LE MAGNIFICAT
(N° 183 du Catalogue.)
Dans celte belle aurore de la Renaissance, qui brilla d'un si vif éclat sur la cité de Florence, l'un des peintres, non point des plus influents, mais des plus exquis et des plus charmants, fut sans contredit Alessandro Filipepi, ou, pour le nommer d'un nom plus connu, Sandro Botticelli.
Les chefs-d'œuvre antiques chaque jour se levaient des ruines du passé, mais n'avaient point encore porté une vive atteinte à ces merveilles de la foi et de la poésie rehgieuses qui sortaient du cœur naïf et ému des maîtres primitifs et de leurs mains encore inhabiles. Les croyances catholiques restaient la source la plus féconde des œ.uvres artistiques, et si la beauté antique, aux contours pleins, aux proportions harmonieuses, commençait à attirer les esprits, elle servait surtout à corriger la forme des figures et n'enlevait rien à leur sentiment si pur et si élevé.
Botticelli peignit des Pallas et des Vénus en leur imprimant un cachet un peu étrange, une singularité à la fois charmante et barbare, et cette grâce naïve qui est la première adolescence de l'art; comme il avait donné à la muse antique des ornements de la muse chré-