LOUIS ASSELINE. XXXI
procède cette haute, pourquoi haute ? assemblée. Les élections générales donnent aux républicains une écrasante - majorité ; la Chambre n'avait qu'à marcher, le Sénat la suivait; elle accepte un ministère pseudolibéral qui ne représente pas l'opinion ; conséquence? le i6 mai, une année perdue. Il est certain que pendant ces tristes mds Fattitude des républicains a été admira ble, au-dessus de tout éloge. Mais le péril dont ils sortirent à leur gloire n'était-il pas en grande partie leur oeuvre? Enfin, après une année d'hésitation, le maréchal, las de se soumettre, se démet. Que font les fépublicainsf Us oublient qu'il est des semaines décifflves et qu'on ne retrouve pas. En deux jours le nouveau gouvernement pouvait ftiire voter par le Congrès la double amnistie de la Commune et du i6 mai, le retour à Paris, la laïcité de l'enseignement national. Point; bien des mois encore passeront avant que ces questions si urgentes, si opportunes, soient vidées, et mal vidées; et, chemin faisant, on risquera de reconstituer au Sénat une majorité réactionnaire. Asseline n'a pas eu le bonheur d'assister au triomphe, cette fois définitif, mais traînant, de la République; mais, certes, les timides prudences de nos ministres, les interminables débats de nos assemblées n'auraient pas modifié ses sentiments, ne l'auraient point rallié à la politique du délai perpétuel. Jamais il n'eût cessé de recommander le renouvellement le plus fréquent possible des assemblées, ces officines de décoloration mutuelle, le choix des candidats les plus déterminés à réaliser le programme républicain tout entier, la séparation radicale de l'Etat laïque et des Eglises préalablement réduites au droit commun, la suppression des mauvaises lois et des faux délits, la détermination exacte des intérêts généraux dont l'Etat est le gérant, et des intérêts, des droits imprescriptibles que l'individu se réserve.
Asseline était intransigeant. Soit, et pourquoi non ? Il n'y a que des degrés entre l'opportunisme et l'intranaîgeance; Tun et l'autre ne diflfèrent que parl'apprécia-