‹ Chefd'œuvres de P. CorneilleChapitre 3 sur 92 · Acte f que souvent celle de l'action y excède i$ hw · texte numérisé non relu

Acte f que souvent celle de l'action y excède i$ hw

DE P. CORNEILLE. <t

ccup celle de la représentation Cette Comédie peut

/aire connoitre l'aversion naturelle que j*ai toujours eue pour les à parte. Elle m'en donnoit de belles occa* sions , m' étant proposé d'y peindre un amour réci^ proque qui parût dans les entretiens de deux personnes qui ne parlent point d'amour ensemble , et de mettre Jes complimens d'amour suivis entre deux gens qui n'en ont point du tout l'un pour l'autre, et qui sont toutefois obligés par des considésations particulières • de s'en rendre des témoignages mutuels. C*étoit un beau jeu pour ces discours à part si fréqucns chcx les Anciens et chex les Modernes de toutes les langues. Cependant, j*ai si bien fait par le moyen des confidences qui ont précédé ces scènes aruâcieuses 9 et des réflexions qui les ont suivies , que , sans emprunter ce secours , Tamour parut entre ceux qui n'en parlent point t et le mépris a été visible entre ceux qui se

font des protestations d'amour Le style n'est pas

plus élevé ici que dans M/iite ; mais il est plus net et plus dégagé des pointes dont Tautre est semée, qui ne sont, à en bien parler, que de fausses lumières, dont le brillant marque bien quelque vivacité d'esprit , mai&sans aucune solidité de raisonnement. L'intrigue 7 est aussi plus raisonnable que dans l'autre , et AI« cidon a lieu d'espérer un bien plus heureux succis de sa fourbe qu'Eraste de la sienne. >^

Foncenelle observe ( seconde Vie de P. Corneille ) que €% dès la Veuve , qui n'est que la troisième Pièce de Corneille , il parott qu'il avoit déjà pris le deteus de tous ses dvaux. Ils parlent tous de la fleuve comme d'une mu^

vcUlc , dans des vers de leur façon, imprimés au-devant de cette Pièce ; sur-tout ce qu'en dît Rotrou est renur-^ quable. Il appelle CornciUe soa cher Rival , dans une Éligie qu'il lui adresse :

ce Pour te rendre justice, autant que pour te ptaire» »îc veux parler, Corneille, et ne puis plus me taire.

Juge de ton mérite, à qui rien n*est égal»

« Par la confession de ton propre rival.

» Pour un même sujet même désir nous presse ; 5") Nous poursuivons tous deux une même maîtresse :

Mon espoir toutefois est d(fcru chaque jour , 5î Depuis que je t*ai vu prétendre i son amour.

Mais la gloire n*est pas de ces chastes maîtresses >î Qui n'osent en deux lieux répandre leurs caresses : •Y Cet objet de nos voeux nous peut obliger tous» «7 £t faire mille amans , sans en faire un jaloux.

^ Tel on me voit par-tout adorer ta Clarice ;

5^ Aussi rien n'est dgal à ses moindres attraits :

«> Tout ce que j'ai produit cède à ses moindres traits»

Les autres Piecci diverses sur Ia Veuve, sont de Mai* rct , Boisrobcrt , Douvîlle , du Rycr , Scudcry , &c.

Quoique cette Comédie soit placée comme la troisième Pièce de P. Corneille dans tous les Catalogues de ses Œuvres , Tavis au Lecteur nous apprend que f99 Uù éÈmeni déjà échappées, lorsqu'elle parut. En effet»

DE p. CORMëILLE. «T)

td Gâterie du Paîaif , la StUvatue tt la Place R&yafe étoient compostées dès 1664» lorsque l*on imprima la Tewe , et elles forent joaées toutes les trois à leur tour » immédiatement après.

Plusieurs Comédies sont connues sous le titre de la Vewfe , depuis celle du Champenois Jean de la Rivey , en 15:799 jusqu'à celle de feu M. Collé en 1771 » mais elles n'ont aucune ressemblance entr'elles, ni par 1# fonds du sujet» iii par la manière dont elles sont trai* cées.

La Galerie du Palais » ou TÀmie Rivale »

Comédie en cinq actes , en vers , dédice à Madame de Liancourt , et représentée en 1734 1 tmpriniée » pour la première fois , à Paris ^ en 1 ^57 9 chez Augustin Courbé.

