‹ Chefs-d'œuvre d'éloquence françaiseChapitre 4 sur 87 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

taire à des compositions où tant de mots réclament la connaissance de quelque fait ou de quelque date.

Des notes expliquant au lecteur, en détail et à part , chacune des allusions historiques à mesure qu'il les rencontre , exigent moins de travail , et fournissent , à moins de frais , une interprétation complète : c'est la méthode que nous avons adoptée.

Mais , comme tous les lecteurs n'ont pas un égal besoin de ces notes , il nous a paru expédient de les placer avec des renvois à la fin du volume. Mises au bas des pages , elles auraient peut-être été plus commodément consultées , mais il est des yeux qu'un tel encadrement fatigue , et qui aiment à voir les chefs-d'œuvre littéraires dans toute la simplicité de leur texte. Cette disposition nous permettait , en outre , de donner plus d'étendue à des commentaires qui ont le double avantage de faire connaître en même temps la littérature et l'histoire d'une grande époque.

Nous avons lieu d'espérer que l'usage de ces notes en fera comprendre l'à-propos littéraire et l'utilité scientifique ; puisqu'on facilitant l'intelligence des discours , elles donnent de nombreuses connaissances aux élèves sur notre histoire militaire, politique, religieuse, littéraire et financière même. Les oraisons funèbres de Turenne , de Condé , de Marie- Thérèse, Michel de Le Telher, d'Anne de Gonzague, d'Henriette de France et d'Henriette d'Angleterre, résument les triomphes de Louis XIV , les guerres de la Fronde , les révolutions politiques et religieuses de la Grande-Bretagne au temps de Henri MH, d'Elisabeth, de Cromwel, de Charles l^""

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et de ses deux fils; dans les plaidoyers de Pellisson se retrouve l'histoire des surintendants de nos finances depuis Enguerrand de Marignv , pendu en 1515, jusqu'à la prison deFoucqueten 1664; les mémoires de Beaumarchais, les harangues du comte de Mirabeau et de l'abbé Maury rappellent à chaque page le déclin moral et politique de l'ancienne monarchie ; enfin la disposition des discours , selon l'ordre des dates , et l'encadrement chronologique du volume entier, offrent un tableau continu du mouvement de notre éloquence nationale, religieuse et profane, depuis l'apparition de Bossuet dans la chaire, en 1656 , jusqu'aux premiers débats de la tribune française, en 1789 et 1790. On y verra f éloquence sacrée plus précise , plus féconde et sans contredit plus parfaite : elle a déjà ses chefs-d'œuvre, qui sont demeurés les plus beaux monuments de notre langue , quand le barreau n'offre encore que le style embarrassé de Pellisson ; et la logique oratoire de Bourdaloue arrive près d'un demisiècle avant celle de d'Aguesseau, qui n'a ni son ampleur ni sa marche naturelle.

Cette étude de notre histoire dans les monuments de notre langue , cette concordance des habitudes oratoires , religieuses, morales et politiques du peuple français a peut-être été trop négligée dans nos écoles. N'isolons pas notre littérature des événements qui l'ont faite. Puisse cet essai, à la fois historique et littéraire , être utile à ceux qui comprendront l'intime et perpétuelle union des sociétés et de leurs arts ! Ce serait pour nous un encouragement à la publication d'un nouveau volume qui doit compléter celui-ci. Après avoir édité

Xil AVANT-PROPOS.

les chefs-d'œuvre de l'éloquence française , nous nous pro-^ posons de faire connaître son histoire et ses monuments liés à l'histoire et aux événements de la nation qu'elle instruisit et persuada. Si ce volume, qui devrait être le second suivaiit l'ordre des dates, paraît le premier , c'est qu'il nous a semblé plus utile de commencer par la partie classique-.

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