DE CR É QUI
Prince de Poix , de Canafles , de Pontd'Ormy, &c. et premier Gentilhomme de la Chambre du Roi.
Monseigneur,
V enceslas , encore tout glorieux des applaudis s emens qu'il a reçus de la plus grande Reine du monde et de la plus b élit Cour de l'Europe , ne pouvant restreindre son ambition aux caresses et a l'estime du beau monde , ose aujourd'hui se montrer a toute la France , sous l'honneur de la protection que vous lui ave-ç promise , et ne craint point de s'exposer aux ennemis que sa gloire lui peut susciter , ayant pour asyle l'une des plus anciennes et plus illustres Maisons duRoyaume , et pour défenseur l'héritier des vertus , comme du sang des plus fameux appuis de
nos Rois , et des plus redoutables bras de
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l'État. Personne n ignore 3 Monseigneur, que les grandes actions de ces Grands Hommes y a qui vous aveç succédé t font presque toute la beauté de notre Histoire y et que V antiquité. Grecque et Romaine na rien vu.
de plus mémorable que ce que les derniers siècles ont vu faire au grand Daguerre 3 pere de l'une de vos ayeules , et au glorieux Connétable de Ü Esdiguiere , votre bisayeul , C dont le premier sortit victorieux de ce fameux duel quun de nos Rois lui permit , a Sedan » ou son ennemi combattoit avec tant davantage ) ; et le second fit sa renommée si célébré , par les batailles de Pontcharra et de Salbertran , et servit la Couronne par de si judicieux conseils et de si prodigieux succès , qu'il en mérita les premières charges . Il fut suivi de l'indomptable Maréchal de Créqui , votre ayeul y qui signala , par une infinité de preuves y la passion quil avoit pour son Prince x et x par un illustre et double combat, que la postérité n oubliera jamais , celle quil avoit pour sa gloire, ha volée de canon qui l'emporta dans le glorieux emploi qui l'occu -
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poit en Italie , fait encore aujourd'hui voler son nom aussi loin que le bruit des actions héroïques peut aller ; et sa vertu se continua en celle de. Monsieur de Canaples , votre pere 9 dont la vie et la mort représentent dignement celle de ses devanciers . Il est impossible de comprendre dans la juste étendue d'une lettre , la mémoire de tant de Héros ; et je laisse a l'Histoire les Panégyriques des fameux Pont-Dormys 9 dont l'un fut frere d'armes de l' incomparable Bayard , et mérita de passer , en sa créance s pour la valeur même. Je dirai seulement \ Monseigneur, qu'il ne vous suffit pas d'être riche de la gloire d'autrui ; vous ne vous contente z pas des acquisitions qu'on vous a faites 9 et vous ne vous croiriez pas digne successeur de ces illustres personnes , si vous ne leur ressembliez , et si vous ne vous deviez In plus belle partie de votre estime . l'Italie a retrouvé dans le fils la valeur des peres ; et le sang que vous coûta l' effort quelle fit contre votre
vie 9 fut autant une marque de la frayeur que
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vous lui fîtes y que du péril ou votre grand cœur vous précipita. Vous ave^ poussé jusqu'aux bords de la Segre cette ardeur sans mesure 3 qui vous attache si fortement aux . intérêts de votre Maître ; et par-tout ou votre courage vous a porté , l'on a si clairement reconnu le sang dont vous sortes , que nos ennemis peuvent y avec raison , douter de la perte de ces grands personnages 3 que vous répare ç si dignement. Ces vérités étant trèsconstantes , Venceslas , ( Monseigneur ) 3 a-t-il lieu de rien redouter , sous l'autorité d'un si digne Protecteur ? Faiteslui la grâce de le souffrir 3 puisque vous l' ave^ daigné flatter de cette espérance 3 et qu’il se donne a vous 3 sans autre considération que l'honneur d’être vôtre , et de m'obtenir de vous la permission de me dire 3 . avec toutes les soumissions que je vous dois 3
MONSEIGNEUR
Votre très-humble et trèsobcissant Serviteur , De Rotrov.
DE VENCESLAS
J0Ladislas , fils aîné de Venceslas , Roi de Pologne ,, est un je une Prince ambitieux , jaloux , violent, impérieux , et, cependant , aimable , malgré tous ces défauts. Il aime Cassandre , Duchesse de Kunisberg , et veut l’épouser , après avoir vainement cherché à la séduire. II ressent une haine implacable pour le Duc de Coutlande ,. qui jouit de la plus grande faveur et du plus grand crédit auprès du Roi ; et cette haine est augmentée encore par la fausse prévention de rivalité d’amour. Alexandre , second fils de Venceslas , est le véritable Amant aimé de Cassandre j mais son respect pour son pere , et la crainte d’être reconnu pour le rival de son frere , lui font tenir scs feux cachés , sous le nom du Duc de Courlandc , son confident
et son ami. Théodore , fille de Venceslas , aime le Duc , et favorise l’amour de Ladislas poux
vj SUJET
Cassandrc. Celle-ci , excédée par tant de poursuites , s’en plaint à Alexandre , qui ne trouve plus de ressource que dans un hymen secret : il le propose , et est prêt à l’exécuter. Ladislas est informé de ce projet $ et , toujours persuadé que c’est le Duc qui aime Cassandrc et en est aimé , il ne prend conseil que de son désespoir, et se rend , à la faveur de la nuit , au Palais de Cassandre. Au nom du Duc , il entend ouvrir la porte i et , dans l’obscurité , il frappe , de trois coups de poignard , celui qu’il croit être le Duc , et le laisse pour mort. Cassandre apporte au Roi la nouvelle de cet assassinat , et lui apprend , en Amante désespérée , que Ladislas est le meurtrier de son frere. Elle exige vengeance de cet attentat affreux , et Venceslas condamne son fils à la mort. Mais le peuple sollicite la grâce du Prince j et le Duc de Courlande , à qui le Roi a promis de tout accorder, pour récompense du «ervicc qu’il vient détendre à l’Etat , en repoussant les Moscovites , et en les forçant à demander la paix , ne prétend , pour prix de ses exploits , que la faveur d’obtenir du Roi qu’il pardonne à Ladislas le meurtre involontaire de son frere.
DE VENCESLAS. ' ?ij
"Venceslas croit ne devoir faire grâce à son fils , qu’en le j couronnant , et en abdiquant lui-même le pouvoir souverain. La Princesse Théodore est donnée au Duc , qui découvre , enfin , son véritable amour , qu’il ne dissimuloit que par la crainte d’être il en est aimé autant qu’ dernier trouve , par-là , un moyen de récompenser grandement tous ses travaux. Cassandre persiste à refuser la main de Ladislas , qui espere encore que le tems pourra apporter quelque changement à ses refus»
ju^ftpdigne d’elle. Mais il e^théri du Roi 5 et ce