‹ Chefd'œuvres de P. CorneilleChapitre 5 sur 92 · A MADAME · texte numérisé non relu

A MADAME

DE CO MBALET. (1) Madame,

. Ce portrait vivant que je vous offre , rc^ présente un Héros asseî[ reconnoissa6/e aux lauriers dont il est couvert. Sa vie a été une suite continuelle de victoires ; son corps porté dans son armée a gagné des batailles après sa mort , et son nom j au bout de six i:ents ans ^ vient encore triompher enFrance. Il y a trouvé une réception trop favorable , pour se repentir d'être socti de son pays j et d'avoir appris a parler une autre langue que

(i) Fille de la sœur du Cardinal de iilichelteu et de Kcné de Vîgnerot de Pont-Ccuricy , cpousc du Marquis du Rourc deCombalct, et, ensuite. Duchesse d' Aiguillon» et Dame-d' Atour de la Reine.

la sienne* Ce succès a passé mes plus ambi^ lieuses espérances , et m* a surpris d'abord $ mais il a cessé de m* étonner depuis que j*ai vu la satisfaction que vous ave[ témoignée ^ quand il a paru devant vous. Alors j'ai osé me promettre de lui tout ce qui en est arrivé , et j'ai cru qu'après les éloges dont vous rave^ honoré ^ cet applaudissement univer* sel ne lui pouvait manquer. Et véritablement^ Madame , on ne peut douter j avec raison^ de ce que vaut une chose qui a le bonheur ds vous plaire : le jugement que vous en faites^ est la marque assurée de son prix ; et comme vous donne[ toujours libéralement aux véri^ tables beautés l'estime qu'elles méritent , les fausses n'ont jamais le pouvoir de vous éblouir. Mais votre générosité ne s^ arrête pas a des louanges stériles pour les Ouvra* ges qui vous agréent ; elle prend plaisir à s'étendre utilement sur ceux qui les produis sent , et ne dédaignent point d^ employer en leur faveur ce grand crédit que votre qualité et vos vertus vous ont acquis. J'en ai resm

senti des effets qui me sont trop avantageux pour nC en taire ^ et je ne vous dois pas moins de remercîment pour moi^ que pour le C/d.

Cest une reconnois^sance qui m* est glorieuse , puisqu'il m'est impossible de publier que je vous ai de grandes obligations ^ sans publier r/t même tems que vous m*ave:(^ assc[ estimé pour vouloir que je vous en eusse. Aussi , Madame , si je souhaite quelque durée pour cet heureux effort de ma plume ^ ce nest point peur apprendre mon nom à la postée rité ; mais seulement pour laisser des mar^ ques éternelles de ce que je vous dois y et faire lire à ceux qui naîtront dans les autres siècles j la protestation que je fais d étre toute ma vie^

Votre tr2s-humf>le « tri^obdissant

et tics- oblige Serviteur ,

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