‹ Chefd'œuvres de BoursaultChapitre 45 sur 108 · LE MARQUIS , ORONTE , M. DE BOISLUISANT , CÉCILE , LISETTE , MERLIN · texte numérisé non relu

LE MARQUIS , ORONTE , M. DE BOISLUISANT , CÉCILE , LISETTE , MERLIN

Le Marquis.

y* Serviteur. Vous voyez un Marquis distingué,

»» Que les plus grands emplois n’ont jamais fatigué; »Du Mercure Galant adorateur fidele, m J’ai fait un air nouveau sur la sa : son nouvelle.... Ah ! je croyois parier à Monsieur Licidas.

V> Est-il là ?

Oronte.

Non. Monsieur; mais il n’importe pas :

v» Je tiens ici sa place , et sais la tablature.

Le Marquis.

ï> Tous les mois de mes airs j’embellis le Mercure.

» S’il a ce grand débit dont chacun s’aperçoit ,

« A parler entre nous, c’est à moi qu’il le doit: s> L’éclat que je lui donne en est la seule cause.

Oronte.

*> Je crois vos airs fort beaux ; mais il faut autre choses a> Qui ne veut que des airs acheté un Opéra.

Le Marquis.

y> Parbleu ! je vais gager, tout ce que l’on voudra ,

» Que dans tout Phaëton, quelque bruit qu’on en fasse, » On ne verra point d’air qtic celui-ci n’cfface. t> Vous vous y connoissez , et cela me suffit.

» D’ailleurs ce que je dis ne s’est point encor dit, s> La route que je tiens est fraîchement tracée:

» Tout y sera nouveau jusques à la pensée ;

Et comme c’est un air à demi goguenard ,

» Je l’ai pris sur un ton entre doux et hagard.

( A Cécile. )

55 Je voudrois qu’en cet art Madame fût congrue »

« Il seroit inal-aisé qu’elle n’eût l’ame émue. Cécile.

si Pour tous les airs nouveaux j’ai de la passion , s> Et je vais écouter avec attention.

Le Marquis.

» Je vous demande à tous une équitable oreille.

( II prélude. )

51 Les paroles et l’air n’ont coûté qu’une veille,

( Il chante. )

si Tant que l’hiver a duré »ï Matgot m’a fait la grimace :

5 > Mon cœur n’a point murmuré >» De voir le sien tout de glace ; s* Mais le printems de retour, ai Elle doit changer de note ,

55 Ou bientôt avec la sotte 55 J’enverrai paître l’Amour.

55 Comment le trouvez-vous ?

Fort nouveau.

Le Marquis.

Je me piquft

S» D’avoir dans l’univers peu d’égaux en musique.

COMÉDIE

» Outre qu’avec plaisir les tons sont variés , s» Les paroles et l’air sont si bien mariés » Qu’il semble qu’on ait fait, sans préceptes frivoles , Les paroles pour l’air et l’air pour les paroles.... s» Vous faites tous des voeux pour un second couplet; r> J’en suis sûr ?

Cécile.

Le plaisir en scroit plus complet.

Le Marquis.

»■> Pour vous refuser rien , je vous trouve trop belle;

« Prctex-moi , je vous prie , attention nouvelle.

( Il chante. )

» Avant le tems des frimats ,

3>Dans une grotte champêtre,

» De ses plus charma ns appas s> Elle me faisoic le maître ;

Et je prétends, dès ce jour,

La ramener dans la grotte , w Ou bientôt avec la sotte » J’enverrai paître l’Amour,

Eh 1 bien , que vous en semble ?

II est beau, je vous jure.

Le Marquis.

» Il faut le faire entrer dans le premier Mercure.

» Le tems presse.

Il est vrai. L’avex-vous tout noté ,

» Monsieur î

Le Marquis.

Assurément, et de plus cacheté.

( Il montre le paquet , et lit le des tus .) v> A Monsieur Licidas , à son accoutumée.

Substitut de la Renommée....

» Mon air aura pou? lui des appas éclatans,..

» Adieu , mon cher.

( Il sort. )

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