‹ Chefs-d'œuvre de P. CorneilleChapitre 20 sur 173 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

D. DIÈGUE

O nAG-E I ô désespoir ! ô vieillesse ennemie î

N ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?

Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers,

Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?

Mon bras , qu'avec respect toute l'Espagne admire ,

Mon bras , qui tant de fois a sauvé cet empire ,

'J'ant de fois affermi le trône de son roi ,

Trahit donc ma querelle , et ne fait rien pour moi !

O cruel souvenir de ma gloire passée I

OEuvre de tant de jours en un jour effacée !

Nouvelle dignité fatale à mon bonheur I

Précipice élevé d'où tombe mon honneur I

Faut-il de votre éclat voir triompher le comte.

Et mourir sans vei^eance , ou vivre dans la honte ?

Comte, sois de mon prince à présent gouverneur ;

Ce haut rang n'admet point un homme sans honucur ;

Et ton jaloux orgueil , par cet affront insigne ,

Malgré le choix du roi m'en a su rendre indigne.

Et toi, de mes exploits glorieux instrument,

Mais d'un corps tout de glace inutile ornement,

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