représentée en 1 g 34 $ imprimée à Paris en 1 639 , , chez. Antoine

de Sommaville.

C’est un Roman peu vraisemblable , ( dit l’Auteur du Dictionnaire Dramatique ) ; « une Piece contre les « réglés du Théâtre , un sujet rempli d’intrigue et un » chef- d’oeuvre de sentiment. Avant de voir Al- » phrcde triompher , par ses charmes et par son » adresse , des infidélités du parjure Rodolphe , il faut » la suivre dans trois combats, où clic paroît en Chey> valier Romain ; dans sa prison chez les Maures, où » elle retrouve sa famille -, et aux portes de Londres', » où elle fait épousera Acaste, son frere, Isabelle, « qui lui a ravi le coeur de Rodolphe. Tout le reste , » ( ajoute le même Auteur ) , est un labyrinthe d’in- » cidens , mais dans lequel on s’égare quelquefois >> avec plaisir. » Il paroît que cette Sylvie , à qui

la belle Alphrede, est dédiée , ne menoit pas une vie exemplaire. Voici comment s’exprime M. le Duc de la Valliere , dans son Théâtre François : te J’ignore ,, » dit cet Ecrivain, si c’est pour justifier l’dtat de sa » cherc Sylvie , à qui Rotrou dédie cet Ouvrage , que s» l’héroïne de la Piece , ainsi que la précédente , est » grosse à pleine ceinture , &c. Il ajoute , à l’égard de la Piece , « qu’elle n’est pas sans mérite , quoique « remplie de choses les plus ridicules , tant dans la diction que dans la conduite , et qu’on pourrait en « tirer parti , en la retouchant et en l’accommodant à

» nos usages. »

La Pèlerine amoureuse , ou Angélique , Tragi-Comédie , représentée en 1634 J imprimée à Paris en 1^37, «1-4°. , chez Antoine deSommaviilc.

Le Personnage qui donne le titre à cette Piece , es» une fille de Lyon , nommée Angélique, qui , déguisée en Pèlerine , va à Florence pour y retrouver un Amant qu’elle doit épouser, et dont elle soupçonne la fidélité. L’Amant , trompé par le faux bruit de la mort d’Angélique, tâche de l’oublier, en s’attachant à une fille très-riche , nommée Célie. Cette Célie en aime un Autre , connu sous le faux nom de Léandrc , qui passe pour Peintre ; et, afin d’éviter le mariage , déjà arrêté par son pere , elle se fait passer pour folle, exécute tant d’extravagances, et joue tant de ruses, qu’elle vient à bout de faire consentis son pere à la marier à

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son cher Léandre. Lucidor , Amant d’Angélique, la rcconnoît dans la Pèlerine , et finit par l’épouser. Voici le jugement du Duc de la Valliere , sur cette Tragi- Comédie. « Cette Pièce est bien écrite , les vers ■a en sont faciles , l’on en rencontre même d’heureux ;

« la conduite en est sage , la fable bien trouvée ; et il » n’y a que les défauts dans lesquels tomboient alors « tous les Auteurs, » Voyez bibliothèque du Théâtre François , ait. Rotrou.

"Filandre, Comédie en cinq actes , en vers , représentée en 165 imprimée à Paris en réj7 , in- 4®., chez Antoine de Sommaville.

Filandre et Célidor aiment éperdument Théane et Nérée ; mais avec un succès bien différent. Nérée répond aux vœux de Célidor, au lieu que les soupirs et les empressemens de Filandre ne font que fatiguer Théane , dont le cœur est prévenu en faveur de Thimantc. Tout le reste de la Piece , dont le sujet est petit et l’intrigue commune , ne roule que sur les ruses que ces Amans emploient pour arriver à leurs fins ; la décence n’y est même pas trop bien observée. L’envie de se tuer prend assez souvent aux Personnages de cette Comédie , .seulement parce qu’ils se trouvent contrariés dans leurs amours : elle finit, cependant, parle mariage de Célidor avec Nérce, et celui de Théane avec Thimantc ; en général , cette Piece est assez bien, écrite.

Agésilan de Colchos , Tragi-Comédie , dédiée à Madame de Combalet , et représentée en i imprimée à Paris en 1637 , in- 4 0 . , chez Antoine de Sommaville.

