BOSSUET. — 1681. — SERMON
une convenance et enfin une espèce d'unité? Rien n'est plus beau que la nature divine, où le nombre même, qui ne subsiste que dans les rapports mutuels de trois Personnes égales, se termine en une parfaite unité. Après la divinité rien n'est plus beau que l'Eglise , où l'unité divine est représentée. « [Jn comme nous, un en nous : regardez, et faites suivant ce modèle. »
Une si grande Imnière nous éblouirait; descendons, et considérons l'unité avec la beauté dans les chœurs des anges. La lumière s'y distribue sans se diviser; elle passe d'un ordre à un autre avec une parfaite correspondance, parce qu'il y a une parfaite subordination. Les anges ne dédaignent pas de se soumettre aux archanges, ni les archanges de reconnaître les puissances supérieures. C'est une armée où tout marche avec ordre, et comme disait ce patriarche : «C'est ici le camp de Dieu'. « C'est pourquoi, dans ce combat donné dans le ciel, on nous représente « Michel et ses anges contre Satan et ses anges*. » 11 y a un chef dans chaque parti ; mais ceux qui disent avec saint Michel : «Qui égale Dieu? » triomphent des orgueilleux, qui disent : Qui nous égale? et les anges victorieux demeurent unis à leur Créateur sous le chef qu'il leur a donné. 0 Jésus, qui n'êtes pas moins le chef des anges que celui des hommes , « regardez , et faites selon ce modèle ; » que la sainte hiérarchie de votre Eglise soit formée sur celle des esprits célestes. Car, comme dit saint Grégoire , « si la seule beauté de l'ordre fait qu'il se trouve tant d'obéissance où il n'y a point de péché, combien plus doit-il y avoir de subordination et de dépendance parmi nous, où le péché mettrait tout en confusion sans ce secours *? »
Selon cet ordre admirable, toute la nature angélique a en-
1 Gènes, xxxii. 2. — » Apoc. xii. 7. — » S. Greg. Epist, libr. v, epist.; LIV, Oper. t. II. p. 784.