‹ Chefd'œuvres de BoursaultChapitre 101 sur 108 · EUPHROSINE, BORIS · texte numérisé non relu

EUPHROSINE, BORIS

Euphrosine.

10 or i s , tu me fais faire une étrange figure:

Ma raison y répugne , et mon coeur en murmure. Quoi ! tu veux que d’Ésope implorant la bonté ,

Lui qui m’est odieux , lui que j’ai maltraité j Tu veux, dis-je....

Qui , moi ? je ne veux rien , Madame > Je consens volontiers que vous soyiez. sa femme ;

Et que demain , sans faute , H vous donne la main.

* Euphrosine.

Lui , Doris ? Ah 1 plutôt....

Tout est prêt pour demain , Parens , amis , festin ; et Monsieur votre pere Appréhende si fort qu’Ésope ne diffère •Que si hâter la chose étoit en son pouvoir Ce qu’il fera demain , il le feroit ce soir, l’ai rêvé , consulté , déployé tout mon zcle ,

Donné

COMÉDIE

Donné la question à ma pauvre cervelle ,

Et je n’ai point trouvé de rcmede plus prompt Qui pût de cet hymen vous épargner l’affront.

Il faut absolument voir lsopc vous-même :

Tour vous tour accorder il suffit qu’il vous aime.

Je ne vois que lui seul dont on puisse espérer D’adoucir votre peine, ou de la différer.

Dires-lui qu’un seul jour est un trop foible espace Pour chasser Agénor et le mettre en sa place ,

Ht demandez du tems pour vous accoutumer A le voir , à l’entendre , et peut-être à l’aimer.

S’il vous en veut donner la grâce est assez grande.

Eu? H ROSINE.

Mais je m’engage à lui, si j’obtiens ma demande. S’il m’accorde du tems, prends-tu garde à cela?

Je deviens sa conquête au bout de ce tcms-Ià.

La crainte que j'en ai me rend toute interdite.

N’eussiez-vous d’autre espoir que dans la mort subite. Outre qu’on voit souvent d’heureux coups du hasard. Vous deviendrez sa femme au moins un peu plus tard. C’est quelque chose.

Eophp. osine.

Hélas! que cet espoir est fade?

S’il ctoit seulement si peu que rien malade !

J’ai, comme vous savez, un habile cousin.

Homme de conscience , et savant Médecin ,

Qui l’cnverroit bientôt ad patres.

Edpkrosine.

Quelle attente î

Je fais ce que je puis , j’imagine , j’invente ,

Je promène par tout mon esprit et mes yeux ;

En un mot , comme en cent, je ne puis faire mieux. Et, pour tout dire, enfin , je fais plus, ce me semble , Qu’Agénor, ni que vous, ni que tous deux ensemble. Pour sortir d’un tel pas on se démené encor.

Euphros i n e.

Que veux-tu que je fasse, et que fasse Agcnor.

Nous mettons tout en oeuvre, et tout nous est contraire: Agcnor' est encore aux genoux de mon pere ;

Et pendant que peut-être on méprise ses vœux Je viens chercher Ésope et fais ce que tu veux.

Tu fais beaucoup pour nous , je le sais bien.

J’enrage !

Je voudrois de bon cœur faire encor davantage:

J’ai du zclc de reste, il me faudroit du tems.

Euphrosine.

Celui que je viens voir sait-il que je l’attens J

Oui , Madame , il le sait.

Euphrosine.

Et que ne vient-il vîrc ?

Du chagrin que j’aurai je voudrois être quitte.

coméd: e.

Quelques gens à sa porte artendoient à le voir ; Mais pour tarder long-tems il sait trop son devoir , Et dans l'empressement de dire qu’il vous aime.... Tenez, je crois l’entendre.... En effet , c’est lui-même.

ni

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