EXTRAITS DE DIVERS SERMONS
EXHORTATION A LA CHARITK.
Combien de malades dans Metz! Il semble que j'entends tout autour de moi un cri de misère : ne voulez-vous pas avoir pitié? leur voix est lasse, parce qu'elle est infirme : moins je les entends, et plus ils me percent le cœur. Mais si leur voix n'est pas assez forte, écoutez Jésus-Christ qui se joint à eux. Ingrat, déloyal, nous dit-il, tu manges et tu te reposes à ton aise ; et tu ne songes pas que je suis souffrant en telle maison, que j'ai la fièvre en cette autre, et que partout je meurs de faim, si tu ne m'assistes. Qu'attendez-vous, cruels, pour subvenir à la pauvreté de ce misérable? Quoi ! attendez-vous que les ennemis de la foi en prennent le soin pour les gagner à eux par une cruelle miséricorde? Voulez- vous que votre dureté leur serve d'entrée? Ah! qu'un homme se fait bien entendre, quand il vient donner la vie à un désespéré ! Foiblesse d'esprit dans la maladie. Vous voulez qu'ils soient secourus; favorisez donc de tout votre pouvoir cette confrérie charitable qui se consacre à leur service. Aidez ces filles charitables, dont toute la gloire est d'être les servantes des pauvres malades ; victimes consacrées pour les soulager. Et ne me dites point : Les pauvres sont de mauvaise humeur, on ne peut les contenter. C'est une suite nécessaire de la pauvreté. Sont-ils de plus mauvaise humeur que ceux auxquels Jésus-Christ disoit : O generatio perversa! usquequo patiar vos? Adhuc hue filium tuiim. et 0 raCG a incrédule et dépravée ! jusqu'à quand voussouffrirai-je '.Amenez « ici votre fils. » Mais ils ne se contentent pas de ce que nous leur lonnons : ils veulent de l'argent, et non des bouillons, et non des
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remèdes. Qui le veut? c'est l'avarice. Vous n'êtes pas assemblés pour satisfaire à ce que leur avarice désire, mais à ce qu'exige leur nécessité. JMais il n'y a point défends? C'est la charité des fidèles; et c'est à vous, mesdames, à l'exciter. C'est pour cela, mesdames, que vous vous êtes toutes données à Dieu pour faire la quête.
Si ia pauvreté dans le christianisme est honorable, vous devez (jlre honorées de faire pour Jésus-Christ l'action de pauvres. Quoi! rougirez-vous de demander l'aumône pour Jésus-Christ? Quand est-ce que vous donnerez, si vous ne pouvez vous résoudre à demander? Vous devriez ouvrir vos bourses, et vous refusez de tendre la main ! Mais on ne me donne rien. 0 vanité, qui te mêles jusque dans les actions les plus humbles, ne nous laisseras-tu jamais en repos? Jésus se contente d'un liard ; Jésus se contente d'un verre d'eau : bien plus, il ne laisse pas de demander aux plus rebelles, aux plus incrédules. Animez-vous donc les unes les autres; mais persévérez. Quelle honte d'avoir commencé ! ce seroit une hypocrisie. Rien de plus saint : tout le monde y devroit concourir. N'écoulez pas ceux qui disent : Cet œuvre ne durera pas. Il ne durera pas, si vous êtes lâches : il ne durera pas, si vous manquez de foi, si vous vous défiez de la Providence. Dieu suscitera l'esprit de personnes pieuses pour vous fournir des secours extraordinaires; mais ce sera si vous faites ce que vous pouvez. Quelle consolation : Je n'ai qu'un écu à donner ; il se partagera entre tous les pauvres, comme la nourriture entre tous les membres ! C'est l'avantage de faire les choses en union. Si chaque membre prenoit sa nourriture de lui-même, confusion et désordre ; la nature y a pourvu : une même bouche. Comme les membres s'assistent les uns les autres, prêtez-leur vos mains, prêtez-leur vos voix. La main prend un bâton pour soutenir le corps, au défaut du pied.
Exhortation, en considérant îa miséricorde que nous recevons de Jésus-Christ : que lui rendrons-nous ? il n'a que faire de nous. Empressement de la reconnoissance : Sauveur, je meurs de honte de recevoir vos bienfaits sans rien rendre ; donnez-moi le moyen de les reconnaître. Pressé par ces raisons que la gratitude inspire, il dit : Je te donne les pauvres ; ce que tu leur feras, je le tiens pour reçu aux mêmes conditions qu'eux : je veux entrer en leur place. Ne le crois-tu pas? C'est lui qui le dit. Il a dit que du pain c'étoit son corps; tu le crois, et tu l'adores. Il a dit qu'une goutte d'eau lavoit nos péchés; tu le croi-s, cL tu conduis tes enfants à celte