LOUIS ASSELINE. XIII
dirigeait chez MM. Hachette le délicat service de la publicité et de la presse, ou quand, momentanément privé de sa place, il cherchait des ressources dans quelque stérile labeur littéraire. Elle ne s'accentua qu'en i865, dans une conférence sur Diderot, brochure maintenant rarissime^ et que reproduit en partie la préface du tome premier.
Il n'existait dans ce temps-là que trois journaux où l'on pût décemment écrire, le Siècle, le Temps et VOpinion nationale, tous trois soigneusement gardés et qui d'ailleurs ne répondaient guère aux aspirations des générations nouvelles. Quant à la triomphante Revue des Deux Mondes, capitole des gros bonnets, elle n'accueillait, et avec quelle bonne grâce! que les travailleurs obscurs et exploités jusqu'aux moelles. L'empire a£Fectait de tolérer la littérature et la philosophie, mais malheur aux feuilles infectées du « mauvais esprit ! » Vite un bon conseil aux imprimeurs, et elles tombaient sourdement, faute d'encre. De quoi pouvaient-elles se plaindre? Ne mouraient-elles pas de leur belle mort, sans procès et sans amende ? Le « mauvais esprit » les avait tuées. C'est ce qui arriva en i863 à Vinnocenie Réforme littéraire de MM. Laurent Pichat et Reyneau où Asseline^ Lavalley et moi nous avions trouvé accès, en compagnie de Despois, de Fréd. Morin et de quelques autres malintentionnés. De même, un peu plus tard, pour la Nouvelle Revue de Paris, entreprise du même groupe. Toutes deux expirèrent en quelques numéros.
Cependant les élections récentes avaient porté à neuf le nombre légendaire des cinq. L'entrée au Corps législatif de ces perturbateurs fieimeux, Thiers, Jules Simon, Guéroult, faisait trembler l'empire sur ses fondements. Certes, l'aventure mexicaine, la plus belle pensée du règne, rassurait nos grands politiques. Mais, grave symptôme, on recommençait à penser. Le « trouble avant-coureur » gagnait les hautes sphères. Le doux rêveur, l'homme à l'œil terne, éprouvait je ne sais quelles velléités bucoliques. Déjà ea coqueUerie