‹ Chefd'œuvres de P. CorneilleChapitre 53 sur 92 · ELVIRE · texte numérisé non relu

ELVIRE

SiES , il n*est plus besoin de vous dissimuler » Ce que tous mes efforts ne vous ont pu c^ler*

J'aimois : vous Tavex su i mais , pour venger mon pere> J'ai bien voula proscrire une tête si chère»

Votre Majesté , Sire » elle-même a pu voir Comme j'ai fait céder mon amour au devoir. • ^

99 'L E C I Dt

Ènfin Kodrigue est mort , et ta mort m'a changée

D'implacable ennemie en amante afHigde,

rai du cette vengeaptce à qui m'a mise au jour •

Et je dpk makiteaant ces pleurs i mon amour.

Don Sanche m*a perdue en prenant ma défense;

Et du -bras qui me perd je suis la récompensfî I

Sire , si la pitié peut émouvoir un Roi «

De grâce , révoquez une si dure loi ;

Pour prix d' une victoire où je perds ce que j*aimç >

Je lui laisse mon bien, qu*il me laisse à mot-même ;

Qu'en un cloître sâici(^ je pleure incessamment

lusqu*au dernier soupir mon pere et mon amant.

' D. DiEGVB.

Enfin elle aime» Sire , et ne croit plus un crime D*aTOtter par sa bouche un amour légitime.

Chimene , sors d'erreur, , ton amant n*est pas mort » Et Don Sanche vaincu t*a fait un faux rapport.

D. Sanche.

Sire , un peu trop d'ardeur malgré moi Ta déçue ;

Je vcnoîs du combat lui raconter l'issue.

Ce généreux guerrier dont son cœur est charmé :

Ne crains rien , m*a-t-ll dit , quand il m*a désarmé ;

Je laisserois plutôt la victoire incertaine >

Que de répandre un sang hasardé pour Chimene i Mais , puisque mon devoir m'appelle auprès du Roi » Va de notre combat l'entretenir pour moi ; De la part du vainqmur lui porter ton dpée* Sîre , j'y suis venu : cet objet l*a trompée ; EUe m'a cru vainqueur, me voyant de retour^

TiH A G É D 1 >i

Et MQidftiti sâ colerea frahl son amour ,

Avec tant de transport et tant d'impatience , Que je n'ai pu gagner un moment d'audience.

Pour mol , bien que vaincu « iome réputé heuiei»; i Et » malgré l'intérêt de mon coeur amoureux , . Perdant infiniment, )*iûoieencor ma défaite QxA bit le beausuccès d*une amour si patfitite.

D. F X AN AMD.

Ma fille j il ne £uit point rougir d'un si beau feu , Ki chet cher les moyens d'en faire un désaveu^ i Une louable honte en vain t'en sollicite v Ta gloire est dégagée » et ton devoir est quitte ; Ton pere est satisfait îetc'étoit le venger.

Que mettre tant de fois ton Kodrigue en danger.. Tu vois comme le ciel autrement en dispose :

Ayant tout fait pour lui , fais pour toi quelque chose t St ne sois point rebelle à mon commandement

Qui te donne un <pottX alm< li chèrement,. ^

.LE C l D ;

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