Le sujet de cette Pièce est tiré , mot à mot , du Roman d’Amadis de Gaule. Sidonie , Reine de Guindaye , fait répandre par-tout des portraits de Diane sa fille , et la promet en mariage au Cavalier qui apportera la tctc de Florisel de Niquée, qui a ravi l’honneur de cette Reine. Ce Prince essuie plusieurs combats à cette occasion , et en sort'toujours victorieux. Agcsilan de Colchos , devenu amoureux de Diane , s’introduit chez la Reine , sous des habits de fille , et sous le nom de Daraïde ; et sans quitter ce travestissement , il promet de la satisfaire. En effet, Daraïde lui livre Florisel endormi. La Reine n’ose exécuter sa vengeance , et encore moins refuser le pardon que cet amant lui demande. La Piece finit par le double mariage de Sidonie avec Florisel, et de la Princesse avec la prétendue Daraïde , qui se fait connoître pour le Prince de Colchos.

Cet Ouvrage, dit le Duc de la Vallicre , est le tt meilleur que Rotrou eut encore composé. La contt duite en est sage et intéressante , la versification en est » noble et aisée ; et je crois , ajoute le même Auteur, » qu’avec un peu de soin , on la pourroit mettre à por- « tee de paroître avec succès sur notre Théâtre. L’exétt cution d’Agcsilan (dit un autre Auteur) l’emporte sur » le dessein. Le caractère de Diane est charmant j celui

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*> de la Reine intéresse, et fait oublier ce que son projet « peut avoir de révoltant. Voyez. Dict. Dram.

L’Innocente infidélité , Tragi-Comédie, représentée en 163 j 3 imprimée à Paris en 1637 , in- 4 0 . , chez Antoine de Sommaville.

Il y a dans cette Tragi-Comédie d’assez bons vers , et quelques scenes assez singulières 5 mais l’intrigue en est mal conçue et mal conduite; les événemens y sont aussi trop multipliés , c’étoit le goût du tems; les réglés de la bienséance n’y sont pas trop bien observées.

Clorinde , Comédie en cinq actes , en vers, représentée en 163 <>5 imprimée à Paris l'année suivante , in- 4 0 . , chez Antoine de Sommaville.

Cette Comédie estunedes plus médiocresde Rotrou ; elle est mal écrite ; l’intrigue en est ridicule , sans vraisemblance , et très-embrouillée.

Amélie , Tragi - Comédie , dédiée à la Princesse Marie, et représentée en 16363 imprimée à Paris en 1638 , in- 4 °. , chez Antoine de Sommaville.

I.e sujet de cette Pièce est très-foible , on ne conçoit meme pas comment Rotrou a pu en tirer cinq actes. Amélie, promise par son perc à Eraste, refuse de l’épouser ; elle ne songe qu’à Dionis , qui , à son tour , est

aimé

aimé de la sœur d’Amélie. Cette derniere se fait enlever par son amant, et rencontre Cloris travestie en homme. Cette Cloris est une ancienne maîtresse d’Eraste; mais, qu’il a çubliéc, ne la croyant plus vivante. Il la retrouve lorsqu’il poursuivoit Amélie , et cette vue le fait rentrer dans ses premières chaînes, ce qui conduit les autres personnages à un favorable dénouement. Amélie , délivrée des importunités d’Eraste, obtient la permission d’épouser Dionis , et sa sœur ne pouvant plus espérer d’être à ce dernier , donne sa main à Lisidan , son ancien amant.

Cette Comédie est passablement écrite , un peu froide, d’ailleurs assex bien conduite : les incidens sont liés au fond du sujet » mais il y a un rôle de Capitan , faux amoureux d’Amélie et faux brave , qui y figure très-mal.

Les Sosies , Comédie en cinq actes , en vers , dédiée à Roger du Plessis , Marquis de Liancourt , et représentée en 1636 s imprimée à Paris en i 6 )î , in-4 9 . , chez Antoine de Soin-

maville.

Cette Pièce eut beaucoup de succès. Quoique le style en soit bas , et qu’elle ne soit pas sans défauts , elle passe pour une des meilleures Comédies de Rotrou. Le plus grand éloge qu’on puisse en faire , c’est de dite que le célébré Molière en a tiré un grand parti , par le choix habile qu’il a fait de ce qu’il a trouvé de meilleur dans

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l'original et dans la copie. On reconnoît même dans son Aniphitrion , quelques plaisanteries et quelques situations tirées de la Piece de Rotrou , presque sans aucun changement. • •

Les deux Pucelles , Tragi-Comédie , dédiée à Mademoiselle de Longueville , et représentée en 1 6363 imprimée à. Paris en 16391 in-u , chez Antoine de Sommavillc , Toussaint Quinet , et Augustin Courbé.

