‹ Chefs-d'Œuvre de peinture au Musée du Louvre ... Ecole italienneChapitre 20 sur 89 · ANDREA MANTEGNA · texte numérisé non relu

ANDREA MANTEGNA

étrange et qu'il était plus aisé de décrire que de peindre : il en a fait un être absolument idéal et digne de son rôle poétique.

Quoique notre peintre, eu perfectionnant au plus haut degré le style de Squarcione, soit resté fidèle aux principes qu'il puisa dans son école, on ne retrouve nulle part, dans ce bel ouvrage, la sécheresse ordinaire à ses premières productions, et, à l'exception (le la figure de Vulcain qui, nTalgré la pureté du dessin, tient encore un peu de l'époque des quatrocentisti, on pourrait croire ce tableau de l'époque de Raphàël; Squarcione, ce qui peut étonner tout d'abord, n'a pas peu contribué à faire acquérir au maître padouan cette souplesse, cette douceur que nous admirons. Cependant ce ne fut ni par ses leçons ni par ses exemples ; mais quand Mantegna eut mérité la colère de sou vieux maître en épousant la fille de Jacopo Bellini, Squarcione critiqua amèrement dans son ancien élève l'imitation des marbres antiques, a II eût mieux fait de peindre ses figures en couleur de marbre, » s'écriait-il, « plutôt que de les peindre vivantes sans leur donner la vie. » Ces reproches frappèrent au vif Andréa, mais il eu sentit la justesse et prit des soins infinis pour dônnéi' à ses chairs toute la tendresse, toute la douceur, toute la morbidesse de là vie.

Ce tableau, qui nous vient de l'ancienne collection royale, a fait partie du cabinet d'Isabelle d'Esté. Cette princesse, fille d'Hercule d'Esté P", duc de Ferrare, avait épousé en 1490 J. -F. de Gouzague IIF du nom, marquis de Mantoue; protectrice éclairée des arts, elle avait rassemblé dans son palais de Saint- Sébastien une nombreuse collection de tableaux et de sculptures. Nous allons la retrouver à propos d'un tableau de Loreuzo Costa, qui a immortalisé les talents de la princesse et les agréments de sa cour.

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