‹ Chefs-d'œuvre de P. CorneilleChapitre 4 sur 173 · XXVIII VIE DE P. CORNEILLE · texte numérisé non relu

XXVIII VIE DE P. CORNEILLE

théâtre^ , et ils lui ont toujours fait grâce en raveur de la pureté' qu'il avoit établie sur la scène, des

' Ces casuistes avaient bien raison. L'art du théâtre est comme celui de la peinture. Un peintre peut également faire des ouvrages lascifs et des tableaux de dévotion : tout auteur peut être dans ce cas. Ce n'est donc point le théâtre qui est condamnable , mais l'abus du théâtre. Or les pièces étant approuvées par les magistrats, et ayant la sanction de l'autorité royale, le seul abus est de les condamner. Cette ancienne méprise a subsisté, parceque les comédies des mimes étaient obscènes du temps des premiers clirétiens, et que les autres spectacles étaient consacrés chez les Romains et chez les Grecs par les cérémonies de leur religion : elles étaient regardées comme un acte d'idolâtrie. Mais c'est une grande inconséquence de vouloir flétrir des pièces très morales parcequ'il y en a eu autrefois de scandaleuses. Les fanatiques qui, par une jalousie secrète, ont prétendu flétrir les chefs-d'œuvre de Corneille n'ont pas songé combien cet outrage révolte des hommes de génie ; ils font un tort irréparable à la religion chrétienne , en aliénant d'eile des esprits très éclaiiés, qui ne peu\eut souffrir qu'on avQisse le plus beau des arts.

Le public éclairé préférera toujours les Sophocle, les Euripide, les Térence, aux Baïus, Jansénius, du Verger, de Ilauranne, Quesnel, Petit-pied, et à tous les gens de cette espèce.

Au reste, cette peVsécution fanatique ne s'est vue qu'en France. On a tempéré en Espagne, en Italie, les anciennes rigueur», qui étaient absiudes : ou ne les connaît point

VIE DE P. CORNEILLE; xxix nobles sentiments qui régnent dans ses ouvrages, et de la vertu qu'il a mise jusque dans l'amour.

en Angleterre. Les vainqueurs de Bleinlieim et les maîtres des mers , les contemporains de Newton , de Locke , d'Addisson , et de Pope , ont rendu des honneurs aux beaux arts. Le grand Corneille avait projeté un ouvrage l our répondre aux détracteurs du théâtre.

riN DE lA VIE DE P. CORSEILLE?

TRAGÉDIE EN CINQ ACTES

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