ÉSOPE, EUPHROSINE, DORI S
Ésope.
^Fe viens vous faire excuse, et vous crier merci De ce que, malgré moi , vous m’attendez ici.
Voyez si par incs soins, et par quelque service Je puis de cette faute adoucir l’injustice.
Je voudrois que déjà nous fussions à demain , l’our avoir le plaisir de vous donner la main.
Kc vous semble-t-il pas , si vous y prenez garde.
Que le jour se prolonge et que la nuit retarde ?
Vous ne répondez rien.
Il est vrai; mais, Monsieur, On ne peut , à son Sgc , avoir trop de pudeur.
Elle vient vous prier d’une petite grâce.
Ésope, à Euphrosine.
Commandez , je suis prêt t que faut-il que je fasse ?
xoo LES FABLES D*ÉSOPE,
D O R I s , à Euphrosir.e .
Dires donc quel dessein conduit ici vos pas.
Expliquez-vous.
EVPHKOSINI, à Esope.
Monsieur.... je ne vous aime pas ;
Si je parle autrement , il faudra que j’impose.
Ésope.
J’en avois entrevu quelque petite chose j Mais , comme assez souvent on aime à se flatter ,
Sans ce nouvel aveu j’en aurois pu douter.
Je vous suis obligé de ce qu’il vous en coûte Pour me tirer de peine , et pour m’ôtec de doute. Jusqu’au nœud conjugal je fais peu de progrès ;
Mais ce qu’on perd devant , on le recouvre après. L’hymen sait embellir les sujets qu’il assemble ;
Et je serai mieux fait quand nous serons ensemble, Euphrosine.
Dussiez-vous m’exposer au plus affreux trépas ,
Je n’épouserai point ce que je n’aime pas.
Je vous en fais le juge , et vous en crois vous-même. Pourquoi m’épousez -vous ?