‹ Chefs-d'Œuvre de peinture au Musée du Louvre ... Ecole italienneChapitre 15 sur 89 · INTRODUCTION. XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXIII

L'école de Venise, plus tard venue, resta plus longtemps féconde ; celle de Florence s'incarna dans la personnalité de Michel-Ange et dégénéra bien vite entre les mains des imitateurs de ce maître inimitable. L'influence de Léonard eiit dû être un obstacle à cet asservissement, mais il n'y avait pas place à Florence pour deux génies d'une telle valeur, et l'auteur de la Cène s'en fut à Milan régénérer l'école lombarde.

Cette école, fondée par Mantegna, qui étudiait les antiques pour aller à la nature, entra avec Léonard dans une seconde phase, brillante mais éphémère, et qui ne devait pas être la dernière de ses transformations. Le Corrége lui donna son caractère définitif, celui du moins dans lequel elle devait vivre de longs jours, et jusqu'au moment de la décadence générale : « la plénitude des contours, la grâce souriante de visages, le bel empâtement des colorations fortes et transparentes, le fréquent usage des raccourcis et spécialement la recherche des eff'ets du clair-obscur. » Ce sont là, d'après Lanzi, les particularités qui distinguent les peintres lombards.

Nous avons parlé d'Oderisio et de l'école de miniaturistes qu'il avait fondée; Gentile da Fabriano (1 370 ?-14S0) , le compagnon de Fra Angelico, ne fit que développer les tendances de cette école, qui, sous le nom d'ombrienne, conserve le coloris clair, léger, transparent, la netteté d'exécution, l'éclat et la délicatesse de tons de la miniature. Le senfiment religieux est très-pur ; les figures montrent une élégance fluette et cette aff^ectation de grâce qu'on nomme gentillesse. Cette peinture est souriante, aimable, facile, pleine de douceur, remplie de tendresse et de grâce jolie, mais elle manque des qualités viriles de l'art, que Raphaël seul devait lui donner.

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