ACTE I, se ÈNE III. io
n mo parla d'amour sans me donner d'ennui : ' ' Je ne m'aperçus pas que je parlois à lui ; Je ne lui pus montrer de me'pris ni de glace : Tout ce que 52 voyois me sembloit Curiace ; Tout ce qu'on me disoit me parloit de ses feux ; Tout ce que je disois l'assuroit de mes vœux. Le combat général aujourd'hui se hasarde ; J'en sus hier la nouvelle, et je n'y pris pas garde : '^ Mon esprit rejetoit ces funestes objets , Charmé des doux pensers d'hymen et de la paix. La nuit a dissipé des erreurs si charmantes ; Mille songes affreux, mille images sanglantes, Ou plutôt mille amas de carnaye et d'horreur, M'ont arraché ma joie, et rendu ma terreur: J'ai vu du sang , des morts , et n'ai rien vu de suite ; ' ^ Un spectre en paroissant prenoit soudain la fuite ; Ils s'effaçoient l'un l'autre ; et chaque illusion Redoubloit mon efiroi par sa confusion.
JULIE
C'est en contraire sens qu'un songe s^inîerprète. ^^^
CAMILLE
Je le dois croire ainsi , puisque je le souhaite ; Mais je me trouve enfin, malgré tous mes souhaits, Au jour d'une bataille , et non pas dune paix.
JULIE
Par \h finit la guerre, et la paix lui succède.
CAMILLE
Dure à jamais le mal s'il y luut ce remède !
Suit que Home y succombe, ou qu'.ALbe ait le dessous, ' ^
cher amant, u'aiteuds plus dèue un jour mon (';poux;
io6 HORACE.
Jamais , jamais ce nom ne sera poui" un homme Qui soit ou le vainqueur ou l'esclave de Rome.
Mais quel objet nouveau se présqnte en ces lieux? Est-ce toi , Curiace ? en croirai-je mes yeux ?