Le sujet de cette Piece est tiré d’une Comédie Espagnole. Elle a été imitée et presque copiée parQuinault, dans sa Comédie intitulée les Rivales , titre plus convenable que celui que lui a donné Rotrom Quoique U Piece de Quinault soit au-dessus de celle de Rotrou , qu’elle soit mieux conduite et qu’il y ait plus de noblesse , il est à présumée que les deux Pucelles ont dû. avoir du succès. En voici le sujet.

Deux filles , Théodose et Leucadie , également trompées par les promesses de Dom Antoine , se déguisent en Cavaliers , courentle pays , et cherchent à se venger des perfidies de cet amant , qui les a quittées. Théodose rencontre son frere dans une hôtellerie , et l’engage à prendre sa querelle. Leucadie est trouvée à un arbre , où des voleurs l’ont attachée. Dom Antoinéarrive à la même hôtellerie, après avoir échappé aux poursuites d’autres voleurs qui l’ont blessé : on se reconnoît; la jalousie se glisse entre les deux Rivales j les peres de ces Jaéroi'neset celui de Dom Antoine viennent là -, c es deux

premiers sc battent contre ce dernier , afin de 'venger l’honneur de leurs filles , dont l’une est prête d’accoucher , et dont l’autre a couru les mêmes risques , et, de plus, celui de la vie. La Piece finit par le mariage de Dom Antoine avec Théodose , et par celui de Lcucadie avec Alexandre , frere de Théodose , qui se trouve aussi dans la même hôtellerie.

» Cette Piece , dit le Duc. de la Valliere , est bien w écrite , les vers en sont faciles : il y a , il est vrai , un » trop grand nombre d’cvénemens 5 mais plusieurs pro- » duisent des scenes heureuses et touchantes. En y cor- « rigeant quelque chose , je crois , ajoute le même Au- « teur , qu’on pourroitla rendre susceptible d’un grand » succès.

Laure persécutée , Tragi - Comédie , dédiée à Mademoiselle de Vertus, et représentée en r <37; imprimée à Paris en 1639* i/z-4 0 . , chez Toussaint Quinet. • •

La même , chez le même , en 1*46 , in-ji.

La même , dédiée à M. de Créqui , premier Gentilhomme de la Chambre du Roi , 1 64s , chez le même Libraire , in-H°.

, Cette Tragi-Comédie est passable pour le tems $ les personnages de Laure et d’Orontc'c sont assez bien peints. Quelques scenes un peu froides en ralentissent l’action, et diminuent un peu le fond d’intérct qui y

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régné. Le sujet de cette Pièce a beaucoup de rapport avec celle d’Inès et de Dom Pedrc -, les caractères sc ressemblent même un peu. Le Roi de Hongrie a destiné Orontée à l'Infante de Pologne; mais, comme il n’ignore pas les nœuds secrets qui unissent Laure et son fils , il emploie divers moyens pour brouiller ces amans. Celui de la jalousie fait tout l’effet que le Roi s’en est promis. Orontée , jeune , amoureux , mais violent , passe successivement du courroux le plus marqué , au retour le plus tendre , et de ce retour aux plus grandes fureurs. Enfin , Laure dont on ignoroit la naissance , est reconnue pour l’héritiere de Pologne; les calomnies qu’on avoir répandues contre elle , se dissipent, et le Roi l’unit à son cher Orontée.

. Antigone 5 Tragédie , dédiée au Comte de Guébrian , et représentée en 1 6 3 8 ; imprimée à Paris l’année suivante , in-4 0 . , avec fig. chez Toussaint Quinet.

La même , réimprimée la même année, chez

le même , in- n.

La Tragédie d’Antigone eut un brillant succès ; elle renferme de grandes beautés , et c’est une des meilleures Pièces de Rotrou. On ne peut reprocher à cet Auteur que d’y avoir réuni , dans une seule et même Piece f deux actions principales, dont chacune pourroit servir de sujet à une Piece entière. -

Les Captifs , ou les Esclaves , Comédie tirée

de Plaute , en cinq actes , en vers , représentée en 1 c 3 S i imprimée à Paris en 1*40, in-4 0 . , chez Antoine de Sommaville.

