‹ Chefs-d'Œuvre de peinture au Musée du Louvre ... Ecole italienneChapitre 22 sur 89 · LA VIERGE ET L'ENFANT · texte numérisé non relu

LA VIERGE ET L'ENFANT

(N" 426 du Catalogue.)

De même que Luca Signorelli nous fait pressentir Michel-Ange , le Pérugiu nous annonce Raphaël; mais il existe entre Raphaël et son maître des rapports beaucoup plus étroits, car Raphaël, qui peignit absolument clans le goût péruginesque au début de sa carrière, ne fit encore que développer le style de son maître pendant la première moitié de son existence et jusqu'à la Dispute de la Tri^ nité^ qui marqueté point oii le grand peintre délaissa les traditions de l'école ombrienne pour fonder l'école romaine .

Pérugin est l'incarnation la plus pure, la plus brillante de l'école ombrienne, qui, longtemps dédaignée et presque inconnue, est maintenant saluée d'un enthousiasme égal au dédain d'autrefois. La pensée rehgieuse, le sentiment mystique est réalisé par ce peintre dans sa forme la plus élevée et la plus suave. Il conserve la naïveté des premiers maîtres sous un dessin plus savant, la symétrie ancienne se voile sous une ordonnance ingénieuse, et le coloris des miaturistes de l'Ombrie s'échaufTe sous son pinceau sans rien perdre de ses qualités natives. Rien n'égale la grâce douce et pénétrante qui rempht ses œuvres; à la pureté angélique du maître de Fiesole, la tendresse humaine vient s'unir, sous le voile d'une adorable mélancohe.

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