‹ Chefs-d'œuvre d'éloquence françaiseChapitre 3 sur 87 · AVANT-PROPOS. IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. IX

tains discours qui , comme les oraisons funèbres , les plaidoyers judiciaires , les débats de la tribune , offrent une suite d'allusions à des faits peu connus , tout le monde en conviendra. Bossuet et Fléchier, Pellisson , Beaumarchais et Lally- Tolendal , Mirabeau et Maury , surabondent d'expressions et de phrases dont les trois quarts de leurs jeunes admirateurs n'ont compris ni la portée ni même quelquefois le sens littéral*. Pour saisir mille choses dans leurs pages, il ne suffit pas de connaître l'histoire générale du wif siècle et du xviii% il faut recourir aux mémoires contemporains et y retrouver péniblement les traces de certains événements connus des auditoires d'alors , ignorés des lecteurs d'aujourd'hui. Ce travail n'avait pas encore été fait , ou suffisamment fait , puisqu'il n'avait été tenté que pour les oraisons funèbres , et même d'une façon incomplète ou peu commode.

En effet , les biographies et les notices historiques mises en tête des discours sont d'un usage à la fois insuffisant et malaisé. Elles exigent de l'étude pour être appliquées aux détails des discours qu'elles expliquent; et, d'ailleurs, nous n'en connaissons pas une qui réponde à toutes les difficultés d'une lecture attentive. Il n'est guère possible, en effet, qu'une préface ait assez d'étendue pour servir de commen-

* Citons pour exemple cette phrase de Bossuet, parlant d'Anne de Gonzaguc : « Avec un peu plus de vie, elle aurait vu les grands dons, et le premier des mortels, touché de ce que le monde admire le plus après lui, se plaire à le reconnaître par de dignes distinctions.» (Page 261, Notes historiques, n» 151.) M. C. Aubert , dans son édition annotée des Oraisons funèbres de Bossuet (Hachette, 1853), déclare que c&Hq phrase vague est inintelligible aujourd'hui.

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