‹ Chefs-d'Œuvre de peinture au Musée du Louvre ... Ecole italienneChapitre 4 sur 89 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

11 semble que ce soient les derniers efforts d'un art qui finit, tandis qu'en réalité ces tressaillements nous marquent la gestation laborieuse d'un art nouveau.

Parmi ces chercheurs inquiets et inhabiles, nous prendrons comme exemple Margaritone d'Arezzo (1212-1289), qui peignit, d'un pinceau rude et barbare, des Christ se tordant sur leur croix, les cheveux en broussailles, les carnations d'un brun verdâtre, et tout pleins d'une laideur farouche.

Un autre peintre faisait mieux, tout en s'écartant moins des traditions. Il les suit, mais les épure, mais les ranime d'un sentiment trop longtemps oublié. Il est encore byzantin, et c'est cependant un novateur. C'est par lui que ce progrès par le retour au passé, dont nous parlions plus haut, s'est le plus complètement effectué.

Cimabue (1240-1302?) fut l'élève d'artistes grecs que le Sénat de Florence avait appelés dans cette ville. Au lieu de recevoir les leçons des manœuvres de peinture qui, pendant des siècles, avaient corrompu et abâtardi les traditions byzantines, il but aux sources mêmes de l'art de cette époque. Ses groupes sont composés avec plus de bonheur, ses draperies ont plus de mouvement et de grâce, ses figures ont plus de naturel et de vie; mais l'expression est encore assez imparfaite pour que le peintre y doive suppléer par des banderoUes, qui sortent de la bouche de ses personnages et portent en caractères gothiques la traduction de pensées que le visage est inhabile à rendre.

11 pemt des madones immobiles, d'une gravité suprême, au front sévère, aux grands yeux mystérieux. Des anges, systématiquement disposés autour de la Vierge, reproduisent son attitude solennelle et l'austérité de son regard. Nul sourire n'éclaire

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