‹ Chefs-d'œuvre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 13 sur 162 · SE V EUE · texte numérisé non relu

SE V EUE

N'importe.

TABIAN.

Cette vive douleur en deviendra plus forte.

SÉVÈRE

Et ce n'est pas un mal que je veuille guérir; Je ne veux que la voir, soupirer, et moiu-ir.

A'ous vous échapperez sans doute en sa présence. ' " Un amant qui perd tout n'a plus de complaisance ; Dans un tel entretien il suit sa passion , ' ' Et ne pousse qu'injure et qu'imprécation.

SÉVÈRE

Juge autrement de moi : mon respect dure encore ; Tout violent qu'il est, mon désespoir l'adore.

ACTEII, SCÈNE I. 35

Quels reprocLes aussi peuvent m'être permis ? De quoi puis-je accuser qui ne ma rien promis? Elle n'est point parjure , elle n'est point le'gère ; Son devoir m'a trahi , mon malheur , et son père. ' ^ Mais son devoir fut juste , et sou père eut raison ; • ^ J'impute à mon malheur toute la trahison. Un peu moins de fortune , et plus tôt anivée , • 4 Eût gagné l'un par l'autre , et me l'eût conservée ; Trop heureux , mais trop tard , je n'ai pu l'acquérir. Laisse-la-moi donc voir , soupirer , et mourir. ■ 5

Oui , je vais l'assurer qu'en ce malheur extrême Vous êtes assez fort pour vous vaincre vous-même. Elle a craint coiiune moi ces premiers mouvement» Qu'une perte imprévue arrache aux vrais amants , Et dont la violence excite assez de trouble , Sans que l'objet présent l'irrite et le redouble.

SÉVÈRE

Fabian , je la vois.

FABIAN

Seigneur , souvenez- vous —

SÉVÈnE.

Hélas ! elle aime un autre ! un autre est son époux !

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