‹ Chefd'œuvres de BoursaultChapitre 100 sur 108 · LES COLOMBES ET LE VAUTOUR · texte numérisé non relu

LES COLOMBES ET LE VAUTOUR

Un jour les Colombes craintives Sachant que le Vautour vouloit se marier.

Se mirent si fort à crier

Que le vent , îusqu’au Ciel, porta leurs voix plaintives; « Si lui seul nous désole , et nous mange aujourd’hui , » Disoit en son langage une Colombe habile,

« Quel lieu nous servira d’asyie s> Contre un nombre d’enfans aussi méchans que lui? »

S’il suffit d’un Huissier pour vuider une bourse ,

Qui pourra contre sept avoir quelque ressource ? Croyez-moi , je vous prie, épargnez-vous l’affront De vous vanter ailleurs d’avoir été fécond :

C’est un malheur public qu’un Huissier si fertile.

Loin qu’au bien de l’Etat votre hymen soit utile.

De quantité de gens le sort scroit plus doux Si jadis votre mcrc eût avorté de vous.

Je fais profession d’être franc ce sincère î Vqus le voyez ?

COMÉDIE

M. Furet.

Monsieur , si c’étoit à refaire Cïêsus , tout Roi qu’il est, auroir tort aujourd’hui S’il attendoit de moi ce que j’ai fait pour lui.

Il s’en manque beaucoup , quoique sujet fidèle , Que pour peupler l’Etat je n’aie un si grand zele. Quand de quatorze enfans on me doit la façon. Un droit si bien acquis devient une chanson.

Si j’avois présumé travailler sans salaire ,

Douze que j’ai de trop scroient encore à faire ;

Et je vous réponds bien que s’ils n’étoient pas faits , Us scroient en danger de ne l’être jamais.

Adieu.

( II son, )

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