‹ Chefs-d'œuvre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 80 sur 162 · CLARICE, ISABELLE · texte numérisé non relu

CLARICE, ISABELLE

CL A ni CE.

Isabelle, il est temps, allohs trouver Lucrèce,

ISABELLE

Il n'est pas encor tard, et rien ne vous en presse. Vous avez un pouvoir bien grand sur son esprit ; A peine ai-je parlé, qu'elle a sur l'heuie écrit.

CLAniCE.

Clarice à la servli- ne seroit pas moins prompte. Mais dis , par sa fenêtre as-tu bien vu Géronte ? Et sais-tu que ce fils qu'il m'avoit tant vante Est ce même inconnu qui m'en a tant conté ?

ISABELLE

A Lucrèce avec moi je l'ai fait reconnoître ; Et sitôt que Gf'route a voulu disparoître, Le voyaiil resté seul avec un vieux valet, Sabine à nos yeux même a rendu le billet. Vous parlerez à lui.

CLARICE

Qu'il est fourbe , Isabelle !

ISABELLE

Eh bien , cette pratiqiie est-elle si nouvelle ?

Dorante est-il le seul qui , de jeune écolier,

Pour être mieux reçu s'érige en cavalier ?

Que j'en sais comme lui qui parlent d'Allemagne,

Et , si l'on veut les croire , ont vu chaque campagne ,

Sur chaque occasion tranfhent des entendus ,

Coûtent quelque défaite , et des chevaux perdus ,

Page 1