COURS
Messie paroîtroîl vers la fin ipce quatiième millénaire, et environ deux mille ans après Abranam. Un Elle, dont le nom est graiiti parmi les Juifs, quoique ce ne soit pas le prophète, l'avoit ainsi enseigné a^ant la naissance de Jésus-Christ ; et la tradition s'en est conservée dans le livre du Talmud. Vous avez vu ce terme accompli à la venue de notre Seigneur, puisqu'il a paru en effet environ deux mille ans après Abraham, et vers l'an 4,000 du monde. Cependant les Juifs ne l'ont pas connu, et, fustrés de leur attente, ils ont dit que leurs péchés avoit retardé le Messie qui devoit venir. Mais cependant nos dates sont assurées, de leur aveu propre ; et c'est un trop grand aveuglement de faire dépendre des hommes un terme que Dieu a marqué si précisé-ïient dans Daniel.
C'sst encore pour eux un grand embarras de voir que ce prophète fasse aller le temps du Christ avant celui de la ruine de Jérusalem ; de sorte que ce dernier temps étant accompU, celui qui le précède le doit être aussi.
Josèphe s'est ici trompé trop grossièrement. Il a bien compté îcs semaines qui dévoient être suivies de la désolation du peuple juif; et les voyant accomplies dans le temps que Tite mit le siège devant Jérusalem, il ne douta point que le moment de la perte de cette ville ne fût arrivé. Mais il ne considéra pas que cette désolation devoit être précédée de la venue du Christ et de sa mort ; de sorte qu'il n'entendit que la moitié de la prophétie.
Les Juifs qui sont venus après lui ont voulu suppléer à ce défaut. Ils nous ont forgé un Agrippa descendu d'Hérode, que les Romains, disent-ils, ont fait mourir un peu devant la ruine de Jérusalem ; et ils veulent que cet Agrippa, Christ par son titre de roi, soit le Christ dont il est parié dans Daniel : nouvelle preuve de leur aveuglement. Car outre que cet Agrippa ne peut être ni le Juste, ni le Saint des saints, ni la fin des prophéties, tel que devoit être le Christ que Daniel marquoit en ce lieu ; outre que le meurtre de cet Agrippa, dont les Juifs étoient innocents, ne pouvoit pas être la cause de leur désolation, comme devoit être la mort du Christ de Daniel : ce que disent ici les Juifs est une fable. Cet Agrippa descendu d'Hérode fut toujours du parti des Romains : il fut toujours hien traité par leurs empereurs, et régna dans un canton de la Jadée longtemps après la prise de Jérusalem, comme l'atteste Josèphe et les autres contemporains.
Air si tont ce qu'inventent les Juifs, pour éluder les prophéties.
sua l'histoire universelle. 259
les confond. Eux-mêmes ils ne se fient pas à des inventions si grossières; <it leur meilleure défense est dans celte loi qu'ils ont établie de ne supputer plus les jours du Messie. Par-là ils ferment les yeux volontairement à la vérité, et renoncent aux prophéties où le Saint-Esprit a lui-même compté les années : mais pendant qu'ils y renoncent, ils les accomplissent, et font voir la vérité de ce qu'elles disent de leur aveuglement et de leur chute.
Qu'ils répondent ce qu'ils voudront aux prophéties : la désolation qu'elles prédisoient leur est arrivée dans le temps marqué ; l'événement est plus fort que toutes leurs subtilités ; et si le Christ n'est venu dans cette fatale conjoncture, les prophètes en qui ils espèrent, les ont trompés.