La même Pièce , réimprimée la même année, chez le même , in- 11.

La Comédie des Captifs n’est pas sans mérite : elle est assez bien versifiée et il y a d’assez beaux endroits ; les femmes y paraissent un peu plus que dans la Comédie de Plaute , dont elle est la traduction. Un perç , affligé de i’esclavagc de ses deux fils, acheté tous les esclaves que l’on expose en (Etolie,cspérant de retrouver sesenfansi ce qui arrive en effet. La simplicité de ce sujet est soutenue par l’intérêt d’uo mariage conduit fort naturellement; par les plaisanteries d’un Parasite , par divers incidens heureux , et sur-tout par un comique très-agréable. Il y a plusieurs Pièces des Captifs ; une de du Ryer, une autre de le Roi , et dont la musique est de Quinault le Comédien.

Crisantc , Tragédie , représentée en 1639 ;

imprimée à Paris en 1640 , in- 4 0 . , chez Antoine de Sommaville.

Crisantc , Reine de Corinthe et prisonnière des Romains, est confiée aux soins de Cassie qui la déshonore. Elle demande et obtient la tête de ce Romain, la port* au Roi son époux , et se tue à ses yeux. Le Roi qui avoit soupçonné la fidélité de Crisante ^*se punit aussi lui-

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même de ce soupçon injurieux. Toutes ces scenes sanglantes, quoique soutenues parla fierté Romaine, déplaisent et répugnent : malgré cela, cette Tragédie a de grandes beautés , sur-tout dans les détails ; la versification en est noble et facile.

Iphigénie en Aulide , Tragédie , représentée sur le Théâtre de l’Hôtel de Bourgogne en 1 640 } imprimée à Paris l’année suivante , tn-4 0 . , chez

Toussaint Quinet. - - - ■’ • :

* ‘ ) , Rotrou , frappé des beautés d'Euripide , s’est concontenté de traduire sa Picce , sans rien changer aux mœurs , à la conduite , ni à la catastrophe. Cette Tragédie est bien faite pour le tems , quoique la versification en soit pourtant un peu foible ; néanmoins il s’f trouve de beaux endroits , que Racine seul étoit capable de faire oublier. Le Clerc, dans son-Iphigénie, a imité celle de Rotrou; il en a copié des pensées et meme des vers entiers , sans prendre la peine de les déguiser. Voyez, le catalogue des Iphigénies, au-devant de celle de Racine.

Clarice , ou l’Amour Constant, Comédie en cinq actes , en vers , avec un Avis au Lecteur , dans lequel Avis l’Auteur avoue que cette Piece est une imitation de celle de Sforza d’Oddi.

Celle de Rotro* fut représentée en 1641 , et

DES PIECES DE ROTROU. i,

imprimée à Paris en 1644 , in- 4 0 ., chez Toussaint Quinet.

Un jeune homme de famille , amant de Clarice, ne peut l'épouser , à cause de l’inimitié qui règne entre son perc et celui de Clarice. Pour s’introduire chez elle , il prend le parti de se déguiser en valet. Le pere du jeune homme meurt , et , par son testament , demande que le pere de Clarice donne cette jeune personne à son fils , afin d’assoupir toute inimitié. Le pere de Clarice consent à la volonté du défunt. Le jeune homme sc fait connoître , et épouse sa maîtresse. Deux rôles épisodiques , un Docteur et un Capitan , suivis de deux valets aussi originaux que leurs maîtres , ne cessent d’cgayer cette intrigue intéressante par cllc-mcmc , et qui est dans le vrai ton de la Comédie.

Bélisaire , Tragédie , dédiée à Henri de Lorraine , Duc de Guise , et représentée en 1 643 -, imprimée à Paris en 1644, in- 4 0 . , chez Toussaint Quinct , Antoine de Sommaville , et Augustin Courbé.

Les beautés et les défauts de cette Tragédie lui ont attiré beaucoup d’admirateurs et de critiques. Rotrou, dans son Epître dédicatoire , semble avouer qu’elle n’a pas eu un grand succès. Le sujet en est trop connu pour le donner ici > nous nous contentons de rapporter le

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jugement qu’en a fait l’Auteur du Dictionnaire Dramatique.

<« Les infortunes de cet illustre malheureux sont con- » nues. L’Auteur leur a donné cette expression vraie , »•> naturelle , vive et pathétique , à laquelle rien ne ré-

sistc. Tous les effets d’un amour irrité , tout l’arri- » ficc d’un esprit violent et dissimulé, tous les excès « d’une haine mortelle , toutes les ressources de la ven- «geance la plus déterminée , forment le caractère de » l’Impératrice. Celui de Bélisaire est de la plus grande » beauté ; on desireroit plus de précision dans les dé- »> tails , plus de vérité , plus d’exactitude , plus d’anay> logic avec le sujet. » Il s’en faut de beaucoup que le Duc de la Valliere porte un jugement aussi favorable de cette Picce \ il la place au-dessous du médiocre , et ajoute que les rôles en sont manqués, ou défigurés. Malgré les défauts dont cette Tragédie abonde , et sa chûte au Théâtre , elle a toujours passé pour une de celles qui ont fait honneur à leurs Auteurs.

Célie , ou le Vice-Roi de Naples , ou la belle Célie , Tragi-Comédie, donnée en ie>4f , et imprimée à Paris l’année suivante, in- 4 0 . , chez Toussaint Quinet.

Les deux neveux du Vice -Roi de Naples aiment Célie-, fille aînée d’un Gentilhomme aussi pauvre que vertueux ; des calomniateurs jettent un soupçon inju * rieux contre l’honneur de cette vertueuse fille. Le pere ajoute foi à l’imposture , et frappe Célie d un coup de

poignard. Le Vice-Roi prend connoissance de cette affaire; elle est discutée devant lui, et la calomnie esc confondue. Célie , qui n’a été blessée que légèrement , épouse, de l’aveu du Roi , l’amant dont son coeur a fil it choix, et dont elle est aimée. Cette Comédie, quorqu’assez régulière, est foi b le à tous égards , et n’est nullement comique.

La Sœur , Comédie en cinq actes , en vers , représentée en 16^ ; imprimée à Paris en 1647 , in-4 Q .

La même Piece , sous le titre de la Sœur généreuse j imprimée la même année ,/n-n , chez le même Libraire.

Cette Piece est un tissu d’artifices et d’expédiens employés par un valet souple et adroit , pour affermir un vieillard dans la croyance de toutes les fables que l’on débite au sujet du prétendu retour de sa femme et de sa fille, malgré qu’il ait les plus grandes preuves du contraire , et pour lui cacher le mariage de son fils avec une inconnue , que l’on lui fait croire être sa propre fille et la sœur de celui dont elle est l’épouse

Quoique le sujet de cette Comédie soit très-compliqué et chargé de beaucoup d’incidcns, il n’en est pas moins très-heureux * les vers en sont doux et aisés ï elle est composée dans le genre que Sforza d’Oddi avoit adopté , et elle pourroit bien être une traduction de ce même Auteur, dontRotrou avoit déjà traduit sa Clarica.

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Cette Comcdie de la Soeur généreuse tient aussi au genre des Auteurs Latins.

Le véritable S. Genest ^ Tragédie , représentée en 164 6 -, imprimée à Paris en 1648 , in- 4 0 . , chez Antoine de Sommaville.

L’Empereur Dioclétien , en récompense de la valeur de Maximin , lui accorde sa fille en mariage , aussi-tôt après son retour d’Italie. Pour embellir la fete , et célébrer la pompe de cet hymen, on fait venir des Comédiens , qui représentent le martyre d’Adrien, Officier distingué, que Maximilien avoit- condamné au supplice. L’hymen se prépare, toute la Cour se rend au Théâtre; les Acteurs se disposent à jouer: Genest remplit avec applaudissement le rôle d’Adrien ; mais , frappé par la grâce, ce n’est plus Adrien , c’est Genest qui parle pour lui-même ; il insulte aux Dieux qu’adore l’Empereur, et il reçoit la couronne du martyre , avec la fermeté , le courage et la piété d’un vrai chrétien.

-Cette Tragédie est trcs-foible; il y a cependant quelques vers heureux ; plusieursscenes comiques suspendent le peu d'intérêt qu’elle pourroit offrir : telles sont les scenes de la répétition des rôles , celle du Décorateur , et la dissertation sur les anciens et modernes.

L’étroite amitiéquirégnoit entre Rotrou et Corneille, suggéra au premier l’envie de rendre un hommage public aux talens supérieurs de son ami : ce fut dans sa Tragédie de S. Genest, représentée après Rodogunc , qu’il trouva moyen de placer l’éloge de ce grand

homme. t« Voici (die M. de Marmontel, chef-d’ceuvres » dramatiques , vie de Rotrou , page y. ) par quel artiy> fîce généreux il imj^na de célébrer en plein Théâtre , *> le Poète qui l’cffaçoit.

j> L’Empereur Dioclétien fait venir devant lui le Comédicn Genest , et lui demande un spectacle digne » des fetes qu’il veut donner pour le mariage de sa fille. s> Ce Prince commence par louer les talens du Comé- » dien , et il ajoute :

>5 Mais passons aux Auteurs , et dis-nous quel ouvrage s> Aujourd’hui , sur la Scene , a le plus haut suffrage ;

57 Quelle plume est en regne , et quel fameux esprit 57 S’est acquis dans le cirque un plus juste crédit.

Genest.

57 Nos plus nouveaux' sujets , les plus dignes de Rome-, 57 EtlesplusgiandscfFortsdesveillesd’un grand homme, •57 A qui les rares fruits que sa muse a produit ,

57 Ont acquis dans la Scene un légitime bruit ,

57 Et de qui , certes , l’art comme l’estime est juste ,

57 Portent les noms fameux de Pompée et d’Auguste, a» Ces poèmes sans prix, où son illustre main 57 D’un pinceau sans pareil a peint l’esprit Romain ,

»7 Rendront de leurs beautés votre oreille idolâtre ,

5> Et sont aujourd’hui l’ame et l’amour du Théâtre.

57 Ce n’est point là , ajoute M. de Marmontel , un 57 de ces éloges balbutiés par l’envie , quand elle est 57 forcée de louer; c’est l’admiration la plus franche, »7 la plus noblement exprimée : et quoi de plus rare que

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„ l’enthousiasme d'un Poète , pour un Pocte supérieur » lui ? »>

Dom Bernard de Cabrent Tragi-Comedie , dédiée , par une Élégie , au Cardinal Mazaiin , et représentée en 1647 j imprimée à Paris la même année, . , chez Toussaint Quinet.

Dom Bernard n'est point le véritable Héros, de cette Tragi-Comédie ; c’est Dom Lope de Lune , qui , par les malheurs du hasard , n’obtient que des rebuts pour récompense de scs belles actions , tandis que Dom Bernard , son ami , en reçoit le prix Le Roi , trop occupé de son amour, et , pour ainsi dire . fatigué du récit des - victoires de Dom Lope de Lune , ne s'apperçoit pas de l’injustice qu’il a commise : Dom l ope indigné et désespéré de cette injustice , quitte la Cour , et s’éloigne de son ami Dom Bernard ; ce dernier , sensible à la perte de cet ami malheureux , tâche de trouver un moment favorable pour en parler au Roi , et lui faire un détail des exploits de ce brave Guerrier , si mal récompensé.

Le Roi lui répond.

Quel malheur l’a privé de ma reconnoissance ?

Dom Bernard.

La derniere infortune est encor son absence ;

Car, après tous mes soins , en vain officieux ,

Vos longs rebuts, Seigneur, l’ont chassé de ces lieux.

Le Roi.

li Roi.

Moycnncï son retour ; ma grâce , avec usure ,

Du mérite ignoré réparera l’injure ,

ruisque j’éprouve en vous, qu’un Roi reconnoissant ,

A force de donner , en devient plus puissant.

Le sujet de cette Pièce esc peu de chose , et les événemens qui la composent , peu vraisemblables : il y a cependant des endroits intéressans , et d’un bon comique ; le rôle de Dont Lopc de Lune est très-heureux.

*Venceslas , Tragi-Comédie, dédiée à Monseigneur de Créqui , Prince de Poix , et premier Gentilhomme de la Chambre du Roi ; représentée en 1647 , et imprimée à Paris l’année suivante , m-4 0 . , chez Antoine de Sommavilic.

Il y a eu plusieurs éditions de cçtte Pièce , outre celle que M. de Marmontel a donnée avec ses corrections > niais elle est cependant; très-rare.

* Cosroès , Tragédie , représentée en 1648 , sur le Théâtre de l’Hôtel de Bourgogne , et imprimée à Paris en 1649 , in- 4 0 ., chez Antoine de Sommaville. „

La même , avec les corrections du Marquis Dussé , et imprimée à Paris en 170} , in-iz , chez Pierre Ribou. Outre cette édition , il y en a eu plusieurs autres.

3 * CATALOGUE

Dom Lope de Cardonne , Tragi-Comédie , donnée en 1 6^0 ; imprimée à Paris en

L’inttiguc de cette Pièce est entièrement Espagnole, et est traitée avec cette noblesse et cette grandeur qui conviennent à des Rois , à des Princes et à des Héros ; elle ne laisse appercevoir que quelques légers défauts de détail et dcsincidens un peu trop multipliés» Dom I.opc de Cardonne , Général des Armées de Dom Philippe , Roi d’Aragon , aime en secret l’Infante , fille de Dom Philippe. Dom Sanche de Moncadc devient le rival de Dom I.opc. Elise , sœur de ce dernier , est aimée de Dom Pedro, fils du Roi d’Aragon ; mais elle le déteste , parce qu’il atué un Seigneur Aragonnois qu’elle aimoit. Dom I.ope obtient pour prix de ses exploits , la main de l’Infante Théodore; mais, pour le punir de la désobéissance qu’il a montrée, en acceptant le défi de Dom Sanche, il est condamné à perdre la tête. L’Infante implore en vainla clémence de son pere en faveur deDom Lope; elle ne peut obtenues*' grâce; mais,- dans le même moment , le Prince d’Aragon oubliant la fierté , les dédains et les mépris de sa maîtresse , demande au Roi la grâce de Dom Lope pour prix de ses services , et il l’obtient. Touchée de cet acte de générosité. Elise oublie, à son tour, que le Prince d’Aragon est le meurtrier de Dom Louis , son amant ; et elle consent à l’cpouscr. Un double hymen se conclut sur le champ.

» Cette Pièce , dit le Duc de la Vallicre , n’est pas » sans mérite : elle est assez bien écrire ; les rôles des deux Amis sont singuliers : celui d’Elise est très-beau;

» mais un défaut bien considérable , c’est la double s> intrigue , qui , très-souvent , suspend l’intérêt. Cette » Tragi-Comédie a beaucoup de ressemblance avec si Venceslas ; elle n’a été imprimée qu’après la mort de y> Rotrou.

Florimonde , Comédie en cinq actes , en vers , représentée en 1 649 , sur le Théâtre de l’Hotel de Bourgogne , et imprimée à Paris en y , in- 4 0 . , chez Antoine de Sommavillc.

Florimondc aime Cléantc et ne peut le rendre sensible. Un ami commun de Cléante et de Florimonde , conseille à cette dernière de feindre d’aimer Théaste de qui elle est aimée et qu’elle ne peut souffrir. Ce stratagème réussit, et Cléante, en se rappellant les attraits de Florimonde , se sent enflammé ; il veut lui faire l’aveu de son amour ; mais elle lui dit qu’elle ne l’aime plus. Vainement il soupire , il pleure , il gémit , et la conjure de lui rendre son coeur qu’il a dédaigné : elle feint quelque tems de n’écoutcr rien ; mais clic ne peut résister au terrible désespoir où son refus jette Cléante : elle consent enfin à l’épouser, et la Piece se termine pat leur mariage , et par celui de Théaste avec Félicie, qu’il croyoit morte depuis quelques années, et qu’il retrouve sous les habits d’un homme et le nom de Tircis ; déguisement qu’elle avoit pris pour rejoindre Théaste son ancien amant.

Cette Comédie passe pour être la derniere Piece de Rotrou, C’est une des plus foibles de ce Poète : le rôle

3 ? CATALOGU E, «ce..

de Théaste esc révoltant -, c’est un férailleut qni a continuellement l’épéc à la main , et qui , pour de légères blessures, est pourtant quitte de tous ses combats.

Amarillis , Pastorale , trouvée manuscrite après la mort de Rotrou. Voyez le Catalogue des Pièces de Tristan.

L’on attribue encore plusieurs autres Pièces à Rotrou ; savoir , Dom Alvare de Lune , donnée en 1*547 ; Lisimcne, la Thébaïde, Florante , ou les Dédains amoureux , et l’illustre Amazone.

Il paroît que ces dernières Pièces n’ont été ni représentées ni imprimées : on ignore même si elles existent. Voyez Histoire du Théâtre François , tome 4 j page 411 j et Recherches sur les Théâtres * par Beauchamps , tome second , page 11 j.

VENCESL AS,

TRAGÉDIE

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