‹ Chefs-d'œuvre de DiderotChapitre 20 sur 67 · LOUIS ASSELINE. XXIX · texte numérisé non relu

LOUIS ASSELINE. XXIX

alors qu'il récolta plus qu'il n'avait semé. On lui lança tardivement un adversaire républicain, ancien député qui avait besoin d'une circonscription. Il fut battu. L41 manœuvre avait été correctement exécutée.

Au renouvellement du conseil municipal qui suivit l'odieuse aventure du 1 6 mai, Âsseline se retira sous sa tente; non pour se reposer : tout en continuant sa correspondance, il donnait presque tous les jours au Rappel, soit sur les menées cléricales ou les intrigues des modérés, soit sur les guerres de Serbie et de Bulgarie, des articles qui consacraient son autorité de polémiste vigoureux, de journaliste bien informé de toutes les questions du dedans et du dehors; il essayait de fonder chez l'éditeur Rothschild un journal illustré; il dirigeait pendant six mois le Musée universel^ succursale de YArt; il publiait de piquantes brochures, les Trente tyrans, S a Majesté le Maire, Marie Alacoque; il donnait dans le Cercle de Passy, bu dans la loge des Amis de la Tolérance, des conférences qui propageaient la libre pensée dans la Ma« çonnerie et dans le public; il composait une Histoire moderne de V Autriche (in- 18, Germer-Baillière), où le récit exact d'événements complexes, sanglants et lamentables, est ordonné, éclairé, vivifié par la sagacité du penseur et le talent de Técrivain; il projetait des livres sur la géographie, sur les femmes célèbres ; il prenait une part active à l'organisation du centenaire de Voltaire et à la compilation du gros volume qui en sera le monument durable; il fournissait à Âssézat quelques-uns des éléments inédits qui sont entrés dans la grande édition de Diderot, et qu'il avait obtenus de MM. Walferdin et Godard. Tout cela à la fois, et bien d'autres choses encore. La mort de son père l'avait plongé dans des embarras financiers auxquels il faisait tête vaillamment et qu'il espérait surmonter à force de labeur. Des fonctions politiques absorbantes et gratuites étaient, on l'avouera, un surcroît sans compensation et auquel il lui devenait impossible de suffire.

Nous avons déjà fait pressentir les doctrines politiques

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