Le second titre de cette Comédie est le seul qui lui convienne , puisqu'il s'agit de deux amies » C^Iidée et Hippolytc , dont Tune ( cette dernière ) à l'instigation de sa suivante Fiorice , et par les menées d' Aronte, valet de I.ysandre^ cherche à séduire cet amant de son amie Célidde, et traite avec une froideur repoussante , Dorimant « de qui elle est sincèrement aimit. Aussi Corneille , dit-il dans son Examen , que l'autre tiue ce seroit tout-à-fait irn^guUer, puisqu'il . n'est fondé que sur ce spectacle du premier acte, oft commence l'amour de Dorimanù pour Hippolyte, s'il R'étoit autorisé par Texeoqple des Anciens « qui étoieni'

s^ns doute encore bien plus licencieux , quand ils ne donnoient à kurs Tragédies que le nom des Chceavs qui n'écoicnt que tcmoins de Taciion , comme les Thrackiaiennes et les Phaniciennis. VAjax même de Si>> phocîc ne porte pas pour titre , La mort d*Ajax , qui est sa principale action î mais j^ax Poru-Foiut , qui n*est que Faction du premier Acte. Je ne parle point def Nuées , des Guêpes et des (?r^/ioui//fx d* Aristophane» ceci doit suffire pour montrer que les Grecs» nos pre* miers Maîtres , ne s'attachoicnt point à la principale action » pour en faire porter le nom à leurs Ouvrages 9 èt quMIs ne gardoient aucune règle sur cet ar« ticle. J'ai donc pris ce titre de la Galerie du Palais ^ parce que la promesse de ce specucle extraordinaire et as;rcablc pour sa naïveté , devoit exciter vraisemblablement la curiosité des Auditeurs; et ç'a été poui leur plaire plus d'une fois que fat fait parottre ce mcme spectacle à la fin du quauiemc Acte» où il est entièrement inutile» et n*est renoué avec celui da premier que par des valets qui viennent prendre dans les boutiques ce que leurs Maîtres y avoient acheté t ou voir si les Marchands ont reçu les nippes qu'ils attendoient. Cette espèce de renouemeut lui <^toit né- . cessaire, afin qu'il eût quelque liaison qui lui fit tiouvcr sa place , et qu'il ne fût pas tout-à-fait horsd'œuvre* La rencontre qne j*y fais faire d'Aronte et de Fiorice , est ce qui le fixe particuliëremenr en ce licu-là» et sans cet accident» il eût été aussi propre à la fin du second ou du troisième , qu'en la place quUl occupe. Sans cet agrcmeat , la pièce auioic été

ti:is-r<5guliere pour runité du Ueu et la liaison 4et ^enes qui n'est interrompue que par-U. Céiid<fe et VHippoly te ^ont deux voisines » dont les demeures ne sont sdpàrées que par le travers d'une rue , et ne sont pas d'une condition trop élevde pour ne pouvoir souf* iîrir que leurs amans les entretiennent à leur porte. II est vrai que ce qu'elles y disent «croit mieux dit dans une chambre ou dans une salle l et m6me ce n'est que pour se filtre voir aux spectateurs qu'elles quittent cette porte où elles devroient être retranchées » et .viennent parler au milieu de la scène i mais c'est un accomniodcmcnt de Théâtre qu'il faut souffiir, pour trouver cette rigoureuse unité de lieu qu'exigent les grands réguliers* Il sort un peu de l'exacte vraisemblance et de la bienséance même i mais il est prèsqae impossible d'en user autrement, et les spectateurs y sont si accoutumés, qu'ils n'y trouvent rien qui les blesse. Les Anciens , sur lesquels on a formé ces règles , se donnoicnt cette liberté. Ils choisissoicnt pour le lieu de le^r5 Comédies » et même de leurs Tragé* dies, une place publique; mais je m'assure qu'à les bien examiner , il y a plus de la moitié de ce qu'ils font dire, qui seroit mieux dans la maison qu'en cette

place Quant à la durée de cette Pièce , clic ç$t

dans le même ordre que la précédente , c'est-à-dire , dans cinq jours consécutifs, te style en est plus fort et plus dégagé des pointes dont j'ai parlé, qui s'y trouveront assez rares. Le personnage de Kbmtice, qui est de la vieille Comédie, et que le manque d' Actrices sur nos Théâtres y avoit conservé jusqu'alors »

te CATALOGUE DES PIECES

afin qu*un homme le ptft représenter sons le masque»

