‹ Chefs-d'œuvre de P. CorneilleChapitre 21 sur 173 · D. D I È G U E , D. RODRIGUE · texte numérisé non relu

D. D I È G U E , D. RODRIGUE

D. DIÈGUE

Rodrigue, as-tu du cœur? ï

D. RODRIGUE

Tout autre que mon père L'éprouveroit sur l'heure.

D. DIÈGUE

Agréable colère !

Digne ressentiment k ma dduleur bien doux ! Je reconnois mon sang à ce noble courroux ; Ma jeunesse revit en cette ardeur si prompte. Viens, mon fils, viens, mon sang, viens reparer ma honte; Viens me venger.

D. RODRIGUE

De quoi ?

D. DIÈGUE

D'un affront si cruel, Qu'à l'honneur de tous deux il porte un coup mortel ; D'un soufHet. L'insolent en eût perdu la vie ; Mais mon âge a trompé ma généreuse envie ; Et ce fer, que mon bras ne peut plus soutenir, • Je le remets au lien pour venger et punir. Va contre un arrogant éprouver ton coui'agc : Ce n'est que dans le sang qu'on lave un tel outrago ;

p. Corneille. 1 . 2

i4 LE CID.

Meurs , ou tue. Au surplus , pour ne te point flatter, Je te donne à combattre un homme à redouter ; Je l'ai VTi tout sanglant , au milieu des batailles , Se faire un beau rempart de mille funérailles : ^ J'ai vu par sa valeur cent escadrons rompus ; Et, pour t'en dire encor quelque cl)ose de plus , Plus que brave soldat , plus que grand capitaine ,

Vj "9l> • • • •

D. RODRIGUE

De graro, aclicvez.

D. DlÉGtJE.

Le père de Ghimène.

D. RODRIGUE

Le...?

, D. DIÈGUE

Ne réplique point , je connois ton amour ; Mais qui peut vivre infiîme est indigne du jour; Plus l'offenseur est cher, et plus grande est l'offense. Enfin tu sais l'affront , et tu tiens la vengeance. Je ne te dis plus rien. Venge-moi, venge-toi; Montre-toi di^ne fils d'un père tel que moi. Accablé des malheurs où le destin me range, Je vais les déplorer. Va, cours, vole, et nous venge.

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