‹ Chefs-d'œuvre de P. CorneilleChapitre 130 sur 173 · LE T T R E · texte numérisé non relu

LE T T R E

i»ic'ii plus loin ; tantôt il la nomme la posséde« Ju démon de la république, et quelquefois la belle, la raisonnable, la sainte*, et l'adorable furie. Voilà d'étranges paroles sur le sujet de votre Romaine ; mais elles ne sont pas sans fondement. Elle inspire, en effet, toute la conjuration, et donne chaleur au parti par le feu qu elle jette dans l'ame du chef; elle entreprend, en se vengeant * * , de venger toute la terre ; elle veut sacrifier à son père une victime qui seroit trop grande pour Jupiter même. C'est, à mon gré, une personne si excellente, que je pense dire peu à son avantage, de dire que vous êtes beaucoup plu» heureux en votre race que Pompée n'a été en la sienne, et que votre fille Emilie vaut, sans comparaison, davantage que Cinna son petit- fils. Si celui-ci même a plus de vertu que n'a cru Sénèque, c'est pour être tombé entre vos mains , et à cause que vous avez pris soin de lui. Il vous est obligé de son mérite, comme à Auguste de sa dignité: l'empereur le fit consul, et vous l'avez fait honnête hojnme ***. Mais vous l'avez pu faire par les

* Voilà une plaisante épithcte que celle de sainte, donnée par ce docteur à Emilie.

**■ Il paraît qu'en effet Emilie était regardée comme le premier personnage de la pièce , et que dans les conimeucemeiits on n'imaginait pas que liutérct pût tomber sur Auguste.

*** C'est donc Cinna qu'on regardait comme l'ijounêir

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