‹ Chefd'œuvres de BoursaultChapitre 102 sur 108 · ÉSOPE, EUPHROSINE, DORI S · texte numérisé non relu

ÉSOPE, EUPHROSINE, DORI S

Ésope.

^Fe viens vous faire excuse, et vous crier merci De ce que, malgré moi , vous m’attendez ici.

Voyez si par incs soins, et par quelque service Je puis de cette faute adoucir l’injustice.

Je voudrois que déjà nous fussions à demain , l’our avoir le plaisir de vous donner la main.

Kc vous semble-t-il pas , si vous y prenez garde.

Que le jour se prolonge et que la nuit retarde ?

Vous ne répondez rien.

Il est vrai; mais, Monsieur, On ne peut , à son Sgc , avoir trop de pudeur.

Elle vient vous prier d’une petite grâce.

Ésope, à Euphrosine.

Commandez , je suis prêt t que faut-il que je fasse ?

xoo LES FABLES D*ÉSOPE,

D O R I s , à Euphrosir.e .

Dires donc quel dessein conduit ici vos pas.

Expliquez-vous.

EVPHKOSINI, à Esope.

Monsieur.... je ne vous aime pas ;

Si je parle autrement , il faudra que j’impose.

Ésope.

J’en avois entrevu quelque petite chose j Mais , comme assez souvent on aime à se flatter ,

Sans ce nouvel aveu j’en aurois pu douter.

Je vous suis obligé de ce qu’il vous en coûte Pour me tirer de peine , et pour m’ôtec de doute. Jusqu’au nœud conjugal je fais peu de progrès ;

Mais ce qu’on perd devant , on le recouvre après. L’hymen sait embellir les sujets qu’il assemble ;

Et je serai mieux fait quand nous serons ensemble, Euphrosine.

Dussiez-vous m’exposer au plus affreux trépas ,

Je n’épouserai point ce que je n’aime pas.

Je vous en fais le juge , et vous en crois vous-même. Pourquoi m’épousez -vous ?

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