‹ Chefd'œuvres de P. CorneilleChapitre 19 sur 92 · L* IN F AM T E · texte numérisé non relu

L* IN F AM T E

Ma tristesse redouble k la tenir secrète.

Ecoute , écoute enfin comme j*ai combattu »

Et, plaignant ma foiblesse^ admire ma vertu.

L'amour est un tyran qui n'épargne personne ! Ce jeune chevalier » cet amant que je donne » le Taime.

L i o N o it.

Vous Taimei !

L'iNV A K TS;

Mets la main sur mon coeur Et vois comme il se trouble au nom de son vainqueur 9

Conuneille reconnoît.

Pardonnez^moi « Madame»

Si je sors du respect pour blâmer cette flamme. Choisir pour votre amant un simple chevalier 1 Une grande Princesse à ce point s'oublier !

£t que dira le Koi ? Que dira la Castillc ?

Vous souvene^vous bien de qui vous £tes fille i

Oui , oui > je m'en souviens et j'épandrai mon sang ,

Avant que je m*abaiiscà démentir mon rang*

Je te tépondrois bien que > dans les belles antes » le seul mérite a droit de produire des flammes s Et si ma passion chcrchoit à s*cxcuscr , Mille exemples fameux pourroient l'autoriser; Mais je &*en veux point suivre où ma glaire s'engagew Si j*ai beaucoup d'amour , j'ai bien plus de courage : Un noble orgueil m*apprend qu'étant fille de Koi i Tout autre qu'un Monarque est indigne de moi.

Quand je vis que mon cœur ne se pouvoir défendre» Moî4n8me ;e donnai ce que je n*osois prendre ; Je mis , au lieu de moi , Chimenc en ses liens , Et j'allumai leurs feux pour éteindre les miens» Nct'étonne donc plus si mon ame gfinée»

Avec impatience > attend leur hyméncc. Tu vois que mon repos en dépend aujourd'hui : Sî l'amour vit d'espoir, il périt avec lui.

C'est un feu qui s'éteint fautç de nourriture ; Et j malgré la rigueur de ma triste aventure ^ Si Cliimene a jamais Rodrigue pour mari.

Mon espérance est morte > et mon esprit guéri» le souffre, cependant, un tourment incroyable 1 Jusques à cet hymen Rodrigue m'est aimable:

Je travaille à le perdre , et le perds à regret » Et de là prend son cours mon déplaisir secret. Je suis au désespoir que l'amour me contraigne A pousser des soupirs pour ce que je dédaigne s. Je sens en deux partis mon esprit divisé :

Si mon courage est haut , mon coeur est embrasé» Cet hymen m'est fatal ; je le crains et souhaite ^ Je n'ose en e^pérei qu'une jgie ittifarfautef

TRAGÉDIE

Ma gloire et mon amour ont pour moi tant d*appas

Que je meurs s'il achevé , et ne s'achève pas.

Madame, apris cela, je n'ai rien i vous dire.

Sinon que de vos maux avec vous je soupire ; Je vous blâmois tantôt , je voue plains à prtent. Mais puisque dans un mal si doux et si cuisant , Votre vertu combat et son charme et sa force , En repousse l'assaut , en rejette l'amorce , Elle rendra le calme à vos esprits flottans.

Espérez donc tout d'elle , et du secours du tems | Espéreai tout du ciel : il a trop de justice Pour laisser la vertu dans un si long supplice.

L'Infante.

Ma plus douce espérance- est de perdre Pespoir.

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