‹ Chefs-d'Œuvre de peinture au Musée du Louvre ... Ecole italienneChapitre 35 sur 89 · LA COUR D'ISABELLE D'ESTE · texte numérisé non relu

LA COUR D'ISABELLE D'ESTE

(N" 154 du Catalogue.)

La cour d'Isabelle d'Esté se tient en un lieu charmant, un peu fantaisiste, et que l'imagination non moins que la nature s'est plu à parer. Dans une prairie ombragée d'arbres, de jeunes femmes au fin sourire, des jeunes gens beaux comme des anges et le regard inspiré, des philosophes aux longues robes, aux turbans asiatiques, jouent du théorbe et du luth, rêvent, écrivent et chantent. Au miheu d'eux, l'Amour se dresse sur les genoux d'une nymphe et met sur la tête de la princesse la couronne de laurier. Une haie fort basse court au premier plan au bas de la prairie et, s'interrompant en son milieu, semble ouvrir une entrée facile à ce heu de déhces. Deux jeunes filles au regard de vierge en sont les aimables gardiennes ; l'une d'elles caresse un agneau, l'autre tresse des fleurs pour en couronner un bœuf couché auprès d'elle. Un guerrier superbement \êtu vient de trancher de sa hahebarde la tête d'une hydre, et de l'autre côté une nymphe à demi nue, l'arc et la flèche à la main, nous regarde avec un mélange de candeur et de fierté qui nous charme plus encore que sa beauté et ses admirables proportions. Un fleuve roule ses eaux paisibles au bord de la pelouse pour les perdre

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