.se trouve ici métamorphosé en celui de suivante , qu'une femme représente sur son visage. Le caractère des deux amantes a quelque cho$e de choquant , en ce qu'elles sont toutes deux amoureuses d'hommes qui ne le sont point d'elles > et Célidée particulière^ ment, jusqu'à s'offrir cllcmcmc. On la pourrpit excuser sur le violent dépit qu'elle a de s*ëtre vue méprisée par son amant, qui , en sa présence mSme, a conté des fleurettes à une auue s et j'aurois de plus à dire que nous ne mettons pas sur la scène des personnagcâs si parfaits, qu'ils ne soient sujets à des défauts et aux

foible^es qu'impriment les passions. Mais je veux biea

avouer que cela va trop avant, et passe trop la bienséance et la modestie du sexe, bien qu'absolument il ne soit pas condamnable. En récompense 9 le cinquième Acte est moins traînant que celui des prccédens , et conclut deux mariages , sans laisser aucun mécon^ tenc , ce qui n'arrive pas dans celles-là. 5"> '

ce C'étoit l'Acteur , connu sous le nom d'Alizon , qui représentoit sous le masque, les servantes dans les Co* médies, et les nourrices dans les Tragédie^ et Tragi- Comédies. Le défaut d'Actrice » comme l'a dit Corneille , ce les discours libres que l'on mettoit dans la

bouche des soubrettes » avoient obligé d'introduire ce personnage au Théâtre. Ces raisons cesseront, lorsqu'il

commença k prendre une forme plus régulière > et l'on trouva des Actrices qui se ehargettnt de ces emplois; Vépoquc lie ce changement fut la première représenta*^ tion de la GaUrit du Palais. Le Comédien qui » jusqttês-

DE p. CORNEILLE. «y

là , avoit rempli ces rôles , et dont on ne sait pas le véritable nom , continua son même travestissement dans les rAles de vieiUes et de ridicales. L'usage de faiia représenter ces derniers pessonnages par des honunea habillës en femmes i s'est encore très-iong-tems con« servé sur la Scène. » Parfaict, Histoire du Théâtre François , tome V 9 pages 94 et pjr*

loly ( édition de P. Corneille « liun, 1747 , ) pensoit que ce grand homme a aiuoit cru faire peu de choso pour la Comédie 9 s*U s'étoit borné à lui donner seule* ment une nouvelle forme. Il avoit en lui toutes les idées qui pouvolent rembcUir > et l'on peut dire qu'il a prévu que le rôle de suivante , dont il est rtavent«ur , et qu'il a mis le premier sur notre Théâtre , deToit faire un jour un de ses principaux agrémens. s>

La Suivante » Comédie en cinq actes , est vers ^ dédiée à M. ♦ * * 5 représentée à l'Hôtel de Bourgogne en 1^54» et imprimée, pour la première fois, à Paiis» en 1^37, chcas Augustin Courbé*

<c Je ne me suis jamais imaginé , dit Corneille, dans r Epttre dédicatoire de cette Pièce , avoir rien mis au jour de parfait j je n'espcre pas même y pouvoir jamais an:lver« Je fais néanmoins mon possible pour en appro* cher , et les plus beaux succès d^^autres ne produisent eamoi qu'une vertueuse émulation qui me fait redoubler mes effottfi I afin d'en avoir de pareils.

é2 CATALOGUE DES PIECES

d7 Je vois d'un œil ^gal crottre te nom d'autrui , 91 £t tâche à m'<^lever aussi haut comme lui , » Sans hasarder ma peine à le foire descendre. >7 La gloire a des trésors qu'on ne^ peut épuiser »

£e plus elle en pcodigae à nous favoriser »

» Plus elle en garde encore où chacun peut prétendre. i»

* Malgré ce modeste aveu de Corneille » relativement

à îd Suivante , tout le reste de TEpîtrc dcdicatoire et l'eacamen entier prouvent combien il avoir de prévcn* tion pour cette Comédie, dans laquelle, remarque Parfaict ( histoire du Théâtre François , tome % « page , )

il -règne un défaut essentiel , en ce que la suivante, qui est le principal personnage , à qui s'adressent tous les complimens , et sur qui roule toute Tintrigue, est une simple soubrette , qui n'a aucune qualité qui la iasse sortir de son état, et mériter cette distinction. ii>

Kcus rapporterons tout l'examen de cette Pièce, parce qu'il en fera connoître le sujet et l'opinion qu'en avoit Corneille; les objections et les réponses qu'il a cm . devoir se faire , afin de justifier la prévention qu'il montroit pour elle.

<c Je ne dirai pas grand mal de celle-ci , que je tiens assez régulière , bien qu'elle ne soit pas sans taches. Le sty le en est plus foible que celui des autres. L'amont de Gérastc pour Florise n'est point marqué dans le pre* mier Acte } aiosi la prbta&e comprend la première Scène du second, où il se présente avec sa confidente Célie, «ans qu'on les connoisse ni Tun ni Tautre* Cela ne eeroît pas vicieux , s'il ne s'y présentoit que comme

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