‹ Chefs-d'Œuvre de peinture au Musée du Louvre ... Ecole italienneChapitre 25 sur 89 · ALESSANDRO FILIPEPI, DIT IL BOTTICELLI · texte numérisé non relu

ALESSANDRO FILIPEPI, DIT IL BOTTICELLI

tienne, il emprunta pour celle-ci quelques-unes des séductions de la Grèce antique, séductions toutes de formes et purement extérieures.

En admirant, dans la Madone du Louvre, la naturelle aisance des mouvements et la grâce des attitudes, ainsi qu'une ampleur de dessin inconnue aux prédécesseurs du peinlre florentin, nous retrouvons le sentiment des Filippo Lippi et des Beato Angelico, avec cet archaïsme particulier qui désarme la critique et ouvre les cœurs. Une tendresse mélancolique remplit toute cette composition. La Vierge, qui inscrit le Magnificat dans les pages du missel, montre, dans un sourire à peine ébauché, toutes les douceurs de son âme et la douleur résignée d'un cœur prophétique. L'heure d'allégresse où fut chanté le Magnificat est loin de sa pensée, et sa tête se penche avec amour, mais avec un amour mêlé de joies et d'angoisses, sur le divin enfant. L'enfant est tout à l'heureuse insouciance de son âge, et, comme dit le poète,

Ouvrant de toutes parts sa jeune âme à la vie, Et sa bouche aux baisers.

Tandis que le saint archange Michel soulève au-dessus de la tête de la Vierge la couronne de gloire qu'illuminent les rayons de l'Esprit-Saint, deux jeunes saints viennent, présentés par leur auge gardien, s'agenouiller de l'autre côté. L'un d'eux tient le livre et l'écritoire, et tourne vers la Madone une figure ardente tout émue d'une tendre dévotion ; l'autre se détourne et semble refléter dans ses traits , avec une teinte plus triste, la pensée mystérieuse de Marie.

Certaines maigreurs, un type un peu étrange, des carnations bistrées oia le brun se joue avec le jaune, rattachent ce tableau à l'école de Filippo Lippi, mais ce qui est le propre du maître et nous fait oublier toutes ces imperfections, c'est ce sentiment profond, cette mélancolie si tendre et si pénétrante que respire le doux visage de la Vierge.

OF THE UNIVERSITY OF ILLINOfS

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