‹ Chefd'œuvre de RotrouChapitre 68 sur 92 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

MARIAMNE, SALOME, DINA.

Mariamne.

A.pprochez-vous plus près; vous nous entendrez mieux.

Salome.

Je m’allois retirer , vous croyant empochée ,

Et l’on diroit aussi que vous êtes fâchée.

Mariamne.

Une juste colere animoit mon discours.

Cij

i? MARIA M NE

Salomi.

C’est une passion qui vous émeut toujours.

Mariamne.

Je souffre aussi toujours une ligueur insigne.

Vous avez des malheurs dont vous n’êtes pas digne. Mariamne.

Je crois qu’on ne voit rien dans mes déportemens.

Qui puisse mériter ces mauvais traitemens.

. SiLOMl.

Vous êtes fort à plaindre en l’état où vous êtes »

Mais toutes les beautés ne sont pas satisfaites. Mariamne.

Pour vous , en vos destins, vous n’avez que du bien.^J

Vous sentez votre mal , et moi , je sens le mien. Mariamne.

Votre coeur relevé se plaint de la fortune ?

J’ai bien d’autres ennuis, dont le cours m’importune. Mais ainsi que j’entrois , que disiez-vous du P.oi ? Mariamne.

Je me plaignois de lui , comme il se plaint de moi.

Je ne puis deviner ces grands sujets de plainte. Mariamne.

C’est que ses espions me tiennent en contrainte.

L’innocence par-tout peut avoir des témoins.

TRAGÉDIE

J’auroîs plus de repos , s’ils m’importunoient moins.

Vous devriez dire au Roi , combien cela vous blesse.

Vous devriez l’avettir aussi de sa foiblessc.

Page 1