LE PARNASSE
(N° 252 du Catalogue.")
Mantegna représente Apollon assis, faisant danser les Muses au son de sa lyre; à droite, et sur le devant du tableau, le complaisant Mercure s'est chargé de la garde de Pégase, dont le pied frappe la terre, dont les ailes entr'ouvertes semblent prêtes à l'enlever au ciel. Une double action que le peintre a introduite dans ce charmant tableau lui nuit peut-être, en partageant notre attention. Sur la cime d'un rocher que le temps et la nature ont percé, et dont la voûte irréguhère laisse apercevoir au loin une vaste et riante campagne, il a placé Vénus recevant les adieux de Mars. A leurs pieds le mahcieux Amour, à l'aide d'une sarbacane, vient d'éveiller la jalousie de Yulcain, qui, furieux, de l'entrée de ses forges, est témoin de son déshonneur.
L'exécution de cette composition est d'un précieux et d'un fin admirables. Les groupes des Muses sont déhcieux ; que de grâce, que de souplesse, que d'agilité dans leurs mouvements ! Que de légèreté dans ces draperies ! Qu'elles sont ingénieusement ajustées pour ne rien dérober à la vue, de l'élégance et de la beauté des formes! Mantègne avait à représenter dans Pégase un animal assez