‹ Chefs-d'œuvre de P. CorneilleChapitre 48 sur 173 · L'INFANTE, CHIMÈNE, LÉONOR, ELVIRE · texte numérisé non relu

L'INFANTE, CHIMÈNE, LÉONOR, ELVIRE

l'infante.

Je ne viens pas ici consoler tes douleurs ;

Je viens plutôt mêler mes soupirs à tes pleurs.

CHIMÈNE

Prenez bien plutôt part à la commune joie ,

Et goûtez le bonheur que le ciel vous envoie ,

Madame : autre que moi n'a droit de soupirer.

Le péril dont Rodrigue a su vous retirer ,

Et le salut public que vous rendent ses armes ,

A moi seule aujourd'hui permet encor les larmes ;

Il a sauvé la ville , il a servi son roi ;

Et son bras valeureux n'est funeste qu'à moi.

l'infante.

Ma Chimène , il est vrai qu'il a fait des mei'veilles.

Déjà ce bruit fcicheux a frappé mes oreilles ; Et je l'entends partout publier hautement Aussi brave guerrier que malheureux amant.

l'infante.

Qu'a de fàclieux pour toi ce discours populaire ? Ce jeune Mars qu'il loue a su jadis te plaire; \\ possédoit ton anie, il vivoit sous tes lois: Et vanter sa valeur, c'est honorer ton